04.05.05>30.06.06
Dossier didactique
autier 29 - 1000 Bruxelles
Ed. resp. D. Cahen - rue V


2 Moules nature
dossier didactique






Moules nature
Pour une visite réussie au Muséum des Sciences naturelles...
Bienvenue dans Moules nature, notre nouvelle exposition sur les moules telles qu'on les mange, les moules
au secours de la médecine, les moules bijoux ou objets d'art mais aussi et surtout, les moules dans la nature,
étudiées de fond en comble sous le binoculaire du biologiste, leurs biotopes, leurs rôles dans leur milieu...
Ce document se veut un condensé de ce que vous découvrirez dans cette exposition. Il est divisé en chapitres
principaux et enrichi d'articles développant quelques aspects souvent peu connus du grand public.
Notre encadrement
Dans un cadre scolaire, l'exposition s'adresse à un public de 9 à 13 ans. On y trouvera néanmoins des
informations adaptées aux plus petits (non lecteurs) et de plus pointues destinées aux élèves du secondaire.
Vu son aspect ludique et interactif, elle n'est pas guidée. Néanmoins, nous vous proposons des visites et/ou
activités complémentaires :
·
Leçon de « Biologie de la moule et des mollusques »
Durée : 45 min - à partir de la 5ème primaire
Ecologie et biologie de la moule. Manipulation et observation de matériel sec (coquilles) et fixé.
·
Atelier Nature « Les Mollusques »
Durée : 2h - à partir de la 3ème primaire
La place des mollusques dans le règne animal. Les caractéristiques générales des mollusques et présentation
détaillée des quatre classes principales : les polyplacophores, les gastéropodes, les bivalves et les
céphalopodes. Observation au binoculaire de matériel fixé et visite de la salle des coquillages.
·
Atelier Nature « Mer du Nord »
Durée : 2h - à partir de la 3ème primaire
Un atelier en vue de préparer les élèves aux classes de mer.
A l'aide de matériel à toucher, à observer au bino, de posters, de photos, l'animateur met l'accent sur ce qui
peut être « aisément » observé sur une plage belge, les espèces les plus emblématiques, ainsi que l'origine
des laisses de mer les plus fréquentes. Quelques grands phénomènes typiques de notre côte sont expliqués : la
vie dans le sable, la résistance à la dessiccation, la formation des dunes, les chaînes alimentaires...
·
Animation « Evolution des Invertébrés »
Durée : 2h - à partir de la 1ère secondaire
La manipulation de nombreux fossiles (bivalves, gastéropodes, céphalopodes...) et une visite adaptée de la
salle des coquillages permettront à chaque participant de déterminer lui-même une quinzaine de fossiles.
La diversité des coquillages, le rôle de la coquille, sa structure, sa formation et sa mise en place au cours de
l'évolution, la présence ou l'absence de nacre, les traces fossiles qu'elle occasionne seront présentés en
relation directe avec l'exposition Moules nature.
·
Raconte-nous « La mer et les coquillages »
Durée : 1h - de la 3ème maternelle à la 2ème primaire
Conte et réalité adaptés aux plus jeunes.
Les documents didactiques à télécharger
Outre le présent dossier, vous pourrez compléter votre visite en utilisant un cahier d'activités à faire en classe
(pour les 6-12 ans) ainsi qu'un questionnaire d'aide à la visite autonome.
Tous ces documents sont à télécharger à partir de juin sur notre site : www.sciencesnaturelles.be
Moules nature 3
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Tarifs
Pour les groupes
Entrée exposition + salles permanentes
Adultes 6
Jeunes (2-25ans) 4,50
Un accompagnateur gratuit par 15 personnes
Gratuit pour les enseignants, sur présentation d'un justificatif professionnel
Remarque : ces prix s'entendent en supplément du ticket d'entrée.
·
Leçon de biologie
Jeunes (15 pers. max.) 20
·
Raconte-nous
Jeunes (15 pers. max.) 35
·
Visite guidée de la salle des coquillages
Jeunes (15 pers. max.) 35
Adultes (15 pers. max.) 62 en semaine, 75 le week-end
·
Ateliers Nature « Les mollusques » / « Mer du Nord »
2,80 / enfant
Réservation obligatoire pour les groupes : 02 627 42 34
Un guide pratique intitulé « Écoles et visiteurs en groupe » est disponible sur notre site :
www.sciencesnaturelles.be/servedu
Muséum des Sciences naturelles
Service éducatif
Rue Vautier 29
1000 Bruxelles
tél : 02 627 42 33
Fax : 02 646 44 66
Info 24h/24 : 02 627 42 38
info@sciencesnaturel es.be
4 Moules nature
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Table des matières
L'expo par le menu : parcours ............................................................. 6
Introduction ......................................................................................................................... 6
Thème 1 - Les moules telles qu'on les mange .................................................................... 6
Thème 2 - Moules inspiratrices des arts ............................................................................. 8
Thème 3 - Auxiliaires de la médecine ................................................................................. 8
Thème 4 - Complices de votre beauté ................................................................................. 9
Thème 5 - Les moules dans leur milieu .............................................................................. 10
Biologie de la moule Mytilus edulis .................................................. 14
1. Les mollusques ...................................................................................................... 14
1.1
Caractéristiques des mollusques ............................................................................... 14
1.2
Les bivalves .............................................................................................................. 14
1.3 Phylogénie de la moule .............................................................................................. 15
2. Organisation de la moule ....................................................................................... 15
2.1
La coquille .................................................................................................................15
2.2
Aperçu du corps et des différents systèmes ............................................................. 17
2.2.1 Le pied et le byssus ................................................................................................ 18
2.2.2 Le système digestif ................................................................................................. 18
2.2.3 Le système respiratoire ............................................................................................ 19
2.2.4 Le système circulatoire ................................................................................ 19
2.2.5 Le système excréteur.....................................................................................19
2.2.6 Le système nerveux ............................................................................................... 20
2.2.7 La reproduction ........................................................................................................ 20
3. Ecologie de la moule .............................................................................................. 20
3.1 Habitat ......................................................................................................................... 20
3.2 Adaptations aux conditions extrêmes de vie ......................................................... 20
3.3 Mortalité et prédation .................................................................................................. 21
Annexes .......................................................................................... 22
Mytiliculture ....................................................................................................................... 23
La moule perlière d'eau douce .......................................................................................... 25
La nacre : un remède miracle ............................................................................................ 26
Nacre, perle et soie ........................................................................................................... 27
Bibliographie .................................................................................... 29
Moules nature 5
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L'expo par le menu : parcours
Introduction
1.
Les mots et la moule
Mytilus edulis signifie " moule comestible ". Dès l'entrée dans l'expo, vous entendrez le mot " moule "
décliné dans toutes les langues, ou presque...
2.
Aimez-vous les moules ?
La parole est à vous : chaque visiteur reçoit une moule à son entrée et ira la déposer dans le plateau de
la balance correspondant à son choix. De quel côté penchera-t-elle ?
