Institut royal des Sciences naturelles de Belgique

Table des matières

Avant-propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 Recherche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 Collections . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11 Muséum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 Année internationale de la biodiversité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 Facts & figures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 Organigramme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 L’IRSNB en bref . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

Institut royal des Sciences naturelles de Belgique

Avant-propos

2010 aura été une année hors normes à plusieurs titres.

L’Annéeinternationaledela biodiversité s’est conclue par un bilan très positif des négociations autour de la Convention sur la diversité biologique (CBD), avec 47 accords engrangés à Nagoya. Le multipartisme a porté ses fruits dans cette matière complexe qui nécessite un large consensus et surtout un engagement universel.

L’Institut s’est engagé sans réserve dans cette Année

internationale proclamée par l’ONU, qui avait l’ambition de

stopper la perte de biodiversité. Toutes nos composantes

Recherche, Collections, Muséum… – y ont contribué par des avis et expertises, des outils d’information et d’éducation, des actions de sensibilisation cherchant à engager nos concitoyens dans l’action concrète et informée. En tant que Point Focal CBD, nous avons aussi participé activement

aux négociations à Nagoya. Nous sommes fiers et heureux

d’avoir apporté, à notre manière et à notre mesure, une

pierre à l’édifice.

Toutes ces activités supplémentaires n’ont pas pesé sur notre production scientifique. Les publications se maintien-Institut nent à un niveau élevé. La numérisation des collections se

royal des

poursuit à bon rythme. L’étude des collections a apporté

Sciences naturelles son lot de surprises, de la date de domestication du chien

de Belgique

au bébé néandertalien. Les étudiants de master, les docto-

Rapport

rants sont particulièrement nombreux cette année, tant en

annuel

2010 biologiequ’enpaléontologie:lesliensnombreuxetfertiles entre l’Institut et les Universités sont basés sur une complé2 mentarité appréciée. Le rôle d’expertise de l’Institut s’est

également amplifié, en ligne avec les engagements de la

Belgique en matière de politique environnementale, par exemple en effectuant les études d’impact environnemental des éoliennes en mer.

La rénovation du Muséum est un travail de longue haleine. Une bonne moitié du programme est maintenant réalisée, et nous avons bon espoir d’achever dans les années qui viennent les expositions de référence qui manquent encore sur l’Homme et son évolution, sur la Terre, sur notre planète vivante. La fréquentation du Muséum a diminué par rapport au pic historique que nous avons connu lors de la réouverture de la Galerie des dinosaures. Mais dans le même temps, nos activités hors les murs connaissent une croissance spectaculaire. Parmi elles, notons un nouvel acteur : XperiLAB.be, un camion qui offre la possibilité d’expérimenter la pratique des sciences jusque dans les zones les plus isolées de Belgique. Au total, le Muséum aura touché plus de 600 000 personnes en 2010 !

Pourtant, paradoxalement, le personnel statutaire diminue petit à petit, même si l’effectif global croît légèrement. En revanche, il rajeunit. Il se féminise aussi, notamment dans les carrières scientifiques. Produire de nouvelles connaissances, les partager, les rendre utiles à la société, ne serait pas possible sans le talent et la motivation de tous. Une organisation simplifiée, souple et créative, orientée vers les objectifs et les résultats, doit soutenir cette action et ouvrir des perspectives d’avenir. Verrons-nous sa mise en place en 2011 ? C’est mon vœu le plus cher.

Camille Pisani, Directeur général

SYSTÉMATIQUE ET TAXONOMIE

Voici quelques-uns des nombreux projets menés en 2010.

ANTHROPOLOGIE ET PRÉHISTOIRE

Des restes d’animaux témoins de l’histoire humaine

Grâce à nos archéozoologues, on sait maintenant qu’une partie de la ville antique de Sagalassos (Turquie) a été abandonnée à la fin du VIe siècle. Étudiant les restes d’animaux provenant des ruines de bains romains, ils ont montré qu’il s’agissait d’ossements provenant de pelotes de réjection de Hiboux grand-duc.Commeces animaux cohabitentrarement

avec l’homme, leur présence sur le site signifie donc que les

bains n’étaient plus utilisés à cette date. Une datation au C14

a suffi pour situer cet événement avec précision. L’analyse

d’autres produits de fouilles a par ailleurs démontré que la proportion de bœuf dans l’alimentation augmentait en période de calme et de prospérité, la chèvre et le mouton étant plus présents dans les temps plus troublés. Il y avait donc un lien entre les variations de la consommation alimentaire

des habitants et les fluctuations politiques. Cette recherche,

encore en cours, fait partie d’une étude multidisciplinaire, financée par la Politique scientifique fédérale, visant à élucider les interrelations entre les changements sociaux de

la fin de l’Antiquité au début du Moyen Âge d’une part, et

l’économie et l’environnement d’autre part.

