É La biodiversité en Belgique
BIODIVERSIT une question vitale




Sommaire
Préface
1
Colophon
Origine et évolution de la vie
2
L'ABC de la biodiversité
6
Rédaction: Marc Peeters, Marianne Schlesser, Anne Franklin et
Perceptions de la biodiversité
10
Jackie Van Goethem (Institut royal des Sciences naturelles de Bel-
gique), Guy Defl andre (Institut royal pour la Gestion durable des
Les valeurs attribuées à la biodiversité
12
Ressources naturelles et la Promotion des Technologies propres).
I
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La biodiversité au coeur de notre bien-être
14
Avec la participation active de: Pascale Balhaut, Yves Barette,
Focus sur...
Jelle Boeve-de Pauw, Wim Devos, Francis Kerckhof, Hugo Vanden-
dries et Karel Wouters (Institut royal des Sciences naturelles de
la santé
16
Belgique), Catherine Debruyne (Direction générale des Ressour-
Sces naturelles et de l'Environnement), Dirk Inzé et Alain Goossens la pollinisation
18
(Vlaams Instituut voor Biotechnologie), Machteld Gryseels
l'alimentation et l'agriculture
20
(Bruxelles Environnement), James Lohest (Institut royal pour la
Gestion durable des Ressources naturelles et la Promotion des
le tourisme et les loisirs
22
Technologies propres), Els Martens (Agentschap voor Natuur en
Bos).
les innovations scientifi ques et industrielles 24
Photos: Yves Adams / Vilda, Paul Busselen / KULeuven - Campus
l'art et la culture
26
Kortrijk, Misjel Decleer / Vilda, Guy Defl andre, Klaas Dijkstra, Kate
La biodiversité menacée
28
Grellier, Hans Hendrickx, Thierry Hubin, istockphoto.com, Richard
E
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Ling, Richard Lord / RLLord, Isabelle Losinger, Patrick Roose,
Quel avenir pour la biodiversité?
29
Ten Dries, Rollin Verlinde / Vilda, Vincent Zintzen.
Tous concernés!
30
Conception et mise en page: Koloriet
Petits gestes, grands effets
31
Impression: J. Chauveheid
Conclusion
32
Cette brochure a été réalisée avec l'aide fi nancière du SPF Envi-
Glossaire
ronnement, du SPP Politique scientifi que, de l'Institut royal des
I
VSciences naturelles de Belgique et de l'Institut royal pour la Ges-
tion durable des Ressources naturelles et la Promotion des Tech-
nologies propres.
Citation suggérée: Peeters, M., Schlesser, M., Franklin, A., De-
Dfl andre, G. & Van Goethem, J., 2007. La biodiversité en Belgique:
une question vitale. Institut royal des Sciences naturelles de Belgi-
que & Institut royal pour la Gestion durable des Ressources natu-
relles et la Promotion des Technologies propres, Bruxelles, 32 pp.
© La reproduction des textes est autorisée et même encouragée.
Veuillez bien citer la source.
ISBN 90-73242-12-6
I
OD/2007/0339/1
tricholome rutilant © T. Hubin
NUR 922, 941, 942, 120
Imprimé sur papier recyclé.
BCouverture: herbe à Robert (photo: Rollin Verlinde)







Sommaire
Préface
Le réchauffement de la planète, les espèces exotiques en-
Afi n de mieux comprendre l'enjeu que représente la con-
vahissantes, la destruction de la forêt amazonienne, la sur-
servation et l'utilisation durable de la biodiversité, cette bro-
exploitation des stocks de poisson, la pollution... autant de
chure commence par remonter le temps jusqu'aux origines
thèmes qui font de plus en plus la une des médias et qui
de la vie sur terre. Un petit dictionnaire de la biodiversité
ont pour cause les activités humaines. L'attention grandis-
donne ensuite quelques clés pour mieux comprendre le tra-
sante qui leur est dédiée est cruciale, et la mobilisation de
vail des scientifi ques. Puis, vous pourrez vous forger votre
personnalités publiques joue un rôle important dans cette
propre perception de la biodiversité et des diverses raisons
prise de conscience.
de la préserver. Six études de cas très concrètes illustrent
les liens intimes qui existent entre la biodiversité et notre
Toutes ces perturbations écologiques induisent la dispari-
quotidien.
tion de la biodiversité et portent atteinte au bon fonction-
nement des écosystèmes. L'homme compromet donc de
Compte tenu des menaces qui pèsent sur elle, les scéna-
manière inquiétante la survie de la vie et prive chaque jour
rios pour l'avenir de la biodiversité ne sont pas très...verts.
davantage sa propre génération mais aussi les générations
Heureusement, chacun peut apporter sa propre contribu-
futures de certaines options de développement.
tion pour la préserver. Alors, qu'attendez-vous pour vous
engager?
Il serait dangereux de sous-estimer le défi que représente
la lutte contre l'érosion de la biodiversité. La sensibilisation
S.A.R. le prince Laurent de Belgique
du public et des divers acteurs à cette problématique est
Institut royal pour la Gestion durable des Ressources naturelles
une étape clé pour relever ce défi à tous les niveaux de la
et la Promotion des Technologies propres
société. En effet, un développement harmonieux et durable
sur le long terme ne sera possible qu'avec l'adhésion de
Le Ministre fédéral de l'Environnement et des Pensions
tous les citoyens à un autre comportement en matière de
mode de vie et de consommation.
Le Ministre fédéral de l'Économie, de l'Énergie, du Commerce
extérieur et de la Politique scientifi que

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Origine et évolution de la vie
Il y a quelques 4,6 milliards d'années, la terre s'est formée
Une véritable explosion de formes de vie a lieu au début de
par la densifi cation de gaz, de poussières et de débris pré-
la seconde période (Cambrien). Des précurseurs d'étoiles
sents dans l'espace. Notre planète n'était alors qu'une mas-
de mer et de crustacés ainsi que des méduses apparaissent.
se bouillante et liquide dans laquelle les éléments lourds ont
Les premiers animaux vertébrés se manifestent sous forme
glissé progressivement vers le noyau et les éléments légers
d'agnathes, qui sont des poissons anguilliformes dépourvus
ont formé l'écorce terrestre.
de mâchoires et de nageoires paires, telles les lamproies
actuelles.
I
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Pendant la première période de l'échelle géologique (Pré-
cambrien
), qui fut également la plus longue, la terre s'est
refroidie et les océans et continents se sont formés. Ces
derniers étaient alors positionnés autrement que mainte-
Snant. La tectonique des plaques les a fait glisser très len-
tement tout au long de l'histoire de la terre, jusqu'à leur
emplacement actuel.
La vie apparaît dès cette époque géologique initiale. Les fos- Précambrien
siles les plus anciens indiquent que des organismes unicel-
(4.600 - 542 mil ions d'années)
lulaires vivaient dans les océans il y a plus de 3,5 milliards
d'années. Des observations récentes semblent cepen-
dant suggérer que la vie serait apparue quelques 300
E
R
millions d'années plus tôt, et cela alors que les
océans étaient à peine formés, que des dé-
bris venants de l'espace bombardaient
toujours la terre et que la température
de celle-ci avoisinait encore les 100°C.
Au fur et à mesure que cette période pro-
I
Vgresse, des organismes plus complexes se dé-
veloppent. Ils sont composés de plusieurs cellules,
comme les algues bleues. Des espèces de ce groupe
existent encore à ce jour: il s'agit donc d'une des plus an-
ciennes formes de vie. Les algues bleues ont été les pre-
D

miers organismes à produire de l'oxygène, ce qui a changé




radicalement l'atmosphère et a permis le développement de







formes de vie plus évoluées.



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Afi n de mieux concevoir la durée des différentes périodes,
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nous pouvons comparer l'évolution de la vie à une année.


















Suivant ce raisonnement, la terre a été formée le 1er jan-














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vier. Les premières formes de vie se manifestent en avril























et les plantes terrestres fi n novembre. Les dinosaures

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voient le jour vers la mi-décembre pour s'éteindre à Noël.
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L'homme entre en scène le 31 décembre à 23 heures 25,

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construit les pyramides d'Egypte à peu près 30 secondes








































avant minuit et découvre l'Amérique 27 secondes plus













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(416 - 360 MA) (360 - 300 MA)
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Lors de la troisième période (Ordovicien), la vie continue
caractéristiques des eaux chaudes. Les scientifiques pensent
à se diversifier dans les océans. Cependant, à la fin de cette
qu'un nouveau refroidissement du climat est à l'origine de
ère, une extinction massive a lieu. C'est la première d'une
cette deuxième vague d'extinction.
série de six extinctions massives. Comme la naissance et la
mort font partie du cycle de la vie, l'apparition de nouvelles
Pendant la période suivante (Carbonifère), les premiers
espèces et la disparition d'autres font partie du processus
insectes ailés conquièrent le milieu aérien, des mille-pattes
de l'évolution. C'est lorsque de très nombreuses espèces
colonisent les forêts de conifères et les requins dominent
disparaissent dans un laps de temps relativement court, que
les mers. Les reptiles commencent leur progression quel-
l'on parle d'extinction massive. Cette mise à l'épreuve de
ques millions d'années plus tard (Permien).
la vie sur terre aurait été causée par une période glaciaire
entraînant une baisse du niveau des mers. Pas moins de 85%
La troisième extinction massive, la plus importante de l'his-
des espèces disparaissent. Les trilobites en sont des exem-
toire de la terre, va faire table rase: plus de 90% des espèces
ples bien connus, grâce à leurs fossiles abondants et bien
disparaissent! Les scientifiques hésitent encore à attribuer
préservés.
cet événement majeur à un changement du climat, une acti-
vité volcanique ou un effet de serre.
La diversification de la vie reprend pendant les périodes sui-
Précambrien
vantes (Silurien et Dévonien). Les premiers insectes, sans
Les espèces ayant survécu au cataclysme, principalement
(4.600 - 542 mil ions d'années)
ailes, et les amphibiens voient le jour. Ils sont rejoints par les
des reptiles, profitent des espaces libérés pour se déve-
premières plantes terrestres, dont les fougères. Celles-ci dé-
lopper pleinement pendant la huitième étape géologique
veloppent des tailles bien plus imposantes que nos fougères
(Trias). C'est l'époque des premiers dinosaures et des pre-
actuelles. Après le milieu aquatique, la vie vient de conquérir
miers mammifères.
l'environnement terrestre.
Une quatrième extinction, dont la cause serait la même que
Mais survient alors une nouvelle extinction massive. Plus
pour la précédente, jette un nouveau froid sur la vie. Bien
de 70% des espèces s'éteignent, principalement des espèces
que cette extinction fût moins radicale que les précédentes,














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Carbonifère
(416 - 360 MA) (360 - 300 MA)
© QA International 2006. Tous droits réservés. www.qa-international.com
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elle ouvre la voie aux grands reptiles comme les dinosaures
au froid, comme par exemple le mammouth, prospèrent à
pour leur conquête de la terre pendant la période suivante
cette époque. Progressivement, les précurseurs de l'homme
(Jurassique). Ils vivent sur terre mais également dans l'eau
moderne apparaissent sur la terre. Après une longue évo-
et dans les airs (Archæoptéryx). Les plantes à fl eurs et les
lution, l'Homo sapiens sapiens, c'est-à-dire l'homme tel qu'il
oiseaux font leur première apparition lors de l'étape géolo-
existe de nos jours, entre en scène.
gique suivante (Crétacé). Ces derniers, avec les mammifè-
res, vivent surtout à l'ombre des dinosaures.
Les scientifi ques estiment qu'entre 3 et 100 millions d'es-
pèces de plantes, d'animaux, de champignons et de micro-
L'époque des dinosaures se termine suite à la cinquième
organismes vivent sur terre à l'heure actuelle. Seulement
extinction massive. L'impact d'une météorite, des coulées
2 millions d'espèces ont été répertoriées jusqu'à présent.
de lave provoquant un changement du climat ou bien une
Chaque année, les biologistes découvrent environ 20 000
combinaison de ces deux phénomènes en aurait été la cau-
nouvelles espèces. La plupart sont des insectes ou d'autres
se. Environ 50% des espèces disparaissent, mais les grands
invertébrés, bien que de nouvelles espèces de poissons et
reptiles sont de loin les principales victimes. Leur disparition
de reptiles aient également été découvertes récemment.
crée un vide. Les plantes à fl eurs, oiseaux et mammifères en
profi tent pour affi rmer leur progression (Tertiaire). C'est
ainsi qu'apparaissent les précurseurs des chevaux, des rhi-
nocéros, des chameaux et des éléphants mais également des
singes, suivis un peu plus tard par l'arrivée des hominoïdes.
Puis arrive la période dans laquelle nous vivons actuelle-
ment (Quaternaire). Quelques épisodes glaciaires y ont
un impact important. Les espèces animales bien adaptées
Permien Trias Jurassique Crétacé Tertiaire Quaternaire
(300 - 250 MA) (250 - 200 MA) (200 - 145 MA) (145 - 65 MA) (65 - 1,8 MA) (1,8 MA - aujourd'hui)
4