Thème 1 - Les moules telles qu'on les mange
Une pincée d'histoire et un zeste de géographie. Mytilus edulis ou Perna viridis, tout est une question
d'époque ou d'hémisphère. Tantôt repas du pauvre, tantôt mets de choix, les hommes consomment
des moules et d'autres coquillages depuis la nuit des temps.
1.
Au restaurant
1.1 Les moules sont partout !
Quelles moules trouve-t-on dans le monde ? Découvrez sur le globe terrestre la répartition des moules
que l'on consomme.
1.2 Les manger ou pas ?
Ce n'est pas nécessairement parce que des moules sont présentes dans une région que les autochtones
les mangent. Quelques anecdotes sur certaines habitudes locales.
1.3 Qui, combien, où ?
- Des moules communautaires ! Le gouvernement va-t-il tomber ?
- Le J.T. vous dira qui mange le plus de moules dans notre pays : Flamands, Wallons ou Bruxellois ?
1.4 Depuis la nuit des temps
Préhistoire, antiquité, moyen âge, renaissance... l'Homme et la moule, c'est une bien longue histoire.
1.5 Les moules en fête
Reportages sur les kermesses aux moules et autres braderies
2.
La cuisine
2.1 C'est sain et ça ne fait pas grossir
Grasses, les moules ? Détrompez-vous ! Et de plus, le peu de graisse qu'elles contiennent sont
de " bonnes " graisses, particulièrement riches en acides gras mono-insaturés et poly-insaturés.
Les plus petits tenteront d'associer des odeurs à des aliments.
6 Moules nature
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2.2 Combien ?
Consommation moyenne annuelle de moules d'un Belge
2.3 Accommoder les moules
Recette de moules nature. Bon appétit ! (découvrez également 20 recettes sur notre site web)
Quels sont les ingrédients pour la recette des moules nature ?
À déposer dans une casserole...
2.4 Supplice dans la casserole
Il n'y a pas de raison de penser qu'une moule soit consciente de ce qui lui arrive. Son système
nerveux semble bien trop élémentaire pour cela. Elle a des nerfs mais pas de cerveau.
2.5 N'en manger que pendant les mois en " r " ?
Autrefois, on ne trouvait des moules dans le commerce que pendant les mois en " r ". En été, sans fri-
gos ni véhicules rapides, le transport et la conservation des moules étaient périlleux. Mais aujourd'hui
tout a changé, et en bien...
2.6 " Impériales " ou " jumbos ", que choisir ?
Les catégories se réfèrent au calibre des moules ; question de taille, pas de qualité !
2.7 Moules blanches, moules orange : mâles, femelles ?
C'est peut-être tout simplement une variation de coloration individuelle, d'origine génétique. Un peu
comme, chez les humains, il y a des bruns et des blonds.
2.8 Finies les complications !
Aujourd'hui, les moules disponibles sur le marché sont prêtes à cuire. Fini le grand nettoyage !
2.9 Les déchets des uns font le bonheur des autres
Une 2ème vie pour les coquilles vides : elles servent de support pour le naissain d'huîtres.
3.
Producteurs et consommateurs
3.1 Pas de moules belges
Nous ne produisons pas de moules. Nous importons toutes celles que nous mangeons.
3.2 Producteurs et consommateurs
Quelle quantité de moules importons-nous chaque année ? ± 60.000 tonnes, pour l'essentiel venues
des Pays-Bas.
Et les autres pays... venez peser des sacs de moules frappés du drapeau du pays producteur.
3.3 Risques de surexploitation ?
Attention à la surexploitation ! La récolte du naissain en Hollande commence à poser problème.
3.4 La mytiliculture
Il existe trois méthodes d'élevage très différentes : la hollandaise, la française et la galicienne.
À lire en annexe p. 23 : Mytiliculture
Moules nature 7
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3.5 Les différences
Les chocs des vagues rendent les coquilles plus épaisses. Selon la technique d'élevage, nous obtien-
drons une coquille plus ou moins épaisse.
Laquelle de ces trois moules pâtit le plus des coups de boutoir des vagues ?
4. Les moules et l'économie
Quelques infos clé sur l'importance des moules.
Thème 2 - Moules inspiratrices des arts
Vous voici dans la galerie d'oeuvres d'art où vous pourrez admirer la Belle. Dans sa casserole Broodthaer-
sienne, par exemple.
Casserole de Broodthaers
1.
Art contemporain
Interview de Marie Gilissen, veuve de l'artiste Marcel Broodthaers, au sujet de la fameuse " casserole
de moules "
2.
Beaux-arts
Reproduction d'une douzaine d'oeuvres d'époques et de cultures différentes
3.
Atelier
Sur l'ardoise magique, les enfants pourront s'en donner à coeur joie !
Thème 3 - Auxiliaires de la médecine
1.
La colle des moules : bio-performances
Comment la moule réussit-elle à adhérer à des surfaces non propres et sous l'eau ?
À lire en encadré dans le dossier de biologie p. 18 : Moule pot de colle
1.1 Le pied !
Le pied sert à se déplacer, à explorer le substrat et à fabriquer les filaments du byssus.
Le pied en action
1.2 Byssus et fixation
La moule se fixe à l'aide de ses filaments du byssus, terminés par un point de colle naturelle.
Puzzle anatomique
8 Moules nature
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1.3 Colle instantanée biocompatible
En imitant la colle des moules, on peut faire une colle biocompatible qui pourrait servir à réduire une
fracture osseuse ou remplacer les fils de suture.
2.
La nacre médicale
2.1 Réparation osseuse
La nacre stimule la régénération des tissus osseux. Aujourd'hui, des essais sont effectués dans le
domaine médical et les résultats sont très encourageants.
2.2 Des précurseurs, il y a 2000 ans !
Les Mayas fabriquaient de fausses dents en nacre qui se soudaient à l'os de la mâchoire. Nacre et os :
même combat. Il y a des analogies de structure entre les deux matières.
À lire en annexe p. 26 : La nacre - un remède miracle
2.3 Où trouve-t-on la nacre ?
Chez certains mollusques comme l'huître, la moule, le burgau... Mais pour pouvoir exploiter la nacre,
celle-ci doit avoir une certaine épaisseur. Le mollusque le plus approprié médicalement est l'huître
perlière géante du genre Pinctada.
2.4 Nacre et coquille
La nacre est la substance irisée qui tapisse l'intérieur de la coquille. C'est du carbonate de calcium.
On en trouve chez les huîtres et les moules mais aussi chez d'autres mollusques.
2.5 La biominéralisation
L'utilisation médicale de la nacre démontre qu'elle contient des substances diffusibles, des molécules
" signal ", capables de stimuler dans l'os les cellules responsables de sa croissance.
Thème 4 - Complices de votre beauté
1.
La nacre
1.1 Boutons de nacre : le luxe devenait abordable
Au 19ème siècle, la coquille d'une moule d'eau douce était utilisée pour faire des boutons de nacre.
C'était une entreprise tellement florissante, aux Etats-Unis notamment, que les bancs de moules
utilisés à cet effet ont été quasiment éradiqués dès 1930 !
2.
