Les zones désertiques et de savanes de la région Sahélo-saharienne au nord de l’Afrique couvrent une superficie plus grandes que la surface totale de l’Australie (7.7 million de km²). La désertification dans cette région est un problème d’environnement global. Les causes de celle-ci sont, entre autres, le surpâturage, les activité agricoles et la surexploitation de la végétation pour des usages domestiques, y compris la surexploitation des arbres et des buissons pour le bois de chauffe (PNUE, Atlas de la Désertification). En conséquence, la dégradation des sols par l’eau et le vent affectent la fertilité des terres.
En parallèle et suite à cette évolution négative cette région a perdu de nombreuses antilopes indigènes.

Cinq d’entre elles, Oryx dammah, Addax nasomaculatus, Gazella dama, Gazella leptoceros et Gazella cuvieri sont en danger d’extinction imminente et une sixième, Gazella dorcas, est en sérieux déclin.
Ces espèces sont d’excellents indicateurs de la surexploitation des ressources naturelles, soit via leur exploitation directe soit, indirectement, via la dégradation des terres. De plus, ces espèces pourraient devenir des éléments très importants de projets de restauration environnementale de vastes zones de cette région.
Le renforcement de leurs populations ou leur réintroduction pourraient même être bénéfique à la restauration du couvert végétal, du fait que, contrairement au bétail domestique, elles ne détruisent pas ce couvert végétal, mais sont au contraire d’importants disséminateurs de graines.

Elles sont particulièrement bien adaptées à cet environnement aride, peuvent supporter de longues périodes de sècheresse, et sont beaucoup moins sensibles que le bétail au manque d’eau et de pâturages. A l’instar de ce qu’on réalise actuellement en Afrique australe, elles pourraient même un jour, si l’on arrivait à rétablir des populations suffisantes, devenir une source de revenus directs, par la commercialisation de leur viande très appréciée et de leurs cuirs très fins. Ces antilopes sont extrêmement intéressantes et superbes à regarder. Elles pourraient devenir le fer de lance du tourisme, tant de vision que cynégétique. Ces espèces sont potentiellement des atouts majeurs du développement des pays de leurs aires de répartition, à condition de tout mettre en œuvre pour les rétablir.
Ces antilopes sont des espèces migratrices, qui se déplacent sur de grandes distances et qui ne s’embarrassent nullement de considérations politiques concernant les frontières.
Elles représentent de ce fait un patrimoine commun des différents États de leurs aires de distribution.

Ce qui implique des droits d’utilisation rationnelle sur cette ressource et l’obligation commune de la conserver. Ces antilopes sont un élément très important de la diversité biologique de ces régions. Le rétablissement ou la réintroduction de ces espèces dans leurs milieux naturels serait un facteur essentiel de survie ou de restauration de beaucoup d’espèces animales et végétales. Elles pourraient être de très utiles indicateurs de l’efficacité de la lutte contre la désertification.
La Convention sur la conservation des espèces migratrices (la Convention de Bonn ou CMS)

a déjà réuni, par deux fois, les experts des différents États sahélo-sahariens de l’aire de répartition de ces antilopes ainsi que les experts internationaux afin de favoriser des débats sur la restauration des antilopes menacées de la région (à Djerba-Tunisie, en 1998 et à Agadir–Mroc, en 2003 et en 2010, probablement en Libye).
C’est l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRScNB) qui a initié ce projet ambitieux qui d'année en année engrange de véritables succès sur le terrain