Nous avons encore découvert de nouvelles espèces !

Trouver une nouvelle espèce est le rêve de tout biologiste.

Et c’est plutôt rare, surtout pour les vertébrés. Pourtant l’an dernier déjà, un de nos chercheurs avait identifié pas moins

de huit nouvelles espèces de souris ! Cette année encore, nos taxonomistes ont découvert de nouvelles espèces. Trois d’entre eux se sont intéressés à une espèce d’antilope, Philantomba maxwelli, qui présente une grande variabilité morphologique selon l’endroit où elle vit. Effectuant des analyses morphologiques et des recherches génétiques sur des spécimens achetés sur les marchés de viande de brousse et sur des crânes conservés en collection, ils ont montré que les populations vivant au Togo, au Bénin et au Nigeria ne faisaient pas partie de l’espèce Céphalophe de

Maxwell, mais formaient en fait une espèce distincte, qu’ils ont nommée Philantomba walteri. Par ailleurs, études de terrain et analyse génétique de spécimens de collection ont également révélé l’existence d’une nouvelle espèce de cécilie (un amphibien dépourvu de pattes) originaire de Guyane. Pour célébrer l’Année internationale de la biodiversité, on l’a appelé Microcaecilia iyob (International Year Of Biodiversity). Nos invertébristes ont eux aussi ajouté

quelques lignes au registre des espèces en identifiant par

exemple plusieurs dizaines d’amphipodes totalement inconnus à ce jour.

15.1>7.2

Expédition aux Galápagos : l’échantillonnage et le croisement d’araignées et d’insectes de différentes îles apportent un nouvel éclairage sur les mécanismes de l’évolution.

21.1

Début de l’étude des ossements humains provenant d’un site gallo-romain à Jambes.

BIOLOGIE DES EAUX DOUCES

ENTOMOLOGIE

Une bactérie à l’origine d’un ratio sexuel déséquilibré

Chez la plupart des espèces à reproduction sexuée, les femelles donnent naissance à autant de mâles que de femelles. Du point de vue de l’évolution, c’est la meilleure stratégie pour assurer la transmission des gènes des deux parents à la génération suivante. Toutefois, en étudiant l’araignée naine bossue, Oedothorax gibbosus, nos entomologistes se sont aperçu que les naissances de femelles étaient nettement plus nombreuses : un mystère en termes d’évolution. En collaboration avec l’Université de Gand, ils ont effectué des expériences d’élevage et des analyses moléculaires. Elles ont révélé que les femelles d’Oedothorax gibbosus infectées par la bactérie

Wolbachia produisent plus de filles que les femelles non infectées. Il faut savoir que Wolbachia se reproduit en parasitant les œufs de l’araignée. Sans œuf, pas de bactérie !

Les mâles ne lui sont donc d’aucune utilité. Les embryons

mâles sont mis à mort par la bactérie, laissant ainsi plus d’éléments nutritifs aux jeunes femelles qui produiront ainsi un jour les œufs dont la bactérie a besoin. Ce phénomène avait déjà été décrit pour d’autres invertébrés mais c’est la première fois qu’il est démontré chez des

araignées. Cette découverte confirme la théorie du ratio

sexuel 50 :50.

Une espèce peut en cacher bien d’autres

Eucypris virens, minuscule crustacé appartenant au groupe des Ostracodes, est très répandu dans nos régions et ap

paremment bien connu. Mais en matière d’espèces, il faut se méfier des apparences ! Dans le cadre d’un projet européen sur les interactions entre les reproductions sexuée et asexuée, deux de nos zoologistes ont entrepris d’analyser

divers gènes de l’ADN mitochondrial de spécimens de cette

espèce. En traitant la variabilité génétique de manière statistique, quelle ne fut pas leur surprise de découvrir pas moins de 38 clusters différents, parfois très éloignés d’un point de

vue génétique. Pour les individus sexués, des expériences d’appariement ont d’ailleurs confirmé l’analyse génétique :

les mâles choisissent les femelles du même cluster. Qui plus est, les différences morphologiques ne recoupent pas les différences génétiques. Il s’agissait donc bien de ce que l’on appelle «des espèces cryptiques », celles dont la simple observation n’est d’aucun secours pour déterminer s’il s’agit d’une espèce ou d’une autre. Jamais on n’avait trouvé autant d’espèces cryptiques derrière une unique espèce connue. Nos chercheurs tentent maintenant d’identifier les mécanismes évolutifs qui ont mené à ces spéciations.