En Belgique, quelques 36 300 espèces sont répertoriées.
disparaissent actuellement de 1 000 à 10 000 fois plus vite
Une étude comparative avec la faune et la flore de nos pays
que dans des circonstances naturelles. On estime même
voisins révèle que 16 000 à 19 000 espèces supplémentaires
qu'une espèce disparaît toutes les 13 minutes.
existent probablement chez nous, sans toutefois y avoir été
observées jusqu'à maintenant. Le total des espèces présen-
Alors que les extinctions massives antérieures ont été cau-
tes en Belgique avoisinerait donc les 55 000.
sées par des processus liés à la terre et à l'espace (volcanis-
me, changement climatique naturel, impact de météorites),
Ces chiffres élevés reflètent une richesse naturelle extra-
la cause principale de l'extinction actuelle n'est autre qu'un
ordinaire. Mais, tout comme lors des étapes antérieures de
élément même de la biodiversité: l'homme.
l'histoire de la vie, une extinction massive est
en marche: la sixième extinc-
Par ailleurs, pour la première fois, les plantes
tion. Les espèces
sont gravement menacées alors qu'elles
semblent avoir souffert de manière
plus restreinte lors des extinc-
tions massives précédentes.
Comme les plantes cons-
tituent la base des
chaînes alimentaires,
il n'est pas impen-
sable que cette
extinction ait
une
influence
importante
sur
le fonctionnement
des écosystèmes*. Et
contrairement aux extinc-
tions précédentes, d'autres élé-
ments naturels, comme l'eau, les réser-
ves d'énergie et les matières premières, ne sont
pas épargnés non plus.
Les scientifiques estiment que 20% des espèces auront dis-
paru d'ici 2025. Cette perte pourrait s'accroître jusqu'à 50%
en 2050. Si nous ne modifions pas la situation actuelle, la
biodiversité sera réduite de moitié d'ici moins de 50 ans.
Deux questions se posent dès lors: de quel droit l'homme
fait-il disparaître en un clin d'oeil (à l'échelle géologique) la
biodiversité actuelle, résultat de 3,5 à 4 milliards d'années
d'évolution? Et, cela a-t-il des conséquences pour notre pro-
pre bien-être et survie?
Permien Trias Jurassique Crétacé Tertiaire Quaternaire
(300 - 250 MA) (250 - 200 MA) (200 - 145 MA) (145 - 65 MA) (65 - 1,8 MA) (1,8 MA - aujourd'hui)
Les termes accompagnés d'un astérisque sont définis au recto de la couverture
arrière.

5


























L'ABC de la
biodiversité
L'extraordinaire foisonnement de la vie sur terre est un su-
concept de biodiversité couvre notamment les gènes*, les
jet d'étude passionnant. Les relations qu'entretiennent les
individus, les populations*, les espèces, les communautés et
êtres vivants, entre eux et avec leur milieu, font partie du
les écosystèmes*.
domaine de l'écologie*. La biodiversité en est une des no-
tions fondamentales.
La diversité spécifi que
Le terme biodiversité est issu de la contraction des mots
biologie et diversité. Il désigne tout simplement la diver-
Le niveau d'organisation central est celui de l'espèce. La
sité du monde vivant. Dans son sens le plus large, la bio-
diversité spécifi que fait référence à la variété des animaux,
diversité est quasi synonyme de vie sur terre. En pratique,
plantes, champignons et micro-organismes vivant dans une
la biodiversité peut être envisagée à de nombreux niveaux,
région donnée. Elle est facile à reconnaître: une prairie ri-
selon que l'on s'intéresse à des entités microscopiques ou
chement fl eurie héberge plus d'espèces qu'un champ de blé,
à des phénomènes se passant à l'échelle de la terre. Ainsi, le
dominé par la céréale cultivée.
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1. hippocampe à museau court ­ 2. fucus vésiculeux ­ 3. blennie gattorugine ­ 4. anémone sagartiogeton ­ 5. bernard l'hermite ­ 6. courlis cendré ­ 7. vertigo à bouche étroite ­ 8. oedipode bleue ­ 9. tortule ­ 10. pensée des dunes
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1. amanite tue-mouches ­ 2. pic noir ­ 3. orchis de Fuchs ­ 4. pseudoscorpion d'écorce ­ 5. grenouille verte ­ 6. gomphe joli ­ 7. cerf élaphe ­ 8. tétras lyre
6

























On parle de population pour caractériser les individus
(la prédation) ou en chasser une autre pour s'approprier de
d'une même espèce qui vivent au même endroit. L'étude
la nourriture ou un territoire (la compétition).
des populations a de nombreuses applications, comme la
protection du tigre de Sibérie ou la gestion de la pêche au
Comment mesurer la diversité des espèces? Le paramètre
thon en Méditerranée.
le plus simple est la richesse spécifi que: c'est le nombre
total d'espèces dans un endroit donné. Ainsi, il y a 73 espè-
La communauté, quant à elle, se compose de tous les
ces de mammifères en Belgique et plus de 17 000 espèces
organismes qui habitent dans un lieu donné et entretien-
d'insectes.
nent un réseau de relations entre eux. Il s'agit donc d'un
ensemble d'individus d'espèces différentes. L'étude des
La majorité des organismes dépend directement ou indirec-
communautés se focalise notamment sur les relations entre
tement de la lumière du soleil et de la disponibilité de suffi -
espèces. Par exemple, une espèce peut en manger une autre
samment d'eau. Les zones les plus riches en espèces combi-
6
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1. hippocampe à museau court ­ 2. fucus vésiculeux ­ 3. blennie gattorugine ­ 4. anémone sagartiogeton ­ 5. bernard l'hermite ­ 6. courlis cendré ­ 7. vertigo à bouche étroite ­ 8. oedipode bleue ­ 9. tortule ­ 10. pensée des dunes
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1. amanite tue-mouches ­ 2. pic noir ­ 3. orchis de Fuchs ­ 4. pseudoscorpion d'écorce ­ 5. grenouille verte ­ 6. gomphe joli ­ 7. cerf élaphe ­ 8. tétras lyre
7































































La biosphère est la partie de la terre et de son
atmosphère où la vie est présente.
nent des températures élevées et stables, un ensoleillement
important et une bonne disponibilité en eau. La richesse
spécifi que est dès lors élevée au niveau de l'équateur et des
tropiques et diminue en allant vers les pôles. D'autres fac-
teurs de l'environnement infl uencent la richesse spécifi que.
Un paysage est une mosaïque d'écosystèmes*.
Par exemple, à surface égale, il y a souvent moins d'espèces
Il résulte de l'action de facteurs naturels et humains.
sur une île que sur le continent.
I
T
É
Une fois le nombre d'espèces identifi é, il est utile de s'in-
téresser à leur abondance. Celle-ci est caractérisée de
différentes manières. La densité est le nombre d'individus
S
d'une espèce par unité de surface. Elle est calculée pour des
espèces que l'on peut facilement compter (par ex. oiseaux,
mammifères): trois couples de mésanges bleues par hectare.
La biomasse* est la masse totale d'une espèce par unité de
surface. Elle est utilisée dans les cas où les individus sont
trop nombreux pour être comptés (insectes, plantes): si l'on
mesure une biomasse de 10 kg de fourmis rousses par hec-
tare au niveau de leurs nids, et que l'on estime qu'une four-
Un écosystème est un système complexe où des plantes,
mi pèse entre 10 et 15 mg, cela fait beaucoup de fourmis...
E
R animaux, champignons et micro-organismes interagissent
avec leur environnement physique.
Relativement peu d'espèces sont réellement abondantes. La
majorité d'entre elles sont peu communes, rares ou très
rares. Toutes jouent cependant un rôle essentiel dans le
fonctionnement des écosystèmes.
I
V
La diversité génétique
Niveau d'organisation le plus simple, le gène est l'unité
de base de notre système héréditaire. C'est un morceau
D
d'ADN* présent sur les chromosomes. A l'exception des
Une population* est un groupe d'individus vivant dans un
même endroit et appartenant à la même espèce.
vrais jumeaux, chaque individu est caractérisé de manière
unique par l'ensemble des gènes qu'il contient.
La diversité des gènes se révèle quasi infi nie, mais les indi-
vidus appartenant à une même espèce présentent des simi-
litudes dans leur matériel génétique. Le degré de variation
I
O
est crucial, car il va infl uencer les capacités d'adaptation. Plus
une espèce est diversifi ée sur le plan génétique, mieux elle
pourra s'accommoder des changements survenant dans son
environnement. En revanche, moins cette diversité est pro-
La diversité des gènes* dans une population de papillons
noncée, plus l'espèce est uniforme et moins grandes seront
B permet à celle-ci de s'adapter aux perturbations locales. ses capacités d'adaptation à de nouvelles conditions de vie.
8







La diversité des écosystèmes

Les écosystèmes offrent à l'humanité les conditions de vie
qui lui sont indispensables, par le biais de différents services.
Ceux-ci peuvent être répartis en quatre grandes catégories:
Il est impossible d'aborder la notion de biodiversité sans
· Les services d'approvisionnement fournissent des
parler de l'importance des interactions des êtres vivants
produits essentiels pour la vie quotidienne, comme la
avec le milieu dans lequel ils vivent. L'écosystème est l'uni-
nourriture, les médicaments, les matériaux de construc-
té écologique qui se réfère à ces interactions. Il est formé
tion, les fibres pour l'habillement, etc. De nombreuses
par deux composantes: un environnement physico-chimi-
populations, particulièrement dans les pays du sud, dé-
que et un ensemble d'organismes vivant dans ce dernier. La
pendent entièrement de l'exploitation des ressources
taille d'un écosystème dépend de ce que l'on étudie. De ce
naturelles locales.
fait, un écosystème peut se borner à un espace très réduit
· Les services de régulation comprennent notamment
(une haie, une mare) ou beaucoup plus vaste (la Forêt de
la régulation du climat, le contrôle des maladies, la pré-
Soignes). Forêts, prairies, zones humides, déserts chauds et
vention des inondations, le maintien de la qualité de l'eau
froids, montagnes, eaux douces, mers et océans sont autant
et le traitement des déchets. Lors du tsunami qui a dévas-
de milieux qui hébergent une grande diversité d'écosystè-
té l'Indonésie fin 2004, les zones côtières bordées par des
mes.
mangroves* ont été moins ravagées que celles déboisées
au profit de villages ou de complexes hôteliers.
Loin d'être figés dans le temps et l'espace, les écosystèmes
· Les services de soutien sont indispensables à la pro-
évoluent en permanence. Chaque organisme y exerce une
duction des autres services: le cycle de l'eau, la photo-
fonction bien définie: production de matières organiques et
synthèse* et la production d'oxygène, la pollinisation*, la
d'oxygène par les plantes, consommation des plantes par les
protection et la fertilisation des sols, etc. Une agriculture
herbivores, capture de proies par les prédateurs, etc. Toutes
productive, par exemple, dépend de sols fertiles.
ces interactions se compensent pour générer un équilibre
· Enfin, les services culturels
apparent.
correspondent aux bienfaits
non matériels que l'homme
Cet équilibre peut cependant être rompu par une pertur-
retire des écosystèmes: loisirs
bation extérieure: par exemple, une modification climatique
et tourisme, relaxation, créa-
importante ou l'action de l'homme. Parfois, l'écosystème se
tion artistique, enrichissement
régénère; c'est le cas de la recolonisation d'une zone de fa-
spirituel, etc. Plantes et ani-
gnes suite à un incendie. Mais les changements peuvent être
maux occupent une place pré-
irréversibles: le déboisement de la forêt tropicale entraîne
pondérante dans nos contes
la disparition d'une diversité exceptionnelle, au profit d'un
et légendes.
nombre réduit d'espèces adaptées à un milieu humanisé.