Soie de mer, la soie des rois
Le plus rare et le plus cher des textiles était confectionné avec les filaments du byssus d'une grande
moule méditerranéenne appelée Pinna nobilis.
Admirez un des 50 objets ayant traversés les âges !
À lire en annexe p. 27 : Nacre, perle et soie
Pinna nobilis dans son milieu naturel
- Pinna nobilis : spécimen de la collection de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique
- Gant en soie de mer : spécimen prêté par le Muséum d'Histoire naturelle Naturalis (Pays-Bas)
Moules nature 9
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3.
Les perles
3.1 Perles naturelles : des déchets précieux
La perle est une réaction naturelle du mollusque qui combat une irritation.
Moulette et la perle : conte pour les plus petits
3.2 Perles de culture, l'esclavage des coquillages
Décidément, l'homme adore forcer la nature ! Il a développé diverses techniques pour obliger certains
bivalves à produire des perles en introduisant une impureté sous leur manteau.
3.3 À qui sont ces perles ?
Tous les mollusques produisant de la nacre sont capables de produire des perles mais elles sont loin
d'être toutes réussies et utilisables.
Enfants " chercheurs de perles "
3.4 Vraies ou fausses perles
Vu de l'extérieur, ce n'est pas évident...
3.5 Soignez vos perles
Ce qu'il (ne) faut (pas) faire avec vos précieuses perles...
3.6 C'est fou ce qu'on peut faire avec une moule !
Clin d'oeil sur différentes créations " artisanales " (chacun ses goûts).
3.7 Nos perles à nous
Et bien oui ! Il existe une moule perlière belge. Elle se nomme Margaritifera margaritifera et vit en eau
douce.
3.8 Programmes de restauration de la moule perlière
Très sensible à la qualité de l'eau, notre moule perlière est en voie de disparition. Heureusement que
l'Europe se mobilise.
À lire en annexe p. 25 : Margaritifera margaritifera
Thème 5 - Les moules dans leur milieu
Qui n'a jamais vu des bancs de moules accrochées aux épis sur nos plages belges ? Elles y trouvent
une température modérée et une eau riche en matières organiques.
1.
Cadence infernale
Comment survivre à la marée basse ? Comment s'ouvrir et se fermer au bon moment ? Les muscles
des moules sont très puissants et servent à fermer les valves de la coquille.
A vous de jouer : testez la force des muscles d'une moule en pénétrant à l'intérieur d'un coquille
géante !
10 Moules nature
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2.
Chaud, froid ?
Voir la température atteinte par la coquille d'une moule émergée par un après-midi d'été ou celle d'une
moule presque gelée vous permettra de comprendre que la moule peut résister à d'incroyables différen-
ces de température.
3.
Le coeur qui bat
Le coeur de la moule est bien différent de celui de l'homme. De plus, un liquide incolore tient le rôle du
sang.
Echographie d'un battement de coeur d'une moule
4.
Respirer dans l'eau
Comment respirer sous l'eau ? Grâce à des branchies. Mais la moule les utilise aussi pour filtrer les
particules alimentaires qu'elle amène ensuite à sa bouche.
4.1 Filtre " haute performance "
Une moule filtre une grande quantité d'eau par heure.
- Mécanisme de filtration (images de synthèse)
- Les moules rendent l'eau claire.
4.2 Vous avez dit plancton ?
De quoi se nourrit la moule ? Que sont ces particules en suspension qu'elle filtre ? Il s'agit du plancton.
Différents spécimens du plancton animal et végétal sont exposés sous des loupes et illustrés par
des dessins et des photos.
5.
Bio-indicateurs de pollution
On utilise les moules pour surveiller les taux de pollution marine car, en filtrant l'eau, la moule concentre
toutes sortes de composés : métaux lourds, algues toxiques, produits radioactifs...
Moules vivantes dans un aquarium à basse température
6.
Être mangé - toute la gamme des relations interspécifiques
Les moules ne vivent pas leur existence de manière solitaire, elles sont en interaction avec les
nombreux animaux qui les entourent. Mutualisme, parasitisme, prédation ou encore commensalisme.
Vous pourrez observer un petit crabe commensal " plastiné ".
- Balane en action
- Film d'horreur : l'étoile de mer attaque !
7.
Comment on fait les bébés
Il existe des moules mâles et des moules femelles. Nous vous proposons des préparations microscopi-
ques montrant l'évolution de la larve à l'adulte.
Le frai des moules
Moules nature 11
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8.
Les moules envahissantes
Les larves de moules se développent dans le plancton. Elles se fixent où cela leur convient... Ce qui ne
fait pas toujours l'affaire des humains !
Portions de canalisations envahies
9.
Plus grande, toujours plus grande
Une moule grandit toute sa vie. Les stries sur sa coquille témoignent de sa croissance.
Une grande coquille de moule mesurant 11 cm - un record -. Comptez-en les stries.
10.
Les moules et leurs cousins
Mais quelle est la place des moules (bivalves) dans le monde vivant ? Quelles sont les parentés entre
bivalves ? Un arbre généalogique vous permettra de les comparer.
Pour finir !
Et moi, je n'aime pas les moules...
Quels sont vos goûts en matière de moules ? Sont-ils partagés par d'autres ou au contraire atypiques ?
Vous le saurez vite en comparant vos préférences à celles de quelques personnages publics et à celles
des autres visiteurs de l'exposition.
12 Moules nature
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Moules nature 13
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Biologie de la moule Mytilus edulis
1. Les mollusques
1.1
Caractéristiques des mollusques
Les mollusques possèdent un corps mou qui, la plupart du temps, est protégé et renforcé par une coquille. Ils
sont caractérisés par une symétrie bilatérale. Leur corps peut être divisé en trois parties principales : un
pied musculeux qui sert habituellement aux déplacements, une masse viscérale qui contient la plupart des
organes internes, un manteau qui recouvre la masse viscérale et peut sécréter une coquille. Chez de nombreux
mollusques, le manteau se prolonge et forme un compartiment rempli d'eau, appelé cavité palléale, dans
lequel baignent les branchies, l'anus et les pores excréteurs.
Un grand nombre de
mollusques utilisent une
radula, langue rugueuse en
forme de râpe, pour
ramasser leur nourriture.
La plupart des mollusques
sont marins mais certains
vivent aussi en eau douce
et sur la terre ferme. On a
décrit plus de 180 000
espèces de mollusques
dont 130 000 vivantes.
Actuellement, ce groupe
présente une énorme
variété d'espèces. On
distingue les classes
suivantes (fig. 1) :
aplacophores, mono-
placophores, polypla-
cophores, scaphopodes,
bivalves (lamellibranches),
gastéropodes et cépha-
Figure 1 : les classes de mollusques descendraient toutes d'un ancêtre commun hypothétique.
lopodes.
1.2
Les bivalves
La caractéristique principale de cette classe est une
coquille faite de deux valves reliées par une charnière. Le
corps est comprimé latéralement et enveloppé dans le
manteau. Les bivalves ne possèdent ni tête, ni radula. Les
sexes sont différenciés.