5

18.3

Les 44 900 premiers exemplairesde «366 gestes pour la biodiversité» étant épuisés, le livre est réimprimé.

Février

Au Nigeria, l’IRSNB étudie la dispersion et l’évolution de la population de deux espèces en voie d’extinction : la gazelle dama et l’antilope addax.

SERVICE GÉOLOGIQUE DE BELGIQUE

La géologie pour un développement durable

Réunir des données scientifiques fiables comme base d’une

gestion durable des ressources minérales naturelles : voilà

qui répond à un enjeu majeur pour notre futur. Le projet

GECO (Geology for an ECOnomic sustainable development)

financé par le SPF Affaires étrangères – a été mis sur

pied pour y répondre dans le cas du Katanga (République démocratique du Congo). Grâce à un microspectromètre

Raman acquis en 2008, nos géologues et ceux du Musée royal d’Afrique centrale ont identifié les caractéristiques

physico-chimiques de minerais de cuivre et de cobalt de di-verses provenances et éclairci leur processus de formation. Ils ont également étudié les possibilités de débouchés économiques alternatifs offerts aux populations locales par d’autres activités extractives – calcaire, argiles, graviers – qui pourraient être utilisés localement, notamment dans la

construction. La recherche a permis de créer une base de

données largement accessible comprenant une carte géologique du Katanga, localisant mines, minerais exploités et infrastructures, un relevé topographique du terrain ainsi qu’une carte du réseau hydrographique. Par ailleurs, l’analyse des cartes du couvert végétal à différentes époques, corrélée avec des relevés de terrain a contribué à évaluer les conséquences négatives de l’exploitation minière et des installations humaines des alentours sur la biodiversité de cette région.

GESTION DE L’ÉCOSYSTÈME MARIN

La sensibilité des écosystèmes marins aux espèces invasives

Introduit accidentellement dans les eaux de la mer du Nord, le Couteau américain, Ensis directus, y a tellement proliféré qu’il s’échoue par milliards sur nos plages. Comment ce bivalve s’est-il acclimaté à nos eaux ? Quel est son impact sur le sédiment et ses communautés associées ? Grâce à

un financement de la Politique scientifique fédérale, le département en charge de l’étude de la Mer du Nord, en

collaboration avec d’autres centres de recherche marine belges et néerlandais, tente de répondre à ces questions.

Les données récoltées seront mises en relation avec les

caractéristiques physico-chimiques du milieu pour déterminer l’habitat préférentiel de cette nouvelle espèce, tandis que son impact sur la macrofaune et les prédateurs sera

analysé. Les enjeux du projet sont aussi économiques. En

effet, Ensis directus est déjà commercialisé et apprécié dans

certains pays européens comme l’Espagne ou les Pays-Bas. L’exploitation de cette espèce pourrait donc être envisagée dans nos eaux aussi, vu sa capacité de prolifération. Mais

pour cela, il importe d’analyser l’impact potentiellement

élevé de cette pêche sur le reste de l’écosystème. Affaire

à suivre…

30.3

L’IRSNB reçoit sa première étoile d’entreprise écodynamique.

ENTOMOLOGIE

Un moustique autochtone soupçonné de transmettre la malaria

Quoi de plus banal qu’un moustique ? Pourtant certains

d’entre eux, très rares heureusement, peuvent transmettre des maladies comme la malaria ou la méningite. C’est le cas

des anophèles. À l’occasion du projet MODIRISK, financé par la Politique scientifique fédérale, un moustique a retenu

l’attention de nos entomologistes : l’Anopheles plumbeus. Cet insecte indigène était jusqu’ici considéré comme rare

et vivant dans les bois où les larves profitaient de l’eau

stagnant dans les fourches des arbres pour se développer. Son nombre a maintenant explosé à proximité des exploi

tations agricoles. Les cuves à lisier abandonnées lui ont offert de magnifiques niches pour l’incubation des larves.

Cette augmentation pourrait-elle avoir des répercussions sur la santé publique ? Un élément de réponse est apparu

fortuitement à la fin de l’année 2010 lorsqu’une personne

habitant le Hainaut fut atteinte de malaria alors qu’elle

n’avait pas voyagé dans un pays à risque. Pas très loin, par

contre, deux voyageurs avaient ramené la maladie d’une de ces contrées. Il était donc possible qu’un moustique indigène

très vraisemblablement l’Anopheles plumbeus – ait servi de vecteur à cette maladie. Une hypothèse intéressante qu’il s’agira d’approfondir.