L'activité économique, l'évolution
de la démographie, les enjeux
La place de l'homme dans la biodiversité
sociopolitiques et religieux sont
autant de facteurs qui ont une
influence majeure sur la biodi-
bois de Hal © Y. Adams
L'homme fait partie intégrante de la biodiversité, au même
versité. Ils se traduisent malheu-
titre que la baleine à bosse ou le coquelicot. Si cette affir-
reusement trop souvent par la
mation peut sembler banale, elle n'en est pas moins réelle.
raréfaction des espèces et la dégradation des écosystèmes.
L'homme vit en connexion étroite avec le reste du monde
La préservation de la biodiversité est pourtant un facteur
vivant. La biodiversité a contribué de nombreuses maniè-
crucial du développement durable* et donc une condition
res au développement de la culture humaine, et, à son tour,
essentielle pour garantir notre survie et notre bien-être.
l'homme influence l'évolution de la biodiversité.
9









Perceptions de la biodiversité
La biodiversité n'est pas seulement l'affaire des spécialistes
qui l'explorent et l'étudient; c'est fondamentalement notre
capital de survie. En effet, nous sommes tous impliqués de
près ou de loin dans son utilisation, que ce soit en tant
qu'agriculteur, scientifi que, industriel, homme politique ou
encore tout simplement en tant qu'enfant ou parent.

I
T
É
Cependant, la valeur attribuée par chacun d'entre nous à la
biodiversité est fortement infl uencée par les traditions de
la société dans laquelle nous vivons. Les liens que tissent les
peuples indigènes d'Amazonie avec la forêt tropicale sont
S
© iStock
très différents de ceux que nous développons en Belgique
avec notre environnement.
Ces différences de perception ont pour conséquence que les
membres d'une même société affi chent parfois des opinions
Notre héritage culturel fait que nous attachons intuitive-
contradictoires. Un des confl its d'intérêt les plus apparents
ment des signifi cations distinctes au concept de biodiversité
est celui qui existe entre la conservation de la nature et
et que nous lui attribuons une importance variable en fonc-
l'exploitation des ressources naturelles, comme dans le cas
tion de notre formation, de nos activités ou de nos besoins.
du déboisement des forêts tropicales ou de la surpêche de
A ce titre, le tableau illustre quelques exemples de percep-
certaines espèces de poissons marins. En Belgique, comme
tions pour divers acteurs de notre société.
le pays est limité dans l'espace et la population importante,
E
R
les désaccords se manifestent lorsqu'il faut partager le terri-
toire entre zonings industriels, habitations, terres agricoles,
zones de loisirs et espaces naturels protégés. Les tensions
qui existent entre les pratiquants de sports motorisés tout-
terrain (moto verte, 4 x 4) et les promeneurs en sont une
bonne illustration.
I
V
Les débats sur la biodiversité sont dès lors souvent délicats
et sensibles. Cependant, même si les perceptions sont dif-
férentes, il existe toujours un point commun de référence
auquel nous pouvons nous raccrocher: la biodiversité est
importante pour chacun d'entre nous, quelle qu'en soit la
D
raison. C'est donc un patrimoine collectif qu'il faut partager
leer
et préserver pour les générations futures. A partir du mo-
.

Dec
M

ment où cette reconnaissance est acquise, elle permet de

©

surmonter les diffi cultés de communication.
I
O
B
k
k
iStoc
iStoc
10

©


©








© M. Decleer
L'élaboration de partenariats pour la recherche de solutions,
parfois entre acteurs appartenant à des mondes très diffé-
rents, est une approche efficace même si elle reste difficile
à mettre en oeuvre. Par exemple, en de nombreux endroits
de la planète, la désignation d'aires marines protégées a per-
mis d'augmenter la diversité et la biomasse* des espèces de
poissons, non seulement à l'intérieur des réserves mais éga-
lement dans les zones de pêches avoisinantes. Les conflits
entre pêcheurs et protecteurs de la nature se sont apaisés.
Tout en gardant son identité propre, chacun a pu contribuer
© Y. Adams
au même objectif, à savoir la préservation du patrimoine
collectif. L'approche choisie est basée sur une gestion dura-
ble des ressources, et le moment est venu d'essayer d'appli-
quer celle-ci à tous les domaines liés à la biodiversité.
acteur
niveau de diversité
perception
enjeux
agriculteur
gène* / espèce
diversité et rendement des
assurer une récolte productive, lutter contre
variétés végétales et animales
les parasites et la concurrence d'espèces
nuisibles
pêcheur
gène / espèce
diversité des ressources en
maintenir des populations* de poissons suffi-
poissons
santes dans un milieu aquatique de qualité
apiculteur
gène / espèce
diversité génétique des abeilles,
avoir une population de pollinisateurs riche
diversité des espèces pollini-
et variée afin d'assurer la reproduction des
satrices
plantes et la production de miel
naturaliste
espèce
richesse des espèces, beauté
observer et identifier une nature riche et
de la nature
variée
ethnobotaniste
espèce
espèces végétales utiles et
préserver les connaissances traditionnel-
leurs usages
les, protéger les identités culturelles des
populations
entreprise pharmaceu-
espèce
espèces qui pourraient po-
conserver des options pour la découverte
tique
tentiellement être utilisées en
de nouveaux médicaments
médecine
entreprise forestière
espèce
diversité des ressources
préserver les sources d'approvisionnement,
en bois et autres produits
trouver des applications commerciales résul-
forestiers
tant de l'exploitation de la forêt
groupement religieux
espèce
sauvegarder la diversité et la
respecter le message de dieu
riche fertilité de la création
enfant
écosystème*
espaces verts, lieux sauvages
avoir un endroit amusant pour jouer à
l'extérieur
famille
écosystème
diversité des paysages, beauté
pouvoir se détendre dans un environnement
de la nature
sain et agréable
intercommunale de
écosystème
zones de captage protégées
fournir à la population une eau du robinet de
production de l'eau
qualité irréprochable
agence de voyage
écosystème
espèces phares dans une na-
assurer le marché du tourisme
ture sauvage et préservée
...
...
...
...
11







Les valeurs attribuées
à la biodiversité
Pourquoi la biodiversité est-elle si importante? De nom-
breux arguments peuvent être avancés selon que l'on déve-
I
T
Éloppe un point de vue scientifi que, philosophique, éthique,
économique ou encore esthétique. Afi n d'essayer de résu-
vanneau huppé © Y. Adams
mer aux mieux ces différentes perspectives, des méthodes
- Quant à la valeur émotionnelle, el e est souvent mini-
de classifi cation sont établies sur base de catégories de va-
misée. Pourtant, pour beaucoup d'entre nous, se retrouver
Sleurs que l'on attribue à la biodiversité. face à la nature apporte détente et sérénité. De même, les
abondantes références artistiques à la biodiversité sont le
témoin de l'inspiration qu'el e peut générer.
La double page suivante reprend quelques exemples sou-
lignant l'importance de la biodiversité. La classifi cation est
adaptée à partir de celle présentée ci-dessus. Elle comprend
une catégorie supplémentaire: la valeur d'information,
car l'étude de la biodiversité est à la source d'innovations
E
R
scientifi ques et technologiques. Par ailleurs, la création d'une
catégorie `récréation et loisirs' illustre la diffi culté d'adopter
une classifi cation unique: les loisirs doivent-ils être associés
à une utilisation purement économique de la biodiversité
© Y. Adams
ou existe-t-il également une grande part émotionnelle dans
Ce besoin de catégorisation a plusieurs raisons d'être. Tout
nos choix de délassement? Au lecteur d'établir ses propres
d'abord, il permet d'identifi er les rôles joués par la biodi-
repères!
I
Vversité dans notre quotidien. Il permet aussi d'analyser les
raisons que nous avons de la protéger. Enfi n, les catégories
Quel prix accorder à la biodiversité?
sont utilisées par les économistes pour estimer la valeur
économique de la biodiversité.
DIl existe une multitude de méthodes de classifi cation, assez De nombreuses voix s'élèvent à travers le monde pour
proches les unes des autres. Une classifi cation souvent uti-
souligner que la biodiversité n'a pas de prix: sa valeur est
lisée en Europe est celle des quatre `E': éthique, écologie*,
inestimable car elle garantit la survie de l'espèce humaine.
économie et émotion.
Cependant, cet argument ne suffi t pas à impressionner de
nombreux hommes politiques. En effet, pour certains dé-
- La valeur éthique fait référence au
cideurs, une telle approche peut faire croire que la biodi-
devoir moral de préserver toute forme de
versité n'a qu'une valeur émotionnelle. Vouloir la protéger
hérisson © R. Verlinde IO
vie et de transmettre à nos enfants l'héri-
pourrait donc sembler déraisonnable par rapport aux be-
tage que nous avons reçu de nos parents.
soins de développement économique.
- La biodiversité est à la base de toute
une série de services vitaux tels que le
contrôle de la qualité de l'eau, la régulation
B du climat, la formation et la fertilité des sols. Nous lui
attribuons donc une valeur écologique.
- Le milieu naturel permet de générer nourriture, médi-
caments, matières premières et beaucoup d'autres biens
dont nous avons besoin pour vivre: c'est la valeur éco-
nomique.

abeille domestique © R. Verlinde
12






nourriture, bois,
protection du sol,
ressources génétiques
paysage naturel intact
espèces rares
médicaments
pollinisation*
biens ou services ayant
biens ou services ayant
biens ou services
volonté de
valeur attachée au fait
une utilité économique
une utilité écologique
montrant un potentiel
transmettre aux
de savoir qu'un bien
futur
générations futures
existe
valeurs utilitaires
valeurs non utilitaires
valeur économique totale
Adapté de Pearce et Moran, IUCN, 1994.
Une alternative est d'essayer de mettre un prix sur la bio-
dael et le bois d'Heverlee. Différents paramètres ont été
diversité. La valeur économique totale correspond à
pris en compte, tant au niveau de valeurs utilitaires comme
l'ensemble des avantages tirés de la biodiversité. Le schéma
la récolte de bois, les droits de chasse, l'utilisation pour les
ci-dessus illustre différents postes à prendre en compte
loisirs et la fonction écologique, qu'au niveau de valeurs non
pour la calculer. Cette quantification est toutefois très déli-
utilitaires comme le fait que les zones forestières sont à dis-
cate car, si certaines valeurs attribuées à la biodiversité sont
position de la population*. Une estimation moyenne génère
facilement chiffrables, d'autres varient en fonction de la lo-
une valeur économique d'une vingtaine de millions d'euros
calisation géographique, des traditions, des connaissances
par an, un montant important pour une zone forestière
scientifiques, etc.
d'environ 2 000 hectares.
En 1997, des scientifiques ont es-
timé la valeur économique totale de
la biodiversité pour l'ensemble de la
planète à environ 33 000 milliards de
dollars par an, soit pratiquement deux
fois le poids de l'économie mondiale.
Cela signifierait donc que la biodi-
versité constitue un trésor économi-
que et qu'elle a bien plus de valeur
que tous les échanges commerciaux
que l'on peut effectuer. Cette étude,
certes approximative, a eu le mérite
d'éveiller les consciences à l'impor-
tance économique de la biodiversité.
En Belgique, une étude a été réalisée
en 1998-1999 pour la forêt de Meer-
forêt de Meerdael © R. Verlinde
13

