La plupart sont des organismes filtreurs et mènent donc
une vie plutôt sédentaire. La classe des bivalves (huître,
moule, palourde...) comprend 31 000 espèces décrites
dont 20 000 vivantes. L'espèce la plus grande est le
bénitier, Tridacta gigas, (fig. 2) qui peut mesurer jusqu'à
135 cm. La moule est incontestablement le représentant le
Figure 2 : Tridacna gigas ­ Bénitier géant
plus connu de ce groupe.
14 Moules nature
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1.3
Phylogénie de la moule
En systématique, on classe la moule comme suit :
Embranchement : Mollusques
Classe : Bivalves
Sous-classe : Ptériomorphes
Ordre : Mytiloidés
Famille : Mytilidés
Genre : Mytilus
Espèces :
· Mytilus edulis (moule commune)
La moule commune se rencontre dans les zones des marées des mers tempérées des hémisphères nord et
sud et est très fréquente chez nous. La taille adulte varie de 5 à 12 cm et peut atteindre exceptionnellement
22 cm.
· Mytilus galloprovincialis (moule de Méditerranée)
L'aire de répartition de la moule de Méditerranée s'étend de la Norvège à la mer Méditerranée. Son habitat
est identique à celui de la moule commune, toutefois elle affectionne les zones rocheuses.
· Mytilus californianus (moule de Californie)
La moule de Californie est présente de l'Alaska jusqu'au sud de la Californie jusqu'à une profondeur de 24
m. Le plus grand spécimen peut atteindre 25 cm de long.
2. Organisation de la moule
2.1 La coquille
La coquille (fig. 3) est formée de deux valves ovales et convexes reliées par une charnière. Celles-ci présentent
des stries concentriques, témoins de leur
croissance. Le côté postérieur est la partie la
plus ancienne de la coquille.
La coquille est constituée de trois couches (fig.
4) :
-
Une couche extérieure sombre et fine
(périostracum) protège la coquille contre les
acides dissous dans l'eau. Elle est formée d'une
protéine, la conchyoline, proche de la chitine
présente dans la cuticule des insectes. C'est la
même substance qui constitue la charnière.
-
Une couche plus épaisse (ostracum), sous
la couche extérieure, faite de crist aux
Figure 3 : coquille et orientation
prismatiques de carbonate de calcium (calcite)
imbriqués dans un réseau protéinique.
-
Une couche intérieure de nacre est
également constituée de cristaux de carbonate de calcium superposés en plusieurs couches fines
et imbriqués dans une trame de conchyoline (aragonite).
Le bord du manteau sécrète les deux premières couches et assure la croissance en largeur de la coquille,
tandis que l'ensemble du manteau produit la couche de nacre et assure la croissance en épaisseur.
Les valves de la coquille sont maintenues fermées par la contraction de muscles : le muscle adducteur
antérieur et le muscle adducteur postérieur. Le muscle postérieur est le plus développé. Là où les
Moules nature 15
dossier didactique












muscles du manteau se fixent sur la coquille apparaissent des
empreintes. L'ensemble de celles-ci est appelé « impression palléale »
(fig. 5).
Quand un corps étranger (grain de sable, parasite...) se niche entre la
coquille et le manteau, celui-ci recouvre l'impureté de couches de
nacre, ce qui provoque un grossissement local de la coquille et
éventuellement la formation d'une perle. La perle proprement dite
apparaît quand le corps étranger est entièrement entouré de nacre.
Figure 4 : coupe de la coquille
Figure 5 : face interne des valves (de W. Deconinck, 1971)
e Quel trésor peut cacher un bivalve ? Que protège-t-il fermement serré entre ses deux coquilles ? Une
h petite bille formée de fines couches de nacre superposées ...une perle bien sûr !
c
a

Mais les bivalves ne produisent pas les perles dans un but esthétique ! Réel stratagème de
v
défense développé par le coquillage, il s'agit d'une protection contre les corps étrangers qui
viennent se glisser sous ses valves. Grains de sable, petits vers ou autres parasites sont ainsi
enrobés de couches de nacre sécrétées par les cellules du manteau. Ce n'est qu'après quelques
années qu'une délicate perle aura entièrement isolé l'intrus.
Tous les bivalves fabriquent-ils des perles ?
Non, pas tous, mais la plupart en tout cas. Même la traditionnelle moule que l'on retrouve
dans nos assiettes fabrique parfois une minuscule perle jaunâtre !
La perle record ? Prénommée « perle d'Allah », elle mesure 23,8 cm et ne pèse pas moins de
6,4 kg ! Un plongeur la trouva en 1934 aux Philippines. Il était loin de se douter qu'à l'aube du
21ème siècle, cette trouvaille fabuleuse serait évaluée à plus de 40 millions de dollars !
De nos jours, les perles commercialisées sont des perles issues de la perliculture. C'est aux
japonais que l'on doit l'invention de cette technique : les
perles sont fabriquées à
partir d'un greffon, fragment du manteau d'un coquillage,
et d'un noyau, petite
bille sphérique. Ces éléments sont insérés ensemble
dans le
c o r p s
d'une huître ou d'une moule et le greffon commence alors
la sécrétion de nacre autour du noyau.
Quant aux perles sauvages, celles naturellement
sécrétées par un bivalve, il faut être très chanceux
pour en trouver une puisque la probabilité est de 1
sur 15 000 ! ... D'où l'expression « trouver la perle
rare ».
Une jolie fleur dans une peau d'
16 Moules nature
dossier didactique


2.2
Aperçu du corps et des différents systèmes
Figure 6 : moule sortie de sa coquille ­ côté droit (de W. Deconinck, 1971)
Figure 7 : dissection de la moule (de W. Deconinck, 1971)
Moules nature 17
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2.2.1Le pied et le byssus
Le pied, linguiforme, permet le déplacement et l'enfouissement de l'animal dans le sable. Il peut se replier
sous l'action de deux muscles rétracteurs.
A sa base se trouve la glande du byssus. Elle synthétise des filaments (byssus) qui fixent la moule à son
substrat. Une fois qu'ils sont sécrétés, les filaments se solidifient au contact de l'eau de mer.
Partons d'un constat : parvenir à fixer
quelque chose dans un milieu aqueux et
sale, de surcroît, n'est pas une évidence.
Pourtant, la moule s'y entend !
Son truc ? Son pied ! Il renferme une
glande qui fabrique le byssus, sécrétion
soyeuse permettant à la moule de coller
au substrat.
Pour y arriver, le pied sort d'entre les
valves de la coquille et tâte le terrain. Il se
fixe dans un lieu propice et commence la
sécrétion d'un fil protéique. Le fil terminé
et durci au contact de l'eau salée, le pied
se détache pour recommencer l'opération
un peu plus loin. L'ensemble de ces fils
forme un système d'ancrage très
Moule pot de colle résistant.
Cette colle miracle intéresse particulièrement le monde médical qui voit en elle la solution à
bien des problèmes de médecine interne.
Comme pour la nacre, le mécanisme physico-chimique du phénomène fait l'objet d'études fondamentales.
Exploiter le byssus naturel serait bien trop coûteux : en effet, il faut 10 000 moules pour obtenir 1g de colle.