INVERTÉBRÉS RÉCENTS

Les taxonomistes à la rescousse de l’agriculture

Les plantes peuvent être affectées par des virus qui sont

transmis par certains nématodes, de minuscules vers ronds vivant dans le sol. Seules deux familles de nématodes,

Longidoridae et Trichodoridae, sont impliquées dans ce problème. Avec leur dent en forme d’épine, ils piquent les racines des plantes et leur transfèrent les virus. La plupart des cultures agricoles y sont sensibles. Pour les protéger et

traiter de telles infections virales, il est nécessaire d’identi

fier précisément quelles sont les espèces vectrices de ces virus, afin d’obtenir un diagnostic correct et d’appliquer un

plan de lutte adapté et respectueux de l’environnement.

Mais ce travail est particulièrement difficile dans la mesure

où les espèces porteuses se différencient peu des espèces non porteuses. Spécialistes de réputation internationale danscedomaine,nostaxonomistes,et quelquescollègues espagnols et portugais, ont réussi à caractériser de manière unique les différentes espèces de vers et développer une clé d’identification fiable reprenant les caractéristiques morphologiques et les séquences d’ADN qui les distinguent. Voilà comment une recherche taxonomique

fondamentale peut avoir une importante valeur ajoutée pour l’agriculture !

7

15-16.4

Lancement d’EuroGeoSource : un système européen d’information et d’aide à la décision pour un approvisionnement durable en énergie et en ressources minérales.

31.3

Faucons pour tous ! Au pied de la cathédrale de Bruxelles, 22 000 personnes observent la naissance et les premiers jours de petits Faucons pèlerins.

ÉVALUATION BIOLOGIQUE

Renouveau pour une réserve naturelle en Ardenne

En 2010, la Cordulie arctique (Somatochlora arctica)a

été à nouveau observée dans la réserve de Chi Fontaine. Anecdotique? Absolument pas! C’est le fruit d’un travail

de 15 ans marqué par la collaboration entre nos biologistes de la conservation, Natagora, propriétaire du site,

et la Fondation Janssens-Theys. Initialement couverte de sphaignes, Chi Fontaine avait été plantée d’épicéas.

Seules quelques trouées gardaient des traces du milieu original, fait de tourbières. Après avoir analysé les caractéristiques du site, nos chercheurs ont proposé différentes actions : coupe des épicéas, bouchage des drains… Ils ont

établi des objectifs quant aux superficies de tourbières à

retrouver et effectué des pronostics de retour d’espèces. Les mesures proposées ont rapidement donné des résultats. La tourbière a reconquis le milieu en moins de

trois ans. De nombreuses espèces s’y sont redéployées parmi lesquelles des plantes rares comme des orchidées

ou la Narthécie des marais. Le Nacré de la canneberge, un papillon menacé, est ensuite revenu sur le site. Les populations de Leste dryade et de Sizerin flammé ont augmenté. Le dernier des objectifs fixés fut atteint avec

le retour de la Cordulie arctique. Des mesures de gestion éclairées par une connaissance approfondie de l’écologie des espèces ont donc permis de recréer un refuge pour des espèces exigeantes, rares ou menacées en Europe.

GESTION DE L’ÉCOSYSTÈME MARIN

L’impact écologique des éoliennes en mer

Le « Plan Climat » de la Commission européenne impose à

la Belgique de passer de ses 3,8 % actuels de production d’énergie renouvelable à 13 % en 2020. C’est dire l’importance que revêt l’implantation d’éoliennes en mer du Nord. Toutefois, il importe de respecter l’environnement

marin. Les entreprises concernées ont donc l’obligation

d’assurer un monitoring environnemental durant six ans. Ce suivi est actuellement exécuté par le département Gestion de l’écosystème marin en collaboration avec l’Uni

versité de Gand, INBO et ILVO. Étudiant les caractéristiques

physiques de l’environnement, ils ont mis en évidence

une stabilité dans la turbidité des eaux. Par contre, ils

ont montré que la construction des bases des éoliennes générait des niveaux sonores très élevés susceptibles de

perturber temporairement les mammifères marins. Plus

étonnant, ils ont aussi pointé une augmentation globale

de la richesse des écosystèmes. Ainsi par exemple, 29 000

tacauds ont été dénombrés à la base d’une seule éolienne ! Celle-ci aurait donc créé une niche attractive pour la faune marine. Ce monitoring permettra d’adapter les activités des éoliennes en fonction des impacts sur l’environne

ment. Associé à des recherches plus ciblées, il enrichira

aussi la compréhension des impacts des parcs éoliens

côtiers afin de soutenir le développement de politiques

appropriées et d’assurer une gestion et une conception optimale des futurs parcs.

© Piet Spaans, Wikipedia

26.4>12.6

Congo 2010. Des chercheurs de l’Institut embarquent pour une expédition sur le fleuve Congo. Son but : mieux connaître la biodiversité de cette région.