La biodiversité au coeur
de notre bien-être
14





















15















































































Focus sur la santé
Depuis la nuit des temps, l'homme fait appel aux extraits
de plantes, d'animaux ou de champignons pour se soigner.
I
T
É
reste donc énormément à découvrir, pour autant que les
espèces ne disparaissent pas prématurément.
Avec l'avènement de l'industrialisation, les scientifi ques es-
péraient pouvoir développer les médicaments en synthéti-
Les régions riches en biodiversité, comme les forêts tropica-
sant tous leurs éléments. Très vite, ils ont constaté que les
les, contiennent énormément de substances médicalement
substances naturelles sont à ce point diversifi ées et com-
intéressantes. Chez nous aussi, des plantes mêmes très
Splexes que l'étude et la préservation de la biodiversité sont communes regorgent de composants actifs (voir tableau).
incontournables pour le développement de médicaments.
Du côté des animaux, les cônes ­ une famille d'escargots
marins tropicaux ­ contiendraient plus de 50 000 toxines
Un réservoir riche et précieux
potentiellement intéressantes pour la médecine. L'étude
de ces substances a déjà révélé un antidouleur mille fois
plus puissant que
De nombreuses espèces contiennent des substances béné-
la morphine, un
fi ques pour la santé. Plus particulièrement, les espèces sé-
agent anti-épilep-
E
Rdentaires (plantes, éponges, etc.) recèlent des composants tique et une subs-
très intéressants: comme elles ne peuvent pas se déplacer,
tance active con-
elles doivent assurer leur défense ou attirer d'autres espè-
tre le cancer des
ces via des mécanismes physico-chimiques.
poumons.
cône textile © R. Ling
L'Organisation mondiale de la Santé estime que 80% de
Quant aux champignons, ils sont bien connus pour leurs
la population de la planète a régulièrement recours à des
propriétés antimicrobiennes. C'est le cas notamment d'une
I
Vremèdes traditionnels à base de plantes. De plus, ces der- moisissure du genre Penicillium qui a permis de développer
nières génèrent plus de 25% de toutes les matières actives
la pénicilline, le tout premier antibiotique.
présentes dans les médicaments. Bien qu'il existe plus de
300 000 espèces végétales à travers le monde, seulement
Les composants naturels nous viennent également en aide
5 000 d'entre elles ont été étudiées à des fi ns médicales. Il
d'une manière plus mécanique. Par exemple, les substances
D espèce activité
exemples d'utilisation (*)
herbe à Robert
antidiarrhéique, anti-hémorragique, antidiabétique,
troubles digestifs, hémorragies internes, ulcères, infl amma-
astringente, tonique, éloigne les moustiques
tions de la bouche, maux des yeux, cicatrices
camomille
bactéricide, anti-infl ammatoire, anti-allergique,
eczéma, acné, ulcères, ampoules, cycle menstruel perturbé,
antispasmodique, améliore la circulation du sang
brûlures, piqûres d'insectes, maux de tête, entorses, névral-
et la digestion
gie, angoisse, maux de dents, ...
I
O achillée millefeuille antiseptique, anti-infl ammatoire, sudorifi que, digestion et appétit perturbé, fi èvre, varices, hémorroïdes,
antispasmodique, renforce les vaisseaux sanguins,
thromboses, artériosclérose, grippe, hypertension, insom-
stimule le métabolisme et le foie
nie, stress, ...
digitale
tonifi e les contractions du muscle cardiaque, con-
troubles cardiaques
tribue à un rythme cardiaque plus régulier, drainant
lymphatique
B if commun anti-cancer
cancers des ovaires, des seins et de la prostate
millepertuis
anti-infl ammatoire, antidouleur, calmant, antidé-
choc ou hystérie, intestins sensibles, ulcères, herpès,
presseur
maladie de Parkinson, utilisé pendant des thérapies par
irradiation, ...
pissenlit
renforce foie et reins, laxatif
jaunisse, indigestion, constipation, calculs rénaux, arthrite,
maladies de la peau, traitement des verrues, ...
(*) Automédication = danger. Demandez l'avis de votre médecin pour tout problème de santé.
16








criquet des clairières © Y. Adams
adhérentes trouvées chez certaines grenouil es sont robus-
contrôle d'espèces pathogènes, sans lesquels notre santé
tes, flexibles et deviennent rapidement rigides, même en
serait en danger.
milieu humide. Cette `col e de grenouil e' est utilisée pour
remédier à des problèmes de rotules et de ménisques. Un
On estime qu'un hectare de forêt absorbe annuellement
exemple similaire est la résiline présente chez des insec-
70 000 kilos de poussières fines et d'éléments toxiques. En
tes tels que sauterel es, gril ons et puces. Ce polymère très
2000, ces poussières fines ont contribué à plus de 10 000
élastique, surnommé `caoutchouc de qualité supérieure',
décès accélérés en Belgique. Si les surfaces forestières
peut être utilisé pour remplacer l'élastine, une protéine qui
étaient plus étendues, notamment dans les villes, il y aurait
assure l'élasticité de certains tissus (artères, poumons, etc.)
moins de problèmes de santé et donc également moins de
et dont la synthèse diminue avec l'âge.
dépenses de santé publique.
L'importance de la biodiversité pour la santé ne se limite
Quand l'écosystème est déstabilisé et que les mécanis-
pas à l'extraction de substances. En effet, les scientifiques
mes naturels de contrôle sont détruits, certaines maladies
utilisent de nombreuses espèces comme modèles pour
peuvent prendre des proportions épidémiques. C'est no-
l'étude du corps humain et de son fonctionnement. Ceux-ci
tamment le cas de la malaria et du choléra, et cela semble
nous aident à trouver de nouveaux traitements médicaux.
également s'appliquer à la grippe aviaire. En concentrant les
Par exemple, la multiplication des cel ules chez l'arabette
volailles sur des périmètres trop restreints, l'homme a per-
des dames, une plante sauvage apparentée au chou, est
mis au virus de la grippe aviaire de se développer, de muter
étudiée pour comprendre le développement des cancers.
plus rapidement et de se propager. Les oiseaux migrateurs
Cette plante est également utilisée pour la recherche gé-
ne sont pas les seuls responsables de l'expansion de la mala-
nétique.
die; le commerce et le transport de volailles partagent cette
responsabilité. Saviez-vous par ailleurs que le médicament
contre la grippe aviaire contient des extraits de plantes,
Un homme sain dans un environnement sain
comme de l'anis étoilé... ?
Enfin, la biodiversité pro-
La biodiversité n'est pas seulement une source de médi-
cure d'innombrables bénéfi-
caments. Les écosystèmes* nous rendent d'innombrables
ces pour le bien-être. C'est
services, comme l'absorption de substances toxiques ou le
tout d'abord un facteur de
détente; se promener dans
la nature permet d'oublier
la société exigeante et de
combattre le stress. C'est
également une source de
réconfort: les animaux de
compagnie sont de plus en
plus utilisés en thérapie pour
© Ten Dries
aider les personnes atteintes
de troubles psychologiques.
Sauvegarder la biodiversité, c'est non seulement garantir
une inépuisable source de médicaments, mais également
maintenir le bon fonctionnement des écosystèmes. Par con-
séquent, c'est la meilleure façon de prendre soin de notre
santé.
© M. Decleer
17






Focus sur la pollinisation
Savez-vous que quelque 80% des espèces végétales sont dé-
pendantes de la visite d'insectes pour leur survie?
I
T
ÉLa pollinisation* est un phénomène indispensable à la repro-
duction des plantes: c'est le transfert du pollen de l'élément
mâle vers l'élément femelle des fl eurs. Cette pollinisation
Speut être assurée soit par le vent ou l'eau, soit par les ani-
maux. Les pollinisateurs les plus effi caces sont les insectes.
C'est pour la recherche de leur nourriture (nectar et pol-
len) et l'élevage de leurs larves, que les insectes visitent sys-
lepture tachetée sur marguerite © G. Defl andre
tématiquement les fl eurs d'une même espèce, transportent
du pollen fi xé accidentellement sur leur corps et pratiquent
ceux-ci, les longicornes aux antennes interminables sont
ainsi, involontairement, une pollinisation croisée*.
les plus spectaculaires. Leur rôle pollinisateur est toutefois
assez faible.
E
RCette pollinisation, la seule possible pour bon nombre de
plantes, favorise par la même occasion un brassage généti-
que. Une trop grande homogénéité génétique au sein d'une
espèce peut fragiliser sa survie par son incapacité de ré-
ponse adéquate en cas de menaces extérieures telles que
microbiennes et climatiques. Les milliards de visites de ces
auxiliaires garantissent l'échange des gènes*, donc la santé
I
Vdes plantes et à plus long terme celle des écosystèmes*.
Quatre ordres d'insectes tiennent le haut du pavé dans la
fréquence de leurs visites fl orales. On y retrouve les co-
léoptères, un groupe très étendu, colorié et varié. Parmi
syrphe ceinturé sur ail à tête ronde © G. Defl andre
D
e
I
O

andr

.
Defl
G

©

B
e sur vipérine
estr

don terr
18
bour









Les mouches et insectes apparentés, extrêmement actifs,
tistiquement moins sensibles, de par leur diversité, à des
surtout sur les apiacées, sont, par leur diversité, d'excel-
modifications environnementales. Ils sont en quelque sorte
lents pollinisateurs de ces fleurs disposées en ombrelles et
un patrimoine vivant en réserve. On connaît la vulnérabi-
peu visitées par les spécialistes comme les abeilles et les
lité des ruches aux menaces sanitaires que nous leur im-
bourdons.
posons!
machaon sur cirse commun © G. Deflandre
abeille domestique sur saule pourpre © G. Deflandre
Les papillons, agissant de jour comme de nuit, jouent éga-
La présence des insectes pollinisateurs dans un écosystème,
lement un rôle important. Mais les champions du service
et surtout leur diversité, témoigne indiscutablement de la
après vol sont les abeilles et les bourdons. On leur doit
qualité de leur milieu de vie, donc du nôtre. Leur raréfaction
100% de la pollinisation des luzernes, 90% des petits fruits,
est un signal qu'il nous importe de comprendre et d'écou-
des melons et autres potirons, 80% des cerises et des frai-
ter. À quant le label, dans nos grandes surfaces, au rayon des
ses, 70% des pommes...
fruits: «visités par les insectes pollinisateurs»?
Signalons que les
fruits résultant du
passage des insectes
se conservent mieux,
qu'ils sont de meil eur
goût et que le pouvoir
germinatif de leurs
graines est nettement
augmenté. En terme
économique, 20% des
cultures liées aux in-
cétoine dorée sur cornouiller © G. Deflandre
sectes pol inisateurs
sont l'oeuvre des abeil es et leur labeur intensif aurait, uni-
quement en Union européenne, une valeur de plus de 4,7
mil iards d'euros par an.
Le rôle des abeil es et bourdons est à ce point essentiel
et leur population* réduite, que leur élevage est program-
mé pour favoriser la pol inisation des cultures en serre.
Il convient cependant de ne pas sous-estimer le rôle des
pol inisateurs sauvages, nombreux en espèces, donc sta-
petite tortue sur anémone pulsatile © G. Deflandre
19







Focus sur l'alimentation
et l'agriculture
k
iStoc
©

T
.