Imaginez l'hécatombe !
La recherche s'oriente donc vers le clonage des gènes de moules avec pour challenge l'identification de
toutes les protéines entrant dans la composition du fil de byssus. Ceci rendrait la production plus économique
et ne nuirait pas aux populations de moules existantes.
2.2.2 Le système digestif
La moule est un organisme filtreur. Elle
ne possède plus de radula. Elle se nourrit
de fines particules en suspension dans
l'eau (phytoplancton, bactéries...).
Celles-ci sont retenues grâce au mucus
qui tapisse les branchies. Sous l'eau, la
moule s'ouvre légèrement et un courant
d'eau pénètre via le siphon inhalant dans
la cavité palléale. Le siphon exhalant
propulse ensuite l'eau hors de la cavité
palléale (fig. 8). Le courant d'eau est
entretenu par les nombreux cils
vibratiles des branchies. Ceux-ci
assurent également un courant perma-
nent de mucus amenant la nourriture
vers les palpes labiaux et ensuite vers
Figure 8 : nutrition (de P. Brien, 1966)
la bouche. Seules les plus fines
particules sont ingérées et digérées par le système digestif. Les plus grosses particules sont rejetées.
18 Moules nature
dossier didactique


2.2.3 Le système respiratoire
Les échanges d'oxygène se font par l'intermédiaire des
branchies. L'eau chargée en oxygène dissout pénètre dans
la cavité palléale via le siphon inhalant. Elle est filtrée par
les filaments des deux paires de branchies lamelleuses
avant d'être évacuée par le courant exhalant (fig. 9).
L'oxygène ainsi capté pénètre dans l'hémolymphe pour
être distribué dans tout l'organisme. Lorsque la moule se
retrouve à l'air libre, elle ferme sa coquille et passe à une
respiration anaérobie (respiration réalisée par certains
organismes en l'absence d'oxygène).
2.2.4 Le système circulatoire
L'appareil circulatoire est relativement simple. On y
trouve un coeur dorsal (enveloppé par le péricarde) qui
Figure 9 : système respiratoire (de Gosling, 2003)
comprend deux oreillettes latérales et un ventricule.
L'hémolymphe (mélange de sang et de lymphe),
chassée dans deux aortes, est distribuée aux différentes parties du corps par un réseau de vaisseaux
sanguins. Ce système artériel aboutit à des espaces libres sans parois propres : les lacunes.
L'hémolymphe n'est plus, à ce moment, canalisée en un système de vaisseaux individualisés. Elle gagne
ensuite les reins, où elle est purifiée, avant de pénétrer dans les branchies. Dans ces organes, elle
s'enrichit alors en oxygène (O ) et se décharge en gaz carbonique (CO ). Une fois oxygénée,
2
2
l'hémolymphe rejoint les oreillettes du coeur.
A ce circuit principal se superpose un circuit accessoire. En effet l'hémolymphe qui circule dans le
manteau a la possibilité de suivre une voie de retour directe au coeur sans passer par les reins ni les
branchies. Lors du passage dans le manteau, un échange d'oxygène et de gaz carbonique a lieu
également (fig. 10).
Figure 10 : système circulatoire (de W. Deconinck, 1971)
2.2.5 Le système excréteur
L'excrétion est réalisée par une paire de reins (néphridies) qui acheminent les déchets de l'hémolymphe vers
la cavité palléale. Ceux-ci sont ensuite rejetés dans l'environnement de l'animal par le courant d'eau exha-
lant.
Moules nature 19
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2.2.6 Le système nerveux
Le bord du manteau est tapissé de
cellules nerveuses sensibles à la
température, aux substances chimiques
et à la lumière. Le système nerveux est
réduit à trois paires de ganglions nerveux
situés sur la tête, le pied et les viscères
(fig. 11).
2.2.7 La reproduction
La moule est sexuellement différenciée.
Pendant la période de reproduction, les
ovules de la femelle sont libérés dans la
cavité palléale où ils sont fécondés par
les spermatozoïdes. Ces derniers,
déversés dans l'eau par les individus
mâles, sont entraînés dans la cavité de
la femelle par la circulation d'eau
entrante. La fécondation est donc
Figure 11 : système nerveux (de W. Deconinck 1971)
externe. Les oeufs très nombreux
(environ 500 000) donnent deux stades larvaires successifs : trochophore et véligère. La larve trochophore
se transforme en larve véligère en 24h. Celle-ci se fixe sur un substrat après 2 à 3 semaines, se
métamorphose en jeune moule et devient adulte au bout de 2 ans.
3. Ecologie de la moule
3.1 Habitat
La moule se rencontre principalement dans les zones des marées
des mers tempérées des hémisphères nord et sud.
Elle colonise l'estran, zone qui s'étend de la ligne du flux maxi-
mum (vives-eaux) à la ligne de reflux maximum (mortes-eaux)
(fig. 12). Dans cet espace libéré régulièrement par la mer, les
conditions de vie sont difficiles. Les organismes vivants sont
recouverts d'eaux ou asséchés, suivant les variations journalières
de flux et de reflux. Les zones les plus hautes ne sont couvertes
que lors des marées de vives-eaux. Les zones les plus basses
ne sont découvertes que lors des marées de mortes-eaux.
Dans ces zones de marées, la moule peut coloniser et couvrir de
vastes espaces (bancs de moules).
Figure 12 : zones des marées
3.2 Adaptations aux conditions extrêmes de vie
La moule est capable de vivre dans les zones des marées grâce à une série d'adaptations :
-
Son corps est protégé par une coquille.
-
Elle s'accole à d'autres moules et se fixe sur un substrat. En se groupant de la sorte, l'impact
des vagues se fait moins ressentir (ressac).
-
Elle filtre sa nourriture de l'eau sans devoir se déplacer.
-
Lorsque le niveau de l'eau descend, la moule retient l'eau en fermant ses valves. Elle est
protégée contre le dessèchement, l'air, la lumière et la prédation. Quand l'oxygène vient à
manquer dans l'eau ainsi retenue, la moule passe à un mode de respiration anaérobie.
20 Moules nature
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-
Elle résiste à de nombreux facteurs abiotiques (température, salinité...) ce qui permet de la
retrouver dans la zone la plus élevée de l'estran.
3.3 Mortalité et prédation
Différents facteurs influencent la mortalité et la dispersion des populations de moules : la température, le
dessèchement, les tempêtes et mouvements des vagues, la salinité, les compétitions intra- et
interspécifiques et la prédation.
La prédation est la plus importante cause de mortalité.
De nombreux prédateurs sélectionnent préférentiellement les moules d'une certaine taille et déterminent
ainsi la taille moyenne des moules au sein d'une population donnée.
Les prédateurs les plus importants sont :
- L'escargot pourpre (Nucella lapillus) se nourrit de moules
dans la zone des marées basses et moyennes,
principalement au printemps et en été. Chaque escargot
mange entre 0,1 et 0,6 moule par jour. Les moules se
protègent contre ce prédateur en l'immobilisant dans les
filaments du byssus.