1.5>31.10

Un crâne de mosasaure, joyau de nos collections paléontologiques, est montré à l’exposition universelle de Shanghai.

Centre de référence pour la biodiversité

Laprotection et la restaurationdeladiversitéduvivant, considérée comme une des ressources vitales du développement durable, doivent plus que jamais être inscrites à l’agenda des

décideurs. La Belgique, par le biais de la Politique scientifique

fédérale, a mis sur pied deux organes qui participent à cet

objectif: lePointfocalbelgepourlaConventionsurla diversité biologique (CBD) et la Plateforme belge Biodiversité.

L’Institut ayant été désigné Point focal national dès 1995, l’année 2010, décrétée Année internationale de la biodi

© The Tourism Development Company Ltd of Trinidad and Tobago

versité, a été cruciale pour nous. Outre la coordination du programme d’activités, décrit plus loin, nos experts ont participé activement aux négociations politiques qui se sont déroulées lors de la conférence réunissant à Nagoya les pays signataires de la convention. En parallèle, nous avons maintenu nos partenariats avec les pays en dévelop

pement financés pour la plupart par la Coopération belge au développement. Ainsi, le Point focal a notamment accueilli 12 stagiaires de sept pays pour des séjours d’étude en taxonomie et gestion des collections et organisé trois

sessions de formation sur le développement de sites web liés au Clearing House Mechanism (CHM), un mécanisme que doivent installer les pays signataires de la CBD pour assu

rer l’échange d’information et la coopération scientifique et technique. Il a également financé des formations sur le terrain au Pérou, au Vietnam et en Ethiopie (taxonomie) et

en République démocratique du Congo (dynamique des habitats) et a soutenu sept projets pour le renforcement

technique des CHM du Bénin, de la Guinée, du Burundi, du Cameroun, du Burkina Faso et de Madagascar et quatre pro-jets de sensibilisation sur la biodiversité (Burundi, Cameroun, République démocratique du Congo, Bénin). Enfin, poursuivant son action dans le cadre de l’Initiative taxonomique mondiale, le Point focal a publié trois volumes d’Abc Taxa, série de manuels spécialisés sur les bonnes pratiques en recherche taxonomique et en gestion des collections. Deux

volumes concernent les abeilles d’Afrique subsaharienne,

le troisième les techniques d’inventaires.

Par ailleurs, en hébergeant la Plateforme belge Biodiversité, nous donnons un accès privilégié à des données primaires sur la biodiversité et encourageons la coopération

9

22.5

Le Muséum se voit décerner une mention spéciale au prix du Musée européen de l’année.

interdisciplinaire entre les scientifiques, tout en servant d’interface entre les chercheurs et la politique scientifique. La Plateforme a notamment poursuivi le travail de création d’un portail et de bases de données en réseaux sur

la faune et la flore de l’Antarctique (AntaBIF). Elle a étudié

les problèmes principaux liés aux services rendus par les écosystèmes en Belgique et à la question de leur évalua

tion afin de conseiller les autorités quant aux priorités

de recherche et d’actions politiques à entreprendre dans

ce domaine (BEES). Largement engagée dans des projets

européens, elle a aussi contribué à la création d’un réseau de données intégrées et de connaissance sur la diversité

des eaux douces (BioFresh).

© Ian Duffy, Wikipedia

© Patrick Gijsbers, Wikipedia

Institut royal des Sciences naturelles de Belgique

Rapport annuel 2010

10

24.5

Juin

Le cours sur la taxonomie moderne

Les 4 200 pièces de la collection

débute à l’Institut dans le cadre

de minéraux Warlet viennent

d’EDIT (European Distributed

enrichir les collections

Institute of Taxonomy).

de l’Institut.

Un site de référence pour les espèces belges

Comment se faire une idée des espèces animales, végétales et de champignons vivant actuellement en Bel

gique ? Depuis le 20 mai 2010, il suffit d’un simple clic sur

www.especes.be, un site facile à consulter centralisant sous une forme standardisée les informations les plus récentes issues de la recherche. Il contient déjà 32 500

espèces. Pour la plupart d’entre elles, on y trouve le nom scientifique, le nom usuel, la répartition géographique, la fréquence, l’habitat. Le tout richement illustré. Fin 2010,

près de 16 000 personnes y avaient déjà eu recours pour mieux connaître la biodiversité de notre pays. Un public majoritairement belge (à 70 %) composé de chercheurs, décideurs,étudiants,journalistesetdepersonness’intéressant à la nature, mais également d’internautes provenant d’une centaine d’autres pays.