Hubin
©

I
T
É
SLa biodiversité est la ressource primaire de l'alimentation l'alouette et la perdrix, sont particulièrement touchés. L'im-
humaine. L'homme consomme depuis toujours de nom-
pact de l'agriculture intensive se ressent également sur des
breuses espèces sauvages à travers la chasse, la pêche et
insectes comme les papillons et les abeilles.
la cueillette. Avec l'apparition de l'agriculture, il s'est éga-
lement attaché à sélectionner les plantes et animaux aux
Une perturbation plus discrète mais tout aussi alarmante
qualités les mieux adaptées à ses besoins. Au fi l des âges,
touche les terres agricoles. Le sol est un milieu complexe
ces choix ont donné naissance à une multitude de variétés
et vivant, riche en invertébrés, en micro-organismes et en
végétales et de races animales qui constituent aujourd'hui le
matières organiques. Les interactions entre tous ces com-
coeur de notre alimentation.
posants sont très importantes pour constituer le sol et faire
E
R
en sorte qu'il soit de bonne qualité biologique et physique.
L'intensifi cation entraîne de profonds déséquilibres, avec
Une relation étroite et complexe
comme conséquence la stérilisation et l'érosion d'une par-
tie des zones cultivables.
De par ses pratiques agricoles,
Races et variétés locales menacées
l'homme a modifi é profondé-
I
V ment l'environnement et l'as-
pect des paysages. L'agriculture
et la nature ont longtemps co-
De nombreuses variétés locales, traditionnellement vitales
habité en harmonie, générant
pour l'alimentation des populations les plus pauvres, sont
des milieux ouverts riches en
maintenant sous-utilisées ou négligées suite à la mondialisa-
D biodiversité. En Belgique, les tion des marchés. A l'heure actuelle, des 80 000 espèces vé-
landes, les pelouses calcaires
gétales comestibles, seulement 150 sont cultivées et à peine
et les prairies de fauche sont
une vingtaine assurent 80% de l'alimentation mondiale.
© Y. Adams
autant d'habitats semi-naturels*
qui témoignent des activités agricoles traditionnelles et qui
Pour ce qui est de l'élevage, seules quatre espèces, le pou-
hébergent des espèces sauvages typiques.
let, le boeuf, le porc et le mouton, constituent l'essentiel de
notre consommation de viande. Sur plus de 7 600 races de
I
OL'intensifi cation et l'uniformisation de l'agriculture ont en- bétail répertoriées au niveau mondial, 1 500 sont menacées
traîné une banalisation des paysages ruraux et des pressions
et au moins une race disparaît chaque mois.
considérables sur la biodiversité. L'utilisation élevée d'eau,
de pesticides et d'engrais ainsi qu'une mécanisation crois-
sante et le développement des élevages intensifs sont à la
Bsource de pollutions diverses, de la dégradation des sols et
de la destruction des habitats*.
La régression actuelle de la faune et de la fl ore sauvages
est inquiétante. Les plantes et oiseaux traditionnellement
associés aux milieux agricoles, tels le bleuet, le coquelicot,
© M. Decleer
© iStock
20







Cette base alimentaire restreinte risque de conduire à des
c'est possible, la pratique du fauchage tardif ou encore l'uti-
catastrophes au cas où une (ou plusieurs) de ces espèces
lisation de la faune sauvage comme auxiliaire dans la lutte
était amenée à disparaître pour cause de parasites, de pa-
biologique contre les ravageurs des cultures. L'agriculture
thogènes ou d'autres facteurs. Au 19ème siècle par exemple,
biologique se distingue toutefois de l'agriculture intégrée
le mildiou de la pomme de terre ­ une maladie fongique
par son choix de ne pas utiliser d'engrais chimiques ni de
originaire du Mexique ­ s'est propagé de manière épidémi-
pesticides de synthèse.
que en Europe. Il a provoqué une famine en Irlande, où la
population vivait essentiellement de la récolte de pomme
Même si ces bonnes pratiques permettent une agriculture
de terre.
moins polluante, elles ne sont pas suffisantes pour garantir
la conservation de la biodiversité. Il faut donc les complé-
ter par la préservation ou la reconstruction des éléments
Vers une agriculture durable
naturels du paysage tels que haies, bandes boisées, bords
de champs non exploités, arbres isolés, petites pièces d'eau,
vieux vergers, etc.
Une grande partie du déclin de la biodiversité en milieu
agricole résulte de la compétitivité des marchés internatio-
La valorisation des atouts touristiques et récréatifs de la
naux. Il faut promouvoir une nouvelle agriculture qui génère
ferme fournit également des possibilités de développement
une production agricole satisfaisante et des revenus cor-
en harmonie avec la préservation de la biodiversité.
rects aux agriculteurs, tout en ayant un impact positif sur
l'environnement.
L'agriculture et la préservation de la biodiversité sont étroi-
tement liées et peuvent être mutuellement bénéfiques. Il est
A cet égard, l'agriculture intégrée et l'agriculture biologi-
crucial que le monde agricole, les responsables politiques et
que sont deux systèmes qui s'orientent vers l'agriculture
la société se fédèrent autour d'une agriculture de progrès,
durable. Elles se basent sur le recyclage des matières orga-
dans le respect de l'environnement et du développement
niques, l'organisation optimale de la rotation des cultures, le
durable*.
maintien d'une couverture végétale du sol à chaque fois que
Origine des aliments
Un échantillon de la biodiversité mondiale se trouve dans nos
quelques aliments courants. Beaucoup des fruits et légumes
assiettes. Une grande partie de notre menu est constituée
originaires d'Asie et d'Amérique sont maintenant cultivés par-
d'espèces originaires d'autres régions du monde. Le tableau
tout dans le monde. Il faut préciser que certains centres d'ori-
ci-dessous donne un aperçu de l'origine géographique de
gine ne sont pas encore établis avec une certitude absolue.
© iStock
centre d'origine
fruits et noix
légumes
céréales
oléagineux
épices, condiments,
aromates
Afrique
datte, melon
pois, igname, niébé
sorgho
palmier à huile
café
Amérique
ananas, avocat, papaye
haricot, manioc,
maïs
arachide, tournesol
cacao, vanille, paprika,
pomme de terre,
piment (ou poivre de
potiron, tomate
Cayenne)
Asie et Moyen orient
abricot, amande,
aubergine, concombre, blé, orge, riz, sarrasin
sésame, soja
canne à sucre, cannelle,
banane, citron, kiwi,
navet, oignon
cardamome, gingembre,
pêche, poire, pomme,
poivre, curcuma, cornichon,
prune, orange,
anis, basilic, safran, thé
pamplemousse
Europe et pourtour
châtaigne, noisette,
artichaut, asperge,
avoine, seigle
olive, colza
câpres, ail, houblon, laurier,
méditerranéen
raisin
betterave, carotte,
menthe, romarin, thym
céleri, chicon,
chicorée, chou
Océanie
noix de coco


noix de muscade, clou de
girofle
© M. Decleer
21








Focus sur
le tourisme et les loisirs
L'augmentation substantielle du temps consacré aux loisirs
fait du tourisme le phénomène économique et social le
plus remarquable du siècle passé. C'est devenu un secteur
de pointe de par sa contribution au produit global brut, le
nombre de personnes employées et le nombre de clients
c
leer

.
De

servis.
M

©

I
T
É
En 50 ans, le nombre de voyageurs a été multiplié par 20 et
il ne cesse d'augmenter. En 2004, des déplacements interna-
sont clairement associés à la biodiversité. D'autres le sont
tionaux ont été entrepris par 763 millions de voyageurs et
tout autant, même si de manière moins évidente au premier
ont généré 500 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Pour
abord: camping, promenade, pêche, kayak, sports d'hiver et
S2010, les prévisions atteignent un milliard de voyageurs in- bien d'autres. Les espaces naturels jouent un rôle prépon-
ternationaux. Et ce n'est pas tout, car le tourisme national
dérant dans l'attrait de ces activités.
est sept à dix fois supérieur au tourisme international.
Tourisme international et aires protégées:
Divers facteurs contribuent à cette croissance, comme le
quelques chiffres révélateurs
temps de travail plus court, l'amélioration de la mobilité,
l'intérêt grandissant pour découvrir d'autres cultures et le
besoin de s'évader d'une société toujours plus exigeante.
E
R
Biodiversité sollicitée
Certains loisirs, comme la visite des zoos et jardins bota-
© iStock
niques, le safari ou la plongée parmi les récifs coralliens,
Au Kenya, le nombre de touristes a augmenté de 45%
entre 1983 et 1993. Le tourisme, essentiellement lié aux
I
V
parcs nationaux, y rapporte un tiers des revenus en devi-
ses étrangères. En Afrique du Sud, un modeste demi-mil-
lion de touristes visitait les réserves naturelles et zoologi-
ques en 1986; douze ans plus tard, ils étaient 6 millions.
Au Pérou, le nombre de visiteurs des zones naturelles pro-
tégées a augmenté de 250% depuis 1990 pour atteindre
D
650 000 en 1999. Environ 3,5 millions de visiteurs se sont
rendus dans les parcs nationaux brésiliens en 1998. Quant
à l'Australie, le nombre de vacanciers internationaux fré-
quentant les parcs nationaux atteignait près de 1,7 million
en 1998.
Une étude menée en 2002-2003 sur les destinations touris-
tiques des Belges révèle que 45% de nos compatriotes se
rendent à la plage, à la mer et aux dunes, 23% à la montagne
I
O
et 20% à la campagne. Cela signifi e que 88% des Belges pré-
fèrent un environnement naturel pour leurs vacances, tandis
que seuls 12% choisissent comme destination un parc d'at-
traction, une ville ou autre chose. Quant aux motivations
du choix de la destination, 35% des vacanciers mentionnent
B
une nature belle et préservée, ce qui est le facteur le plus
important après un climat ensoleillé (36%).
© R. Verlinde
22










© iStock
fragiles sont également les plus prisés par les touristes. Déjà,
Une association en péril
un nombre grandissant de touristes se plaint de la densité
du trafic, des plages polluées et des paysages défigurés par
Des paysages vierges et une nature préservée jouent un
les constructions.
rôle essentiel dans le charme d'une destination touristique.
Un nombre croissant d'aires naturelles sont donc aména-
Main dans la main
gées pour faire face à l'afflux de visiteurs. Ces mêmes aires
abritent souvent des écosystèmes* fragiles qui jouent un
rôle décisif dans l'équilibre écologique de toute une région.
Il en résulte une tension grandissante entre tourisme et
Une solution à cette situation à double tranchant est de
conservation de la biodiversité.
développer un tourisme durable. Celui-ci a pour objectif de
concilier développement économique et protection de l'en-
Les impacts négatifs du tourisme sur la biodiversité sont
vironnement, dans le respect des populations locales et de
notamment:
leur patrimoine. Un tourisme durable implique donc la ré-
- la dégradation des paysages suite à
duction des impacts sur la nature, l'économie de l'eau et de
l'implantation d'infrastructures tou-
l'énergie, l'utilisation de modes de transports non polluants,
ristiques et de loisirs;
la promotion du recyclage et une consommation équitable.
- la destruction de la faune et la flore
L'implication des riverains dans les activités touristiques en
suite au passage de visiteurs, à la
est une composante essentielle. Ainsi, le tourisme durable
cueillette, à la chasse et à la pêche,
peut générer des emplois et des revenus, offrant du même
ou encore aux ancres de bateaux;
coup une incitation à la préservation des zones naturelles.
- la pollution due aux modes de
© iStock
transport utilisés pour se rendre à
L'écotourisme applique les principes du tourisme durable
destination;
et correspond à une activité touristique dont le but est la
- la hausse de la quantité de déchets et de la consomma-
découverte de milieux naturels préservés ou protégés. Le
tion d'eau et d'énergie;
concept est malheureusement souvent utilisé abusivement
- les effets indirects sur les populations locales et leur cul-
comme instrument de marketing pour promouvoir tou-
ture, tels que la perte d'accès aux terres et l'inégalité so-
tes sortes d'activités à finalité purement économique. Un
ciale.
exemple qui se produit fréquemment est l'implantation d'un
complexe hôtelier au beau milieu d'une zone naturelle.
Les écosystèmes les plus fragiles sont les zones côtières
­ plages et dunes, îles, récifs coralliens et mangroves* ­ sui-
Afin d'éviter trop de dérives, des mécanismes de certifica-
vies par les zones montagneuses et les écosystèmes aquati-
tion sont développés pour concrétiser le concept de tou-
ques intérieurs. En d'autres termes, les écosystèmes les plus
risme durable et promouvoir son développement. Dans ce
cadre, l'écolabel est un certificat qui garantit que le produit
ou l'activité concernés ont un impact réduit sur l'environne-
ment. Des exemples d'écolabels en vigueur en Europe sont
le drapeau bleu, attribué aux plages, lacs de loisirs et ports
de plaisance, et la fleur, décernée entre autres aux établisse-
ments touristiques. L'élément clé est de faire passer le mes-
sage que seul un tourisme durable permet de développer un
tourisme rentable à moyen et à long terme.
© T. Hubin
23