-
L'étoile de mer (Asterias rubens) chasse principalement sous
l'eau dans les zones à marée basse. Elle préfère les moules
de grande taille (7 cm). La population d'étoile de mer s'accroît
démesurément à intervalles réguliers et peut provoquer la
disparition d'une fraction très importante de population de
Escargot pourpre
moules.
-
Le crabe est le plus féroce des prédateurs. Les moules de
petite taille sont les plus exposées. Leur vulnérabilité décroît
au fur et à mesure de leur croissance.
-
L'huîtrier pie et le canard eider consomment de grandes
quantités de moules pendant les mois d'hiver. Un vol d'eiders
peut consommer environ 4 500 moules/m2 pendant 60 jours.
Leur influence sur les populations de moules est donc majeure.
D'autres oiseaux sont également prédateurs de moules : le
goéland et la corneille.
-
Les poissons plats comme le flétan, la plie et la limande
apprécient également les moules.
Huîtrier pie
Plie
Eider
Moules nature 21
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Annexes
22 Moules nature
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e
La mytiliculture est l'élevage de moules.
ur
Elle se pratique en milieu naturel sans
apport de nourriture.
méthode aux bouchots
Mytilicult
Il existe trois grandes méthodes d'élevage
1. La méthode aux
2. La culture sur le fond
3. La méthode de culture
bouchots (à la française)
ou en parcage (méthode
sur filière suspendue en
zélandaise)
pleine eau (méthode
Cette culture sur pieux de bois, les
galicienne)
« bouchots », est la plus ancienne
Le naissain est prélevé dans la mer
(13ème S.). Le mytiliculteur dispose
des Wadden et répandu sur le fond
Le naissain est récolté sur les
sur les bouchots de captage des
où il se fixe.
rochers ou en mer, après
cordes en fibre de coco qui vont
Vers 6 à 12 mois, les moules sont
déploiement de cordes spéciales
fournir un support à la fixation des
récoltées pour ensemencer les
qui l'attirent, ou récolté à l'aide de
lar ves sauvages. Les pieux
parcs situés en eau plus profonde.
tuiles immergées sur lesquelles
enfoncés dans le sable,
La récolte se fera 2 ans plus tard,
viennent se fixer les larves de
généralement dans des baies
lorsque les moules atteignent 5 à
moules sauvages. Il est ensuite
abritées, sont proches du niveau de
6 cm. Elle se fait à l'aide de
placé dans de longs sacs enroulés
basse mer afin de permettre aux
bateaux à fond plat.
autour de cordes lestées et fixées
larves de s'y fixer naturellement.
à un cadre flottant. Les moules
Aujourd'hui, le naissain n'est plus
grandissent en pleine eau. Cette
Lorsque le naissain, c'est-à-dire les
prélevé en Zélande car il se fait
méthode permet une croissance
moules juvéniles, a une taille
moins abondant. Les
plus rapide que les deux autres (7
suffisante, les cordes sont
mytiliculteurs incriminent les re-
à 8 cm en 18 mois). Pour la récolte,
enroulées sur les bouchots
strictions écologiques imposées
il suffit de remonter les cordes à
d'élevage.
aux captures. Pourt ant, eux-
l'aide d'une grue et de détacher les
mêmes sont probablement la
moules en les secouant.
Au bout d'une année, les moules
cause du mal : prendre trop de
mesurent environ 20 mm. Les plus
naissain, c'est supprimer les
grosses seront prélevées et
adultes de demain. Et sans
transférées sur des bouchots situés
adultes...
à un niveau plus élevé de la plage.
Au bout de 3 ans, elles atteignent
la taille de 4 à 5 cm et sont
commercialisables.
méthode sur filière
méthode en parcage
Moules nature 23
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Danger : toxique !
La mytiliculture est totalement
tributaire de la qualité de l'eau de
mer. La moule, animal filtrant, peut
retenir dans ses branchies et
accumuler dans sa chair des
polluants bactériologiques ou
chimiques. Elle constitue donc un
excellent bio-indicateur étudié de
Le phytoplancton, ensemble des
très près par de nombreux réseaux
organismes végétaux qui dérivent
de surveillance.
dans les eaux, constitue la principale
nourriture des moules. Les espèces
On constate assez régulièrement
appartenant au phytoplancton sont
d'importantes proliférations de mi-
généralement microscopiques : on
cro-algues, souvent au printemps.
les appelle micro-algues.
Ces phénomènes naturels sont
parfois amplifiés par un
enrichissement accru du milieu en
éléments nutritifs apportés par les
fleuves et les eaux de
ruissellement. Certaines micro-
algues produisent des toxines qui
peuvent s'accumuler dans les
animaux marins mangeurs de
phytoplancton. Alors que ceux-ci
n'en sont pas affectés, ils
deviennent toxiques pour nous,
consommateurs. Citons entre
autres, les dinoflagellés, certains
producteurs de toxines
diarrhéiques. Les effets provoqués
par l'intoxication se manifestent
rapidement (entre 2 et 12h) sous
forme de diarrhées, douleurs
abdominales et, parfois, nausées
et vomissements.
Attention ! Ces toxines résistent à
la chaleur et à la cuisson, leur
toxicité ne diminue donc pas après
préparation. Cependant, les
moules vendues dans le com-
merce sont sans danger
puisqu'elles proviennent de zones
contrôlées. Il est, par ailleurs,
fortement déconseillé de ramasser
et de consommer des moules
sauvages sans s'être inquiété de
la qualité de l'eau où elles vivent.
24 Moules nature
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e
La moule perlière d'eau douce
(Margaritifera margaritifera1)
lièr
Jadis abondant dans nos rivières ardennaises,
aujourd'hui, au seuil de l'extinction, ce mollusque
bivalve est très sensible à la qualité de l'eau. L'habitat
idéal pour la moule perlière est un cours d'eau pauvre
en sels minéraux, propre et froid, s'écoulant sur des
sols non calcaires. Sa coquille est de forme allongée,
noire et épaisse ; on peut distinguer des bandes
d'accroissement denses et régulières. Elle mesure
entre 9,5 et 14 cm pour 3 à 4 cm d'épaisseur.