Une nouvelle vie pour la limace brune de Transylvanie

Les spécimens servant de base à la description d’une nouvelle espèce sont appelés les « spécimens-types». Ils consti

tuent la référence internationale pour cette espèce. D’une

importance exceptionnelle, ils sont conservés avec un soin particulier, et les chercheurs du monde entier reviennent régulièrement vers eux pour de nouvelles recherches, notamment génétiques. Car on réussit à extraire et carac

tériser de l’ADN de matériau en très mauvais état. Mais il

arrive malgré tout que certains spécimens-types soient

perdus ou détruits. Que faire alors? C’est ce que se sont

demandés nos chercheurs qui voulaient étudier à nouveau un spécimen-type de la limace brune de Transylvanie (Arion transsylvanus), une limace décrite en 1885, mais dont on pensait les spécimens-types perdus. En collaboration avec plusieursconservateurs demusées allemands, ilsont

réussi à retrouver un type dans les collections d’un musée de Dresde. Malgré son état desséché, ils ont identifié une

séquence nucléotidique au départ de deux fragments de

l’ADN mitochondrial de l’échantillon. Arion transsylvanus

a été diagnostiqué sans ambiguïté comme un taxon bien défini et il est désormais à nouveau étudiable. Cela montre que des collections anciennes peuvent toujours

être source de nouvelles données scientifiques.

13>25.6

À Pompéi, sur base de restes de plantes retrouvés dans deux boulangeries, nos archéologues montrent l’intégration de cette activité dans l’économie de la ville.

7.7

4 095 personnes participent à la Fête des abeilles. Dégustations, démonstrations et musique pour sensibiliser au rôle des pollinisateurs dans la nature et dans nos vies.

La domestication dès le paléolithique?

Le chien est le premier animal à avoir été domestiqué. Nul doutequecetévénementaprofondémentinfluencél’organisationdesgroupeshumains,d’oùsonintérêtrécurrentpour

la recherche. Si les études morphologiques et génétiques ont clairement montré que le chien descend du loup, l’incertitude demeure par contre quant à la période de sa domesti

cation. Beaucoup d’archéologues situent cet événement à la fin du Paléolithique, il y a 14 000 ans. Pourtant, certains éléments sèment le doute: des traces de pattes d’un grand canidémarchant àcôtéd’un enfantontétérelevées dansla GrotteChauvet(France)etsesont révélées vieilles de26 000

ans. Des analyses génétiques font par ailleurs remonter la domesticationàunedateplusancienne.C’estpourapprofondir cette question qu’une de nos paléontologues, associée

à un chercheur russe, a mené des analyses ostéométriques sur les crânes de canidés fossiles provenant du site de Goyet et conservés dans nos collections. Ces ossements ont été

comparés à des crânes de chiens préhistoriques d’un site russe (Eliseevichi), ainsi qu’à une collection de référence

composée de crânes de loups et de chiens actuels. À la lu

mière de cette étude, il apparaît qu’un des crânes de Goyet

se distingue clairement des crânes de loups actuels et se rapproche beaucoup des chiens préhistoriques à la fois par ses dents, la forme de son museau et sa capacité crânienne.

Mais il date d’il y a 31 700 ans! Une découverte de taille qui

pourrait faire remonter la domestication de plus de 15 000 ans dans le temps.

Des nouvelles données sur les Néandertaliens de Spy

Notre collectiondeNéandertaliensa acquis aufil du temps

une renommée internationale. Récemment, des chercheurs américains ont étudié les microfossiles présents dans le tartre des dents de Spy I et II. Ils ont montré que les Néandertaliens n’étaient pas les carnivores exclusifs que l’on croyaitmaisqu’ilsconsommaientnotammentdesrhizomes

de plantes aquatiques, très riches en énergie. Par ailleurs, en triant la collection de faune récoltée dans les déblais de la grotte de Spy, nos paléoanthropologues ont retrouvé deux fragments de mandibule et quatre dents appartenant à un

bébénéandertalien(A),unedécouverteexceptionnellevula raretéde fossilesdecetype.Unfinancement dela Politique scientifiquefédéraleapermisd’ensavoirplus.Unedatation auCarbone14atoutd’abordconfirmél’âgeobtenupourles deux adultes: 36 000 ans. L’analyse des dents du bébé par

microtomographie (B) a par ailleurs révélé que, malgré son jeune âge – environ un an et demi – il présentait déjà des caractéristiques néandertaliennes marquées: soit des volumes de dentine et de pulpe dentaire proportionnellement plus

importants que chez l’Homme anatomiquement moderne.