Focus sur les innovations
scientifi ques et industrielles
L'observation de la biodiversité et la compréhension des
sonar qui fonctionne selon un principe similaire: l'appareil
mécanismes associés à la vie sont une source inégalée d'ins-
émet un son, celui-ci se propage dans l'eau et lorsqu'il ren-
piration pour la mise au point d'applications scientifi ques
contre un obstacle, un écho est renvoyé et réceptionné. A
et technologiques. La biodiversité constitue également un
l'aube de la première guerre mondiale, cette invention a
réservoir fabuleusement varié de matières premières aux
permis de détecter le déplacement des sous-marins.
propriétés diverses qui intéressent l'industrie. Des exem-
ples issus des domaines de la physique, des mathématiques
A l'heure actuelle, les scientifi ques constatent que le sonar
I
T
É
et de la chimie sont détaillés ci-dessous.
est bien moins performant que le mécanisme d'écholoca-
tion naturel. Des programmes de recherche décortiquent
donc les fi nesses de l'écholocation chez les chauves-souris,
Quand les sons remplacent les yeux
afi n d'améliorer le principe du sonar et de l'appliquer au mi-
S
lieu aérien. Il existe aussi d'autres applications de l'écholoca-
tion artifi cielle, notamment dans les secteurs de l'imagerie
Les prouesses aériennes des chauves-souris dans l'obscu-
médicale et géologique ou pour le développement d'aides
rité sont étonnantes. Ces petites merveilles volantes, gran-
électroniques à la mobilité de personnes malvoyantes.
La nature est-elle mathématique ?
E
R
k
iStoc
Au XIIIe siècle, le mathématicien Fibonacci pose un petit
©
problème récréatif: combien de lapins obtient-on au bout
d'un an si un couple de lapins se reproduit dans des cir-
constances idéales? Il fait la supposition que les lapins ne
meurent pas, se reproduisent à partir de l'âge de deux mois
et engendrent ensuite un couple de lapereaux chaque mois.
Voici le raisonnement suivi. Au départ, il y a un couple de
I
V
lapins. Après un mois, il n'y en a toujours qu'un seul. Au
bout du deuxième mois, deux lapereaux naissent (au total,
2 couples). Le mois suivant, le couple mature se reproduit
à nouveau mais le jeune couple pas encore (3 couples). Un
mois plus tard, les deux couples âgés de deux mois ou plus
D
produisent chacun un couple de lapereaux (5 couples). Et
ainsi de suite...(1)
vespertilion de Natterer © G. Defl andre
des dévoreuses d'insectes, se dirigent en évitant quantité
Cette petite histoire
d'obstacles et sont capables de détecter leur repas avec
de lapins mène à la
une précision extraordinaire. Elles émettent des ultrasons
célèbre suite mathé-
et analysent l'écho renvoyé par chaque objet selon le pro-
matique de Fibonacci:
I
Océdé d'écholocation. Les chauves-souris peuvent donc `voir' 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21,
avec leurs oreilles. Elles partagent cette étonnante faculté
34, 55, 89, 144, 233,
de perception avec certains mammifères marins et oiseaux
etc. Chaque nombre
tournesol © G. Defl andre
cavernicoles.
de la série est le résul-
tat de l'addition des deux précédents. Le plus remarquable,
BQuelques décennies avant la découverte de l'écholocation c'est que cette suite s'avère être un élément clé dans d'in-
chez les chauves-souris, le physicien Langevin a inventé le
nombrables structures naturelles. Elle guide par exemple
24
(1) Réponse: après un an on obtient 144 lapins








Nombre de couples
1
1
2
3
5
l'implantation en spirale des écailles de pommes de pin, des
épines de certains cactus et des fleurons tubuleux des tour-
nesols et marguerites ou encore l'étagement des branches
des conifères.
Mais ce n'est pas tout. Lorsque l'on divise un nombre de la
suite de Fibonacci par son précédent, le quotient s'approche
toujours de 1,618... qui est le célèbre nombre d'or. Depuis
la Grèce Antique, la proportion 1 : 1,618 n'a cessé d'intri-
guer et de fasciner. D'aucuns la considèrent comme particu-
lièrement esthétique, et lui attribuent même un rôle majeur
lotus © iStock
dans la perception humaine de la beauté. En conséquence,
polluants et toxiques de certaines molécules synthétiques.
certains artistes, sculpteurs, architectes et designers ont ex-
Les substances naturelles sont des alternatives de choix car
.

plicitement utilisé le nombre d'or dans le dimensionnement
elles sont généralement plus facilement dégradables dans
,
Inc

ved
de leurs oeuvres. C'est le cas notamment de Léonard de
l'environnement. Leur valorisation est actuellement prati-
Vinci en peinture et de Le Corbusier en architecture. Plus
quée dans des domaines variés tels que pharmacie, cosmé-
2007 Mattel
proche de nous, il semblerait que les proportions du corps
tologie, parfumerie, alimentation, diététique, construction,
©
All Rights Reser
de la poupée Barbie respectent également le nombre d'or!
rénovation et décoration.
Citons le cas des bioadhésifs ou colles constituées de
Un réservoir au potentiel fabuleux
composants naturels. Pour leur développement, les mou-
les constituent un sujet d'étude de choix, car elles restent
fixées à leur support grâce à un liquide qui se polymérise et
Lors de l'essor de la chimie industrielle, il y a une trentaine
se durcit au contact de l'eau. Des colles écologiques et per-
d'années, la recherche sur les matériaux du vivant a été quel-
formantes élaborées à partir de substances trouvées dans
que peu délaissée. De nos jours, le monde industriel s'inté-
ce liquide sont actuellement en cours de développement.
resse à nouveau aux substances naturelles, suite aux effets
L'étude des végétaux génère aussi de multiples applications
industrielles. La création de parfums à base d'essences na-
turelles est bien connue. Par contre, savez-vous que l'exa-
men de la feuille de lotus a permis le développement de
peintures, vitres et textiles autonettoyants? La surface de la
feuille possède en effet des propriétés étonnantes: les parti-
cules de saleté n'y adhèrent pas car elles reposent sur une
étendue semée de minuscules poils, un peu comme un fakir
sur une planche à clous. La saleté est donc entraînée par le
moule comestible © iStock
glissement des gouttes d'eau.
25













Focus sur l'art
Tout ce qui vit autour de nous,
et la culture
Sous la douce et fragile lumière,
Herbes frêles, rameaux tendres, roses tré
Et l'ombre q
mières,
ui les frôle et le vent qui les noue
Et les c
,
hantants et sautillants oiseaux
Qui follement s'essaiment,
Comme des grappes de joyaux
Dans le soleil,
Tout ce qui vit au beau jardin vermeil,
Ingénument, nous aime;

Et nous,
en
Nous aimons tout.
V
erhaer

Extrait de `Tout ce qui vit autour de nous
V
' d'Em
erhae
i
ren (Les heu
le
res de l'après-midi, 1905).

poème d'Emile

I
T
É
Les premières oeuvres peintes sont
apparues lors de la préhistoire, avec
des fi gurations animales parfois très
réalistes. Les aurochs de la grotte de
S
Lascaux témoignent à la fois d'une
grande faculté d'observation et d'une
Xavier De Cock, `Repos dans la prairie', 1863 © Museum van Deinze en de Leiestreek
vision interprétative de celle-ci. Au
Moyen Age, les animaux acquièrent
Depuis toujours, la biodiversité fait partie intégrante de no-
un statut fantastique dans les croyances populaires (dragons
tre culture. Le chant des oiseaux et la tranquillité de la forêt
et sirènes). A la Renaissance, les peintres vont à la découver-
nous font fréquemment réagir de manière émotionnelle.
te de l'homme et de son environnement. Leurs thèmes de
Nos comportements sont très divers: plaisir, questionne-
prédilection incluent la vie de tous les jours, les paysages et
ment et parfois même répulsion. Quelques exemples illus-
les natures mortes. Le romantisme se développe au 18ème
E
R
trent ce propos, mais il ne peut être question d'être exhaus-
siècle: les écrivains, peintres et musiciens recherchent dans
tif tant les liens entre l'homme et la nature sont variés.
la nature un refl et de leurs sentiments intimes. Plus récem-
ment, l'Art Nouveau s'inspire du monde végétal: le bois et
la pierre se mélangent à l'acier et au
La biodiversité représentée
verre pour évoquer fl eurs, lianes et
arbres. Dans l'art contemporain, la
bande dessinée n'est pas en reste.
I
VLa biodiversité est un sujet privilégié de la création artis- Des animaux, réels et imaginaires, y
tique. Peinture, littérature, musique, sculpture, orfèvrerie,
côtoient une nature sauvage, fantas-
gravure, photographie et architecture puisent leurs sources
tique ou humanisée. De Spiderman
d'inspiration dans la nature.
à Thorgal, en passant par le Marsu-
pilami, les genres se mélangent, tout
D
comme les références à la nature.
© La Poste
La biodiversité déifi ée
Dans de nombreuses civilisations, les divinités sont repré-
I
O
sentées par un animal symbolique. Les dieux de l'Egypte an-
tique sont les plus connus. Par exemple, Rê, le dieu Soleil, est
représenté avec une tête de faucon sur laquelle est posée
le disque solaire protégé par le cobra dressé. En Asie, le
tigre est indissociable des dieux des civilisations de la val-
Suiv
B
lée de l'Indus. On lui attribue aussi des vertus médicinales
eur de Guiseppe Arcimboldo,
Marsupilami © Marsu 2007 ­ www.marsupilami.com
et aphrodisiaques, ce qui contribue à la disparition de l'es-
`Allégorie de l'eau', 16ème siècle
© Musées royaux des Beaux-Arts
26
de Belgique, Bruxelles



























vons en tant que plantes d'intérieur, de balcons et de nos
jardins, mais elles ornementent également nos vêtements et
nos objets de décoration.
Rê, le dieu soleil égyptien © The York Project
Le monde de la publicité a bien compris les relations que
nous entretenons avec la nature. Il utilise cet acquis pour
pèce. En Afrique de l'Ouest, les forêts sacrées sont des lieux
capter notre attention, la retenir et faire passer son mes-
réservés pour l'initiation vaudoue. Elles sont relativement
sage. Un milieu sain, des paysages grandioses, des destina-
préservées de l'action humaine grâce à la crainte des déités
tions exotiques et préservées, des animaux symbolisant la
qu'elles hébergent.
force, l'endurance, le bien-être ou l'humour sont autant de
moyens qui frappent notre imaginaire par le biais de notre
héritage culturel.
La biodiversité symbolisée
Les blasons, drapeaux et mascottes d'équipes sportives re-
gorgent d'animaux valeureux (aigle, lion, loup, dragon), de
symboles d'immortalité (abeille) ou de sagesse (licorne). Les
plantes y sont également représentées (lys, feuille d'érable).
En scoutisme, le totem est constitué d'un nom d'animal et
d'un adjectif devant représenter les qualités morales et phy-
siques de son titulaire. A titre d'anecdote, les totems sont
`Elan loyal' pour le Roi Baudouin, `Phoque hilarant' pour Jac-
© P. Roose
ques Brel et `Castor méditatif' pour l'abbé Pierre.
Les multiples rapports affectifs que nous maintenons avec
Malheureusement, les exemples abondent aussi pour le dé-
notre environnement - ceux évoqués ci-dessus et bien
nigrement de son prochain: le registre des insultes est très
d'autres encore - donnent toute leur signification à la pré-
évocateur! Tête de mule, ours mal léché, langue de vipère,
servation de la biodiversité pour les générations futures.
poule mouillée ne sont que quelques exemples de ce bes-
Comment transmettre décemment notre culture si ses fon-
tiaire moins glorieux.
dements ont disparu?
La biodiversité et la vie quotidienne
La nature est omniprésente dans notre vie quotidienne. Qui
n'a pas possédé un animal en peluche? Les doudous de no-
tre enfance représentent plus souvent un ours, un lapin ou
canard qu'un camion ou un marteau-piqueur. Les visites au
zoo font le plaisir des petits et des grands, qui découvrent
avec un regard émerveillé les espèces qui nous entourent.
Les animaux de compagnie, tels que chiens, chats, canaris,
poissons et reptiles jouent un rôle crucial dans notre so-
ciété en apportant réconfort et joie de vivre. Plus discrètes,
les fleurs sont malgré tout bien présentes. Nous les retrou-
© BRU - Spadel
27


