Moule per
Parcours d'une larve
Déclin et sauvetage
Cette moule d'eau
Au bout de 10 mois, la larve para-
Jadis, Margaritifera fut la proie des
douce, dont l'espérance
site quitte la truite pour s'enfoncer
chasseurs de perles. Ils faillirent
de vie peut dépasser les
durant 5 ans, dans le sédiment de
d'ailleurs lui donner le coup de
100 ans, a un dévelop-
la rivière. Mais elle n'aime que le
grâce.
pement tout à fait
sable grossier et très propre. C'est
particulier. En période de re-
le stade juvénile. Passé cette
De plus, la mauvaise qualité de
production, le mâle lâche son
période, elle ressemble alors à une
l'eau, l'accès des lits des cours
sperme au gré du courant. La
petite moule de 2-3 cm qui va
d'eau au bétail et aux machines
femelle le recueille dans sa coquille
remonter à la surface et finalement
agricoles de même que la pêche
pour la fécondation. Chaque ovule
jouer son rôle de « filtre » très utile
et la pratique du canoë-kayak ainsi
fécondé (ils sont plusieurs mil-
pour le maintien d'une eau claire
que la régression des populations
lions) se transforme en larve qui
et de qualité au sein de
de truites fario, sont autant de
commence sa vie, calfeutrée en-
l'écosystème de la rivière.
facteurs de destruction de la
tre le manteau et les organes
Margaritifera.
internes de la femelle ; c'est le
Margaritifera atteint sa maturité
stade larvaire (glochidie). Elle est
sexuelle à l'âge de 20 ans (stade
Aujourd'hui, sa protection fait
libérée deux mois plus tard et doit
adulte). Cependant, le taux de re-
désormais partie des préoc-
alors trouver une truite, la fario,
production naturelle est très faible
cupations de la Commission
pour s'installer dans ses branchies
du fait de la rareté et de la grande
européenne, de la Région wallonne
(stade parasitaire). Aucun autre
dispersion des spécimens.
et d'associations soucieuses de la
poisson ne lui convient !
sauvegarde de ce patrimoine déjà
connu et exploité sous le règne de
Jules César !
Le projet LIFE-NATURE « Moule perlière » de l'Union européenne a débuté en automne
2002. Il a pour objectif la conservation à long terme des habitats associés aux
populations de la moule perlière Margaritifera margaritifera. Alors qu'elle était largement
répandue en Europe autrefois, plus de 90% des effectifs de cette espèce ont disparu au
cours de ce siècle.
Les résultats attendus sont une amélioration significative de la qualité de l'eau, la prise
en compte des moules perlières dans les décisions stratégiques pour l'aménagement
du territoire et une amélioration des populations de poissons hôtes.
1 Porteur de perle. On l'appelle aussi mulette
Moules nature 25
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Un remède miracle
e
La nacre est la substance qui tapisse l'intérieur de la coquille
de certains mollusques comme le burgau, la moule, l'huître.
Elle est sécrétée en particulier par les cellules du manteau et
cristallise grâce à la présence d'une trame protéique
(conchyoline, proche de la chitine de la carapace des insectes).
minéralisés qui mobilisent les
à celle de l'os d'origine.
chercheurs.
La nacr
Comment ce phénomène peut-il se
Concrètement, comment
La nacr
produire ? Les deux matériaux (na-
la nacre est-elle utilisée ?
cre et os) sont pourtant très
différents mais c'est le procédé de
Constituant l'une des couches de
fabrication de ces deux tissus qui
C'est principalement la nacre de
la coquille du mollusque, la nacre
est semblable.
l'huître perlière géante du genre
est rendue lisse sous l'effet du
Aujourd'hui, le processus de
Pinctada, extraite sous forme de
frottement de l'animal. Elle a des
minéralisation du tissu osseux est
petits blocs à greffer ou réduite en
reflets irisés provenant des
déjà bien connu. Par contre, celui
poudre, qui est utilisée en chirurgie
lamelles de calcaires incolores
de la nacre recèle encore bien des
expérimentale.
(aragonite), extrêmement minces,
zones d'ombre. On sait cependant
Citons comme premier exemple,
qui décomposent la lumière. Ce
que la matière organique de la na-
les travaux dans le domaine de
sont les différences d'épaisseur
cre joue une rôle de réservoir de
l'orthopédie où des greffons de
des lamelles et leurs espacements
facteurs actifs et les chercheurs ont
nacre ont été implantés avec
variables qui déterminent les
déjà identifié les molécules
succès dans un tissu osseux ani-
différents reflets.
responsables de la
mal. Aucun rejet ni déformation
La partie épaisse de la coquille est
biominéralisation. Voilà qui est très
n'ont été constatés. On observe
composée d'une autre variété de
encourageant et promet de
sur et autour de l'implant une ac-
calcaire : la calcite.
grandes avancées en matière de
cumulation des éléments
Les qualités physiques de la na-
chirurgie réparatrice osseuse.
constitutifs de l'os (ions de cal-
cre, sa dureté et sa grande
cium et phosphate). Le processus
ressemblance aux tissus
de reconstruction passe par une
minéralisés complexes tels ceux
phase d'érosion de la surface de
qui constituent les os et les dents,
l'implant suivie par le phénomène
Il y a 2000 ans déjà, les Mayas
ont retenu l'attention du monde
de construction / résorption pour
avaient découvert que la nacre
scientifique depuis longtemps
obtenir une soudure en dents de
pouvait servir de substitut aux
déjà. Physiciens, minéralogistes et
scie os-nacre. La « repousse » de
dents. Un crâne amérindien,
biologistes travaillent de concert
l'os s'est effectuée dans les inter-
découvert au Honduras dans les
afin de comprendre les
stices creusés dans la nacre. Ce
années trente, en est la preuve :
mécanismes de minéralisation des
processus démarre dès
sur la mandibule inférieure on
coquilles en vue de découvrir des
l'implantation du greffon ; il durera
distingue trois incisives taillées
analogies avec d'autres structures
plusieurs mois en fonction de la
dans la nacre, soudées à la
biologiques minéralisées telles
taille du greffon.
mâchoire par un tissu mixte d'os
l'émail, l'ivoire, les dents et les os.
et de nacre. Les deux structures
Plus précisément, c'est la
La nacre micronisée est, quant à
sont tout à fait compatibles.
compatibilité biologique entre la
elle, mélangée à un liant (comme
Cette biominéralisation
nacre et le tissu osseux, et la
le sang du receveur). Elle servira
(cristallisation sur matrice
croissance de ces tissus
à combler des manques dans un
organique) est organisée comme
tissu osseux atteint d'ostéoporose,
un mur de briques, les cristaux
de parodontose ou abîmé à la suite
étant les briques, cimentées par les
d'un accident. Progressivement,
protéines. Cette disposition confère
cette poudre de nacre disparaîtra
à la nacre son exceptionnelle
complètement pour laisser place
résistance.
à l'os nouveau. Ce mécanisme de
Sources :
reconstruction appelé « ostéo-
The first Endosseous Alloplastic Implant
genèse » confère à la partie
in the History of Man ; Prof. Amadeo
Bobbio, Sao Paulo, Brazil.
régénérée une densité supérieure
La nacre, substitut de l'os ; E. Lopez ­ S.
Berland ­ S. Borzeik ; Pour la Science ­
26 Moules nature
N° 301 novembre 2002.
dossier didactique





Parures d'une moule bien coquette !
Plus grand bivalve au monde après le bénitier, la
grande nacre peut dépasser le mètre ! Elle est à
la base de la fabrication d'une étoffe de luxe, la
soie de mer.