Cet élément indique que certains caractères néanderta

liens s’expriment très t dans le développement alors que d’autres, comme le bourrelet sus-orbitaire, n’apparaissent

que bien plus tard lors de la croissance.

AB

10.7

Le petit garçon de deux chercheurs de l’Institut découvre par hasard un ostracode européen dans la région de Kimberley… en Australie.

(Presque) tout l’art néolithique belge enfin inventorié

Parures, dents percées, bois de cervidés ornés, Vénus… , près

de 90 % des collections d’art mobilier du néolithique en Belgiquesontconservésàl’Institut.Ellesproviennentessentiellement des fouilles de Dupont (fin XIXe). Jusqu’à présent, elles n’étaient pas très bien répertoriées. C’est maintenant

chose faite : toutes les pièces ont été inventoriées, photographiées et intégrées dans la plateforme informatique

MARS,un serveurpartagé,accessibleauxchercheurs.Cette

étape préliminaire indispensable sera suivie dans le futur

de leur réétude. Leur numérisation (scannage de surface et microscannage) permettra d’assurer la conservation de ce

patrimoine très fragile et la présentation de certaines des

copies dans les salles d’expositions.

Étudier la dynamique des habitats grâce aux archives photographiques

Nous possédons une photothèque étendue, des cartes

originales et des centaines de publications sur la Répu

blique démocratique du Congo (plus spécifiquement sur

Institut royal des Sciences naturelles de Belgique

Rapport annuel 2010

14

30.7

www.marinemammals.be – La base de données belge sur les mammifères marins (IRSNB/Université de Liège) est mise en ligne.

les parcs naturels des Virunga, Upemba et Garamba). Ces archives sont le résultat des expéditions dans l’ancien Congo belge entre 1933 et les années 1960. Elles ont été classées et numérisées. Elles servent maintenant de base de référence pour la végétation et la faune de cette

époque : un état « zéro » avant la plupart des grandes

perturbations humaines récentes – par rapport auquel on peut évaluer l’état actuel (via des récoltes) et déterminer la dynamique des habitats dans ces régions. À ce titre, elles sont utilisées pour la formation des gardes des parcs. Une copie des archives digitales a été remise

à l’Institut congolais pour la Conservation de la Nature et

des séries complètes des publications ont été offertes à

l’Université de Kinshasa, au Centre de documentation de l’enseignement Supérieur, Universitaire et de la Recherche de Kinshasa et à l’Université de Lubumbashi à l’occasion des festivités des 50 ans d’indépendance du Congo.

Un système de gestion Open source

Pour un musée, collectionner et conserver ne suffit pas,

il faut aussi rendre les collections accessibles et donc dis

poser d’inventaires et de catalogues précis, complets et facilement consultables. C’est à cela que s’est attaché,

entre autres missions, le service ICT. Tout en poursuivant le travail de numérisation et de catalogage des collections déjà entamé, il a interrogé les différents utilisateurs des bases de données des collections pour analyser leurs pratiques et leurs besoins. Grâce à cette approche rigoureuse, il est parvenu à créer une nouvelle interface plus

conviviale: DaRWIN2. Pour l’ensemble de ce projet, financé par la Politique scientifique fédérale, le service ICT a choisi

de recourir à des logiciels dits « open source », une ap

pellation qui signifie que les codes sont disponibles sur internet. Ce choixencourage lepartage d’informationavec

la communauté des utilisateurs mais vise aussi à susciter

des collaborations extérieures afin d’améliorer le logiciel. Certaines institutions muséales ont d’ailleurs déjà marqué leur intérêt. Cette philosophie d’ouverture et d’échanges s’applique déjà dans la création de la plupart des systèmes

informatiques que nous développons.

31.8

Moins de trois ans après sa réouverture et l’inauguration de la Galerie des dinosaures, le Muséum accueille son millionième visiteur.

BiodiverCITY, une nouvelle galerie permanente sur la biodiversité urbaine

La rénovation du Muséum se poursuit, salle après salle. Avec BiodiverCITY, nous avons posé le premier jalon de ce qui doit devenir à terme l’Aile de la Biodiversité, soit plus de 2 500 m² de salles permanentes où nous redéployerons nos collections de spécimens naturalisés. Cette première exposition, consacrée à la biodiversité urbaine, est à la fois pédagogique, puisqu’elle met en scène le milieu que les visiteurs connaissent le mieux, mais aussi stratégique, puisqu’elle montre l’impact direct de notre vie quotidienne sur l’environnement et donne des moyens concrets pour agir. Comme il n’y a pas d’apprentissage sans une part de divertissement, cette exposition combine jeux, bornes

multimédias, projection de films et collections. Pour le plus

grand plaisir de nos visiteurs : 13 782 rien que pour les trois dernières semaines de décembre.