La biodiversité
menacée
guillemot de Troïl © Y. Adams
Malgré toute son importance pour notre bien-être et notre
rend ces dernières plus vulnérables à d'autres facteurs. Les
survie, la biodiversité souffre des multiples pressions que
pesticides, les engrais et les nombreux produits chimiques
nous lui imposons. L'accroissement de la population mon-
retrouvés dans l'eau affaiblissent les individus et causent des
diale, les activités économiques, les tensions politiques et
malformations. Le réchauffement climatique perturbe les
adonis d'été © K. Dijkstra
l'évolution technologique sont autant de facteurs qui ris-
espèces très dépendantes des conditions atmosphériques
quent d'accentuer ces pressions dans le futur.
pour la survie de leurs oeufs et de leurs larves. Les mala-
dies, telles que virus et champignons, font de grands dégâts
cotonnière des champs
© K. Dijkstra ITÉ La Belgique n'échappe pas à ce constat. Entre un tiers et
parmi les populations dépérissantes. Les espèces exotiques*
la moitié des espèces sont menacées. Des espèces comme
entrent en concurrence avec la faune indigène* et peuvent
l'adonis d'été, la cotonnière des champs, l'azuré du genêt, le
parfois se montrer très agressives, comme dans le cas de la
sonneur à ventre jaune et le grand dauphin ont déjà disparu
grenouille taureau. Enfi n, le trafi c routier a un impact ma-
Sde notre pays.
jeur lors de la migration printanière vers les lieux de ponte.
Lorsque l'on additionne tout ceci, quelle chance reste-il
Les causes du déclin de la biodiversité en Wallonie, à Bruxel-
pour les princes charmants de nos contes de fées?
les et en Flandre varient quelque peu en fonction des spéci-
azuré du genêt © R. Verlinde
fi cités de la région. Les principales menaces et leurs causes
sous-jacentes sont présentées de manière synthétique dans
les tableaux.
Le plus souvent, une espèce ne disparaît pas à cause d'une
sonneur à ventre jaune
© M. Decleer ER seule menace, mais suite à la combinaison de plusieurs d'en-
tre-elles. Pour illustrer le processus, prenons un exemple.
La faune des grenouilles et crapauds est en déclin partout
en Belgique. La destruction des zones humides induit une
diminution de la taille des populations* et, par conséquent,
écureuil roux © Y. Adams
grand dauphin © K. Grellier IV principales menaces en milieu terrestre quelques causes sous-jacentes
D dégradation, destruction et fragmentation des espaces expansion des zones bâties, du réseau routier et des zonings industriels; abandon d'anciennes
naturels
pratiques agricoles favorables à la biodiversité
diminution des capacités d'accueil du milieu agricole
diminution des ressources alimentaires et des lieux de refuges suite à l'intensifi cation de l'agricul-
pour la faune et la fl ore sauvages
ture et à la suppression d'éléments paysagers (haies, bords de chemin, etc.)
pollution du sol et de l'air, pollution et eutrophisation*
émissions et rejets dus à l'industrie, l'agriculture, au trafi c et aux ménages sous forme de métaux
de l'eau
lourds, engrais, pesticides, eaux usées
espèces exotiques envahissantes*
introduction via le jardinage, la sylviculture, la pisciculture, l'utilisation d'auxiliaires en lutte inté-
grée, le transport; animaux de compagnie ou d'élevage échappés ou abandonnés
maladies épidémiques affectant animaux et plantes
arrivées naturelles de pathogènes renforcées par l'introduction d'espèces exotiques, la pollution
sauvages
et la destruction des habitats*
I
O changements climatiques utilisation de combustibles fossiles, déboisement et autres changements de l'utilisation du sol
assèchement des sols et des zones humides
pompage excessif de la nappe phréatique
récréation et loisirs
surfréquentation de certains milieux ou sites naturels, piétinement excessif, cueillette, pratique
du motocross et du VTT, chiens et chats en liberté dans des espaces naturels limités
B principales menaces en milieu marin quelques causes sous-jacentes
surpêche et disparition d'espèces
pêche industrielle, capture accidentelle de mammifères marins dans les fi lets de pêche
pollution et eutrophisation
rejets de substances toxiques via les fl euves et les rivières ou depuis les navires (métaux lourds,
hydrocarbures)
dégradation et destruction des fonds marins
chaluts ratissant les fonds marins, dragage, exploitation des sables et graviers
espèces exotiques envahissantes
transport international, eaux de ballast des bateaux de fret, réchauffement climatique
tourisme et récréation
urbanisation des côtes, perturbations dues au bruit et à la foule, décharge de matières organi-
ques en mer
28































Quel avenir pour
la biodiversité?
L'homme a modifi é son milieu naturel plus rapidement et
Afi n d'explorer l'avenir de la biodiversité et le bien-être
plus profondément au cours des 50 dernières années qu'à
humain à long terme, une étude scientifi que internationale,
aucune autre période de son histoire. A cette infl uence hu-
l'Evaluation des écosystèmes pour le millénaire, a modélisé
maine aux conséquences parfois dévastatrices s'ajoute le
l'impact de différents modes de développement économi-
problème grandissant des changements climatiques. Ceux-
que (mondialisation ou régionalisation) et de gestion de
ci risquent bien de porter un coup fatal à de nombreuses
l'environnement (réactive ou proactive). Quel que soit le
espèces, qui ne pourront pas s'adapter aux modifi cations
scénario, arrêter la perte de biodiversité nécessitera des
rapides de leurs conditions de vie. D'une manière générale,
efforts sans précédent à tous les niveaux, étant donné les
les menaces qui pèsent sur la biodiversité s'intensifi eront
développements futurs de l'industrie, de l'agriculture, des
sensiblement dans les décennies à venir, sauf si l'homme
villes et des infrastructures. Néanmoins, cette perte sera
modifi e son comportement.
plus limitée pour les scénarios qui se basent sur une gestion
proactive de l'environnement. Ce type de politique favori-
A l'heure actuelle, les biens et services apportés par les éco-
sera également un meilleur bien-être humain en préservant
systèmes* en bonne santé sont rarement pris en compte
les multiples bienfaits que procurent les écosystèmes.
dans les processus décisionnels. Ils sont considérés comme
acquis, gratuits et inaltérables. Cependant, il est indispensa-
ble de reconnaître leur importance afi n d'être en mesure de
freiner la disparition de la biodiversité.
Par exemple, lorsque l'on envisage de couper une grande
Quelle biodiversité restera-t-il d'ici 50 ans?
parcelle de forêt, il faudrait non seulement tenir compte des
bénéfi ces issus de la vente du bois et de l'utilisation écono-
mique future du terrain, mais également de la perte des ser-
Le cercle extérieur représente le niveau actuel de la biodiversité mondiale. Chaque
cercle interne représente le niveau potentiel de biodiversité selon l'attitude qui sera
vices que rend la forêt, tels que la lutte contre l'érosion, l'ab-
adoptée.
sorption de gaz carbonique, la purifi cation de l'air et de l'eau
et la diminution du bruit. La coupe de la forêt induit aussi la
Ce qui restera de la biodiversité en suivant les
disparition d'espèces typiques du milieu forestier ainsi que
tendances et les politiques actuelles.
de multiples ressources
`non ligneuses' utiles à
Quantité supplémentaire de biodiversité
l'homme: fruits, cham-
qui sera préservée en tenant compte des
pignons, produits de la
produits et services qui sont fournis
gratuitement par la biodiversité et les
chasse. Enfi n, un massif
écosystèmes.
forestier possède égale-
ment de nombreux atouts
Quantité supplémentaire de biodiversité qui
paysagers et récréatifs. Si
sera préservée en tenant compte des produits
l'on contrebalançait les
et services encore inconnus qu'elle pourra
avantages directs par tou-
apporter dans le futur (valeurs d'option), et pour
tes ces pertes indirectes,
son rôle dans la capacité des écosystèmes à s'adapter au changement.
l'exploitation de la forêt
Quantité supplémentaire de biodiversité qui sera préservée en prenant
serait alors menée diffé-
en compte sa valeur intrinsèque et parce que l'on pense au bien-être des
remment, l'utilisation du
générations futures du monde entier.
bois serait rationalisée et
le gaspillage des ressour-
Adaptation de l'Evaluation des écosystèmes pour le millénaire, Nations Unies, 2005. La taille
ces minimisé.
des cercles ne correspond pas à des estimations réelles.
bois de Trimpont © Y. Adams
29



Tous concernés!
t FG
,
ar

concept MC
©

Les hommes ont tendance à gaspiller les richesses naturel-
Scientifi ques:
les, bien qu'elles soient vitales pour leur bien-être. Certains
éclairer les enjeux
désordres écologiques d'origine humaine perturbent égale-
ment les activités économiques, la santé ou le tissu social.
Ils sont la cause de pertes fi nancières parfois très lourdes.
Malgré une mobilisation redoublée, l'inventaire de la bio-
Pourtant, toutes les études scientifi ques convergent: il est
diversité est loin d'être achevé. Il convient de poursuivre
encore possible de renverser la tendance actuelle. Le futur
les efforts, mais il est surtout urgent d'approfondir les con-
I
T
É
de la planète est donc entre nos mains. Quelle que soit la fa-
naissances sur le fonctionnement et les services rendus par
çon dont nous choisissons de participer, notre engagement
les écosystèmes. Grâce à cela, il sera possible d'intégrer la
est crucial.
valeur des écosystèmes dans la prise de décisions à tous
les niveaux.
SResponsables politiques: faire des choix
audacieux
Associations: sensibiliser, gérer, étudier et...
mettre la pression
La plus importante décision politique à prendre est de re-
connaître la contribution de la biodiversité au bien-être
Le monde associatif est engagé de plusieurs façons pour la
humain et d'en tenir compte dans les stratégies de déve-
biodiversité. Les associations sensibilisent à la beauté de la
loppement. Puisque nous bénéfi cions des multiples services
nature et à l'importance d'un environnement sain. Dans ce
E
R
fournis par les écosystèmes*, il semble réaliste d'en inclure
cadre, el es souffl ent les gestes écologiquement corrects à
la valeur dans les décisions relatives à leur utilisation. Par
l'oreil e du public. Les associations achètent et gèrent des
exemple, les taxes sur l'utilisation de l'eau ou de l'énergie
espaces naturels afi n de préserver leur biodiversité. El es
peuvent être affectées prioritairement à la conservation des
aident les scientifi ques en étudiant et observant certains
forêts et des zones de captage des eaux ou à la gestion
groupes d'animaux, de plantes et de champignons. El es ont
d'aires protégées.
également pour rôle de faire remonter au niveau politique
des préoccupations écologiques et d'exercer une pression
I
V
pour convaincre les décideurs à mener une politique respec-
Entreprises: innover technologiquement
tueuse de la biodiversité. El es doivent continuer dans cette
voie, et augmenter leur impact en unissant leurs efforts.
Avec l'accroissement des besoins humains, il est essentiel de
D
Et moi dans tout cela?
trouver des moyens pour limiter la surexploitation des res-
sources naturelles, diminuer les pollutions et réhabiliter les
milieux dégradés. Il est non seulement nécessaire de déve-
lopper de nouvelles technologies, mais également indispen-
Ce n'est pas parce que l'on n'est pas politicien, chef d'en-
sable de procéder à des évaluations prudentes avant de se
treprise, scientifi que ou membre passionné d'une associa-
lancer dans leur promotion. Par exemple, les biocarburants
tion que l'on ne peut rien faire. Agir pour la planète n'est
sont vus comme une alternative écologique aux combus-
pas compliqué et est à la portée de tous. Nos choix quo-
I
Otibles fossiles, mais les impacts d'une production à grande tidiens exercent une pression élevée sur l'environnement.
échelle ne sont pas encore bien connus (risque de déboi-
En essayant de réduire notre impact, nous contribuons non
sement des forêts tropicales pour faire place à des cultures
seulement à notre bien-être, mais également à celui de nos
industrielles notamment).
enfants et petits enfants. De plus, de petits gestes faciles
à mettre en oeuvre sont souvent bénéfi ques pour notre
B
tirelire. Nous en présentons quelques-uns dans le tableau
ci-contre.
30














Petits gestes,
grands effets
Le tableau dévoile quelques gestes sim-
ples à mettre en oeuvre au quotidien,
en relation avec les sujets développés
aux pages 16 à 27.
phoque veau-marin © R. Verlinde
quelques suggestions
Baissez le chauffage d'un cran pour limiter la consommation d'énergie. Effectuez vos petits déplacements à pied ou
é
en vélo. Si possible, utilisez les transports en commun pour rejoindre le travail ou l'école.
sant
Moins chauffer et moins rouler en voiture diminuent la pollution de l'air et les émissions de gaz carbonique. Nous
respirons moins de particules fi nes, cause de problèmes respiratoires.
Achetez des fruits et légumes locaux et de saison. Ils nécessitent moins de transport, de réfrigération et de
conservateurs chimiques. Il existe peut-être un dépôt de `paniers bio' près de chez vous. Savourez des variétés
anciennes et découvrez des saveurs oubliées.
alimentation
Evitez d'acheter trop et de devoir jeter par après. Près d'un quart de notre nourriture part à la poubelle... Utilisez
un panier ou un sac recyclable pour faire les courses.
Garnissez un coin de votre jardin avec des plantes locales riches en nectar ou laissez-y libre court à la nature. Une
pelouse bien tondue est un désert biologique et demande beaucoup d'entretien.
Demandez conseil à votre pépiniériste pour connaître les plantes qui attirent le plus de pollinisateurs, car ce n'est
pollinisation*
pas le cas de certaines superbes variétés horticoles.
Avec l'école, votre mouvement de jeunesse ou votre club de loisirs, observez la faune et la fl ore d'une mare, de la
forêt ou d'un autre coin de nature à proximité de chez vous.
science et industrie
Développez un projet pratique comme la plantation d'arbres, l'installation d'une jardinière fl eurie ou d'une mare,
ou faites des démarches pour préserver une zone naturelle.
En promenade ou en voyage, respectez la nature et les zones protégées. Il est important de bien suivre la
réglementation en vigueur.
Privilégiez les destinations de proximité ou des moyens de transport plus favorables pour l'environnement. Les
tourisme
voyages en avion sont très en vogue, mais sont également une énorme source de pollution. Pourquoi ne pas
découvrir les trésors cachés de la Belgique et de ses pays voisins?
Ne tombez pas dans les pièges de la publicité. Une multitude de produits sont promus comme favorables à la
e
biodiversité, uniquement parce que c'est à la mode.
cultur
Une publicité d'un 4x4 dans un magnifi que décor forestier par exemple donne une image trompeuse, puisque ces
véhicules sont grands consommateurs d'énergie.
Ne croyez pas que ces efforts ne servent pas à grand-
chose... Nous pouvons déjà signaler quelques victoires. Le
phoque veau-marin est réapparu dans l'Escaut après l'amé-
lioration de la qualité de l'eau et le rétablissement de ses

V
erlinde
R.

sources de nourriture. La cigogne noire est de retour en
e

©

Wallonie suite au maintien de grandes étendues forestières
gne noir
et à la protection des zones humides. Qu'attendons-nous
cigo
pour apporter notre pierre à l'édifi ce?
31





Conclusion
oreillard commun © R. Verlinde
La biodiversité ... quelle importance?
pille et malmène ce réservoir unique. Par conséquent, il met
en péril sa propre survie. Polluer l'environnement signifi e se
Nous espérons qu'à travers les exemples présentés, nous
rendre malade. Epuiser les richesses naturelles signifi e s'ap-
avons pu vous convaincre que la biodiversité n'est pas seule-
pauvrir. En fi n de compte, malmener la biodiversité signifi e
ment un beau décor de promenade ou une espèce menacée
se malmener soi-même...
survivant uniquement grâce à un programme de conserva-
tion, et encore moins un prétexte pour limiter le gagne-pain
Cette prise de conscience constitue un fondement essentiel
I
T
É
de ceux qui vivent de l'exploitation des ressources natu-
pour faire nos choix quotidiens en respectant l'environne-
relles.
ment et la biodiversité. En effet, il ne suffi t pas de savoir,
mais également de franchir le cap vers un mode de vie plus
Fruit de 3,5 milliards d'années d'évolution, la biodiversité est
durable. Il y a encore beaucoup à faire. Êtes-vous prêts à
Svitale pour notre bien-être et notre survie. Elle offre une faire ce pas avec nous?
multitude de produits et services sans lesquelles la vie sur
terre, comme nous la connaissons, ne serait pas possible.
Merveilleuse de beauté et ingénieuse sur le plan écologique*,
c'est également un acteur de prime importance dans des
Y
.

Adams


©

secteurs aussi variés que l'agriculture, la pêche, le tourisme,
l'industrie médicale, la construction, l'éducation, la science,
la culture et les sports. En d'autres termes, sans elle, pas
marguerite
d'emplois et donc pas de revenus.
E
R
Malheureusement, l'homme oublie trop souvent qu'il est
dépendant de son environnement naturel. Dans nos socié-
tés industrialisées, la biodiversité est perçue comme acqui-
se, gratuite et éternelle. Sans s'en rendre compte, l'homme
I
V
Y
.

Adams


©

D
I
O
B32







Glossaire
acide désoxyribonucléique ou ADN: matériel hérédi-
aquatique, ceci conduit à une fl oraison explosive d'algues,
taire présent dans chaque cellule vivante et qui contient les
et à une baisse de la qualité de l'eau et de la biodiversité.
gènes. Voir aussi gène.
En milieu terrestre, quelques espèces de plantes commu-
nes deviennent prédominantes au détriment de beaucoup
biomasse: la masse totale
d'autres, réduisant ainsi la biodiversité.
de tous les individus d'une
espèce ou d'un groupe d'es-
gène: partie de l'ADN par lequel est transmis un caractère
pèces en un lieu (ex.: la bio-
héréditaire. Aux plus des espèces sont proches, au plus elles
masse des vers de terre dans
ont des gènes en commun. Ainsi nous partageons 99% de
un hectare de prairie varie
nos gènes avec les chimpanzés.
de une à plusieurs tonnes).
habitat: environnement dans lequel une espèce particu-
développement durable:
lière trouve la nourriture, l'eau, l'abri et l'espace adéquats
écureuil roux © R. Verlinde
développement qui répond
pour sa survie. L'habitat de l'écureuil roux est la forêt des
aux besoins du présent sans
régions tempérées.
compromettre la possibilité, pour les générations à venir, de
pouvoir répondre à leurs propres besoins.
mangrove: forêt littorale des pays tropicaux et subtropi-
caux, principalement constituée d'arbres avec des racines
écologie: science qui étudie le vivant en prenant en compte
échasses.
le lieu, ses caractéristiques physiques et chimiques, et les
interactions entre toutes les espèces animales et végétales
photosynthèse: ensemble des réactions chimiques se dé-
présentes dans cet endroit.
roulant dans les plantes à chlorophylle au départ de la lu-
mière. Elle aboutit principalement à la production de sucres
écosystème: unité fonctionnelle en un endroit, formée
(glucides) et d'oxygène.
par l'ensemble des organismes et leur environnement non
vivant (ex.: dans un lac, les poissons, algues et plantes aqua-
pollinisation: désigne le transport du pollen vers la partie
tiques sont les composants vivants; l'eau, la vase et le climat
femelle d'une fl eur où s'effectuera la fécondation des ovules
sont les composants non vivants). L'équilibre naturel d'un
pour former des graines.
écosystème est souvent fragilisé par l'action de l'homme.
pollinisation croisée: désigne le transfert de pollen d'une
espèce exotique ou non indigène: espèce qui n'est pas
fl eur vers la fl eur d'une autre plante de la même espèce. Elle
naturellement présente dans une certaine région mais qui
résulte du fait que les parties mâles (étamines) et femelle
s'y retrouve, souvent suite à l'infl uence de l'homme (ex.:
(stigmate) des fl eurs ne viennent pas à maturation au même
espèces importées pour la culture ou l'élevage, et ensuite
moment ou parce que le pollen produit par les étamines
échappées ou relâchées). Opposé: espèce indigène.
n'est pas recevable pour le stigmate de la même fl eur. C'est
la forme de pollinisation la plus courante.
espèce exotique envahissante: espèce exotique qui se
propage de manière importante et constitue une menace
population: groupe d'individus d'une même espèce pré-
pour la biodiversité indigène, l'économie et/ou la santé pu-
sents dans une même aire. Ex.: les épinoches dans un étang
blique.
forment une population.
espèce indigène: espèce naturellement présente dans une
semi-naturel: qualifi e généralement un milieu modifi é par
certaine région. Opposé: espèce exotique.
les actions humaines tels que le déboisement ou le pâturage.
Les landes et les pelouses calcaires sont des exemples de
eutrophisation: excès de nutriments, tels que l'azote et le
milieux semi-naturels.
phosphore, perturbant l'équilibre de l'écosystème. En milieu














L'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRScNB) est une institution
de recherche scientifi que qui offre un large éventail de services, notamment à tra-
vers son Muséum. L'expertise de l'Institut couvre la zoologie, la paléontologie, la préhistoire,
la géologie, l'océanographie et la conservation de la nature.
La recherche scientifi que s'étend des régions tropicales jusqu'aux pôles. Plus près de nous, la mer du
Nord est une zone de recherche de prédilection, avec un rôle-clé joué par le navire océanographique
Belgica.
L'Institut publie des livres scientifi ques et vulgarisés. Il développe des expositions, offre des visites dans ses
coulisses et organise des ateliers nature pour les jeunes.
L'Institut abrite le Point focal national en charge du suivi de la mise en oeuvre de la Convention sur
la diversité biologique en Belgique. Le Point focal stimule la conservation et l'utilisation durable et
équitable de la biodiversité à travers ses avis aux décideurs, ses efforts en matière de coopération au
développement et ses travaux de sensibilisation.
Biodiversité - IRScNB - rue Vautier 29 - 1000 Bruxelles
T 02 627 45 45
F 02 627 41 41
E biodiversite@sciencesnaturelles.be
W www.sciencesnaturelles.be/biodiv
L'Institut royal pour la Gestion durable des Ressources natureles et la Promotion des Technologies propres (IRGT)
est une asbl fondée en 1994, dont le Conseil d'Administration est présidé par S.A.R. le prince Laurent de Belgique.
L'IRGT contribue à sensibiliser le grand public, ainsi que les acteurs sociétaux, à la gestion durable de l'environnement.
C'est pourquoi divers projets éducatifs sont conduits ayant pour but de familiariser tous les citoyens avec les défi s et
les alternatives quant à l'emploi durable des ressources naturelles et la promotion des technologies propres.
L'Institut appuie également la réalisation de certains éléments des politiques environnementales des Régions, des Com-
munautés et de l'échelon fédéral. A cet effet, l'IRGT conduit des études et des projets de recherche en ces matières.
Les domaines prioritaires d'action sont la gestion du cycle de l'eau et de celui des déchets, en particulier le recyclage,
l'énergie, la mobilité, les effets du changement climatique, la protection et la gestion de la biodiversité. Ces domaines
sont analysés en prenant en compte le principe fondamental du développement durable.
IRGT - rue de l'Équateur 45 - 1180 Bruxelles
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E info@irgt-kint.be
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La brochure La biodiversité en Belgique: une question vitale peut être obtenue gratuitement
par e-mail, téléphone ou courrier auprès de ces deux instituts.

Cette brochure fait suite à la brochure La biodiversité en Belgique:
un aperçu, qui peut également être obtenue gratuitement par e-mail
(biodiversite@sciencesnaturelles.be), téléphone (02 627 45 45) ou
courrier (Biodiversité, IRScNB, rue Vautier 29, 1000 Bruxelles).