La grande nacre est inféodée aux
individu possède les deux sexes,
le et soie
herbiers de posidonie, plantes
mais qu'il passe par une période
marines qui forment de vastes
de maturation sexuelle mâle et
prairies à faible profondeur le long
femelle en alternance. L'émission
des côtes méditerranéennes. Ces
asynchrone des gamètes mâles et
La grande nacre (Pinna
herbiers constituent un habitat, un
femelles empêche l'auto-
nobilis), aussi appelée
refuge, ainsi qu'une source de
fécondation des nacres. La
per « jambonneau de mer », nourriture pour la grande nacre et fécondation doit se faire de
est le deuxième plus
les quelques milliers d'autres
manière croisée et n'est possible
e, grand bivalve au espèces animales et végétales qui que lorsqu'il y a présence
monde, derrière le
y vivent.
simultanée de deux nacres en
bénitier géant (Tridacna
phase sexuelle op-
gigas). La forme
posée.
caractéristique de sa
coquille lui vaut le nom
L'activité sexuelle se
de « jambonneau » :
Nacr
déroule de juin à août
une coquille trian-
tandis que le reste de
gulaire, dont le bord
l'année constitue une
antérieur est arrondi et l'extrémité
phase de repos.
effilée. Elle possède des épines,
excroissances calcaires qui
Après la fécondation,
disparaissent chez les individus
l'oeuf se développe de
adultes.
Herbiers de posidonie (Posidonia oceanica)
manière classique,
passant par deux
La grande nacre surprend par sa
La sexualité de Pinna nobilis est
stades larvaires planctoniques
taille, qui varie de 20 à 80 cm.
assez particulière. Il s'agit d'un
(trochophore et véligère) avant de
Certains spécimens atteignant le
organisme « hermaphrodite
s'ancrer dans le sol et de se
mètre ont déjà été récoltés ! Elle
successif à maturation asyn-
métamorphoser en jeune moule :
peut vivre jusqu'à 20 ans, ce qui
chrone ». Cela signifie que chaque
le naissain.
lui permet d'atteindre une taille
aussi exceptionnelle.
Pinna nobilis est une espèce
endémique du bassin méditer-
ranéen. On la retrouve cependant
Une étonnante cohabitation...
aussi le long des côtes
marocaines, portugaises et
Pinna nobilis abrite plusieurs petits crustacés
espagnoles. Elle s'installe sur les
mutualistes, notamment des crabes du genre
fonds sablonneux, entre 0,5 et 50
Pinnotheres et des crevettes du genre Pontonia.
mètres de profondeur. Elle vit
Chacun profite de cette association : la Nacre
enfoncée dans le sédiment sur
fournit aux crustacés des particules nutritives
environ un tiers de sa longueur et
tandis que ceux-ci constituent un excellent signal
se maintient en position verticale
du danger pour le bivalve. Il semble en effet que
grâce à son byssus (sécrétion
les petits crustacés vivent à l'extérieur de la
filamenteuse) qui l'ancre
coquille, mais s'y réfugient lorsqu'un danger
solidement dans le substrat.
menace, touchant ainsi le manteau du mollusque
et provoquant la rétraction des muscles et la
fermeture des valves.
Moules nature 27
dossier didactique





La nacre, fabricant de soie
durée de 24 heures dans un jus de
La moule de prédilection
haut de gamme !
citron pour leur conférer leur éclat
des plongeurs...
doré, les fils
ser vaient à
Quel plongeur ne s'est pas déjà
fabriquer des
émer veillé devant les
gants et des
rassemblements de nacres,
bonnets. Les
byssus
véritables champs en eau peu
s c a p h a n d r e s
profonde ? Ce n'est cependant plus
n'existant pas à
qu'un vague souvenir car les
l'époque, il
populations de nacres sont en forte
fallait remonter
régression. Ces champs ont
le coquillage
aujourd'hui, pour la plupart,
depuis une
disparu ou ne s'observent plus que
barque, à l'aide
dans des zones protégées. Depuis
de chaînes, de
l'avènement de la plongée sous-
perches et de
marine, dans les années 50, la
grappins.
grande nacre tend à se retrouver
Même si ses perles et sa chair ont
plus souvent dans les vitrines de
été utilisées à des fins
collectionneurs que dans son
commerciales, c'est
milieu naturel !
principalement pour son byssus
A cela s'ajoutent les destructions
que la grande nacre a longtemps
par les ancres de bateaux, les
été exploitée. Aussi étonnant que
pollutions d'origine urbaine et
cela puisse paraître, ce byssus,
industrielle qui ont également un
fait de filaments longs, solides et
impact sur les populations.
soyeux, était utilisé dans l'industrie
textile. On l'employait pour
Mais Pinna nobilis est aujourd'hui
La grande nacre : fabricant
fabriquer un tissu à l'éclat
de soie haut de gamme!
protégée : toute activité de pêche
métallique, de couleur bronze doré,
ou récolte par des plongeurs est
L'exploitation de la soie de mer a
qui lui a valu le nom de « soie de
interdite. Des programmes sont en
perduré jusqu'aux environs de
mer ». Ce tissu d'une extrême
cours pour tenter de réintroduire la
1900. Elle s'est ensuite arrêtée,
légèreté, rivalisait de finesse avec
grande nacre dans les zones
bien que l'Italie fasciste de
la soie naturelle.
littorales où elle a disparu. Cette
Mussolini l'ait ressuscitée
espèce serait utile pour le contrôle
brièvement. Aujourd'hui, seul une
L'industrie du byssus de la grande
de la santé du littoral
artisane2 de Sardaigne exploite
nacre remonte à l'Antiquité.
méditerranéen car elle est
encore le byssus de la nacre pour
Depuis, on en trouve la trace un
considérée comme un excellent
en faire de la broderie.
peu partout dans le monde : de la
indicateur biologique, au même
robe d'un satrape1 d'Arménie, aux
titre que les herbiers à Posidonia
habits des rois et reines du 14ème
oceanica, son biotope de
siècle, en passant par une paire
prédilection.
de bas offerte au pape Benoît XV.
D'après certains historiens
modernes, ce précieux fil serait
même à l'origine de la légende de
la fameuse toison d'or de la
mythologie grecque !
La soie de mer, rare et donc très
coûteuse est digne des étoffes de
rois : environ 1000 moules étaient
nécessaires pour obtenir 200 à 300
gr de soie. On l'exploitait à Malte,
dans la région de Naples, sur les
côtes de Calabre et de Sicile, où,
après être lavés, séchés, peignés,
cardés, filés et trempés pour une
1 Haut dignitaire de l'empire perse
28 Moules nature
2 Chiara Vigo : http://www.designboom.com/eng/education/byssus_chiara.html
dossier didactique





Bibliographie
Sites web
Histoire
www.oldcook.com: La gastronomie médiévale patrimoine culturel européen. Europe médiévale des cuisiniers,
des manuscrits et livres de cuisine. (FR)
Nutrition
www.nubel.com: Table de composition des aliments. (FR-NL)
Surveillance sanitaire ­ bioindicateurs
www.ifremer.fr
www.ifremer.fr/lern/Pages/fichier/contaminants2003.pdf : Suivi de la contamination métallique et organique
de deux lots de moules ( Mytilus edulis) implantés au port de Goury et à l'Anse des Moulinets (Manche). (FR)
www.suivi-erika.info/etudes/projet.php?theme=8&etude=37 : études écotoxicologiques sur la moule suite
au naufrage de l'Erika.
Mytiliculture
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