Une plongée dans le monde des cétacés

Rénover nos salles permanentes ne nous empêche pas d’offrir à notre public une programmation d’expositions temporaires variées et de haut niveau scientifique et muséologique. D’octobre 2009 à août 2010, nos visiteurs ont été invités à faire le grand plongeon à la découverte des baleines et des dauphins. Cette exposition interactive développée par le Muséum national d’Histoire naturelle

(Paris), et complétée par un volet spécifiquement belge, fut

l’occasion d’expliquer l’évolution des mammifères marins, de faire découvrir leur vie et leurs diverses adaptations au milieu aquatique et de sensibiliser le grand public aux menaces qui pèsent de plus en plus sur la survie des cétacés. Un beau succès, avec près de 120 000 visiteurs en dix mois !

Nos expositions hors les murs

Nos expositions poursuivent aussi leur vie hors les murs. « Meurtre au Muséum » a conquis le public de l’Espace des

Sciences (Rennes) en attirant 35 000 visiteurs en quatre mois

et demi, soit 50 % de plus que leur fréquentation habituelle. Et le succès de cette exposition-enquête se confirme depuis septembre 2010 au Forum départemental des Sciences de Villeneuve d’Ascq. Par ailleurs, l’exposition « Les survivants de l’X-TREME », installée au Pavillon de la Connaissance à Lisbonne d’octobre 2009 à août 2010, a été visitée par 175 000 personnes. À côté de ces grandes expositions, notre Centre Bruxellois d’Éducation à la Nature produit également des expositions-ateliers. Cette année, un nouvel atelier « BiodiverCity » inscrit la biodiversité dans notre vie de tous les jours. Lancé le 31 mars, il a déjà permis à 108 groupes

soit 2 093 écoliers de 6 à 12 ans – de mieux reconnaître, apprécier et protéger la biodiversité des villes.

6>10.9

L’avion d’observation de l’IRSNB participe pendant quatre jours au programme Tour d’Horizon : neuf pollutions aux hydrocarbures sont observées.

De nouveaux jeux éducatifs made in Muséum

Participer à une activité du Service éducatif, c’est la garantie d’un encadrement personnalisé, chaleureux et com

pétent. Près de 50 000 enfants et adolescents ont encore

pu le vivre cette année. Loin de s’endormir sur son succès,

ce Service a déployé sa créativité afin d’élargir son offre. Pour les plus petits, un théâtre de marionnettes a été créé

par les animateurs. Sous les yeux émerveillés des enfants,

dinosaures, ouvriers de la mine de Bernissart et Prof Dino

s’interpellent et se racontent : une mise en condition poétique et amusante avant la plongée dans la Galerie des

dinosaures. Pour les plus grands, deux jeux inspirés des

jeux de société ont été développés, l’un sur la biodiversité (9-14 ans), l’autre sur l’évolution (16-18 ans). Ils permettent d’aborder de manière dynamique et active ces deux thèmes très conceptuels pour lesquels l’observation des spécimens et l’expérimentation habituellement à l’œuvre

dans les ateliers ne peuvent suffire. Pour le premier, la mission est simple : créer un jardin le plus… (bio)diversifié possible. Grâce au jeu et aux discussions, les enfants comprennent ce qu’est la biodiversité, découvrent l’importance des liens entre espèces et abordent même la notion de résilience des écosystèmes. Le jeu « Évolution » met en

scène des populations d’animaux qui subissent, au fil des coups de dés, les aléas de l’évolution. Pris au jeu des défis et tâches à accomplir, les étudiants revoient l’ensemble

des notions présentées dans la Galerie de l’évolution… et un peu plus. Ces jeux complètent la visite des salles, favorisant en douceur l’intégration et la mémorisation des concepts qui y sont présentés. Cette nouveauté semble séduire professeurs et élèves. Une belle motivation pour développer prochainement de nouveaux jeux, notamment

sur la classification.

Expériences nomades

En 2010, le Service éducatif s’est également doté d’un tout

nouvel outil pédagogique, développé grâce au soutien de

la Fondation Entreprise /Institut et au sponsoring engagé de la firme Solvay. Il s’agit de l’XperiLAB.be, un laboratoire mobile logé dans un semi-remorque déployable. Ce

camion traverse le pays, visite les écoles (10 à 14 ans), les

salons et les différentes manifestations liées à la diffusion

des sciences afin de sensibiliser les jeunes à la démarche scientifique. Devenus chercheurs en herbe le temps d’une

animation, ils observent, expérimentent et déduisent; en biologie, chimie, physique, technologie. Le succès d’XperiLAB.be auprès de la communauté scolaire a été immédiat puisