Le gorille est une espèce forestière. Il habite les forêts pluviales tropicales, les lisières de forêts et les clairières, les forêts fluviales, les marécages et d'anciens champs cultivés abandonnés.
Les gorilles de plaine de l’ouest et de l’est vivent dans des forêts tropicales (forêts côtières congolaises et forêts humides guinéennes) où les densités d'herbe sont plus basses et les fruits plus abondants comparé aux forêts de haute altitude qui sont l'habitat caractéristique des gorilles de montagne (révisé en 1998, Doran & McNeilage, 2001). Beaucoup d’habitats (mais pas tous) du gorille occidental renferment des clairières locales ouvertes, couvertes d’une végétation herbacée pendant toute l’année (Magliocca et al., 1999; Parnell, 2002) ou des rivières bordées de grands marécages (Blake et al., 1995; Fay et al.,1989;
Nishihara, 1995). (Blake et al., 1995;
Fay et al., 1989; Ninshihara, 1995).
On trouve des gorilles dans deux régions d'Afrique très distantes l’une de l’autre. Les populations occidentales et orientales ont été probablement séparées par l'immense lac qui s’étendait dans le bassin intérieur du Congo au Miocène, puis il y a 5 millions d'années, par l'assèchement graduel de la région et la régression de la forêt vers des régions plus élevées. Plus tard, les gorilles ne se sont plus répandus dans le bassin central du Congo, soit parce qu'ils n'en ont pas eu le temps, soit parce que la forêt primaire très ombrophile ne laisse pas croître suffisamment de végétation de sol pour nourrir un aussi grand animal à prédominance terrestre (MacDonald ed., 2001).
Bien qu'on ne le rencontre que dans une petite partie de l'Afrique, l'habitat du gorille comprend une large palette d'altitudes allant du niveau de la mer en Afrique occidentale à 3790 m à l'Est. Chose curieuse, c’est le gorille de montagne (G. g. beringei) que l’on rencontre dans la partie la plus orientale et à l'altitude la plus élevée qui est le mieux connu, alors que le comportement des gorilles occidentaux est relativement peu connu.

Carte de répartition du gorille
Le gorille est une espèce forestière; la plupart des gorilles vit en dehors des aires protégées. Un indice qui montre bien le déclin potentiel de l’habitat du gorille est le taux national de disparition de la «forêt humide» (Harcourt, 1996). Le taux de destruction des forêts africaines est fortement corrélé avec la densité humaine et les économies nationales, et continuera probablement à croître dans tous les pays africains (Barnes, 1990). Les estimations les plus fiables disponibles indiquent que la population mondiale de gorilles est supérieure à 100 000 individus (112 000, Butynski, 2001; 125 000, MacDonald, 2001). Selon la liste rouge de l’UICN (2002), tous les taxons sont considérés comme «En danger» (EN A2cd).
A l’exception du gorille de montagne toutefois, il est difficile d'évaluer avec exactitude le nombre de gorilles car leur espace vital très étendu n'a pas encore été étudié à fond. Les recensements de gorilles et les estimations de leur nombre sont normalement effectués par comptage des nids ou des sites de nidification (p. ex. Inogwabini et al., 2000). Les adultes et les jeunes sevrés immatures construisent toutes les nuits de nouveaux nids pour y dormir. Les nids sont comptés et les fèces qui se trouvent à proximité de chaque nid donnent des renseignements fiables sur la taille du groupe ainsi que sur l’âge de l’animal, en particulier quand les comptages sont répétés pendant plusieurs nuits.
Les menaces majeures contre les populations de gorilles sont la destruction de leur habitat ou sa modification (par la déforestation, l’exploitation forestière, le développement de l’infrastructure, les établissements humaines et les cultures agricoles par exemple (UICN, 2002) et l’empiètement sur la forêt (Muruthi et al., 2000), le massacre direct (surtout pour le commerce de viande de brousse) ou la chasse (pour le trafic des animaux vivants), les maladies et la transmission de maladies par les humains, ainsi que la guerre ou les troubles politiques (Plumptre et al., 2003; Muruthi et al., 2000; UICN, 2002).
Plusieurs projets de conservation des gorilles existent. La majorité de ceux-ci concernent le Gorille de montagne, les autres sous-espèces n’ayant pas été autant suivies ou ayant été considérées comme étant dans un état de conservation plus favorable.
Au Rwanda trois programmes se sont mis en place spécifiquement pour la protection des Gorilles de montagne du Parc National des Volcans. Ces initiatives comprennent le Centre de Recherche de Karisoke, établis en 1967; le projet Gorille de Montagne débuté en 1978; et le centre vétérinaire des Virunga établis en 1987 (Anon., 1989).
Le tourisme basé sur la Nature contribue pour une part significative à l’économie du Rwanda, créant des revenus en suffissance pour supporter le fonctionnement du Parc.
Un suivi de terrain effectué en 1987 par le Nigerian Conservation Foundation, soutenu par le British Council, a permis d’évaluer à 300 la population de Gorilles qui vivait dans l’état de Cross River au sud-est du Nigéria (Harcourt et al., 1988). Depuis lors un programme a été mis en place avec comme objectifs de favoriser l’état de conservation du Gorille et de son habitat. La campagne de sensibilisation visant les habitants locaux insiste sur la contribution (durable) que permet la préservation de la faune sauvage plutôt que sa chasse jusqu’à l’extinction.
A partir de février 1990, Fauna Flora International, en partenariat avec African Wildlife Foundation et le WWF a élargi le projet Gorille de montagne et a formé l’International Gorilla Conservation Programme (IGCP). Les objectifs de l’IGBP sont d’appuyer les efforts de conservation à travers l’entièreté de l’aire de répartition des Gorilles de l’est (Gorilla beringei beringei et G. b. graueri) aussi bien ceux de plaines que ceux de montagnes en RDC, Ouganda et au Rwanda, et cela en promouvant la coopération entre ces trois états via une aide financière et technique (Anon., 1994; Kalpers, 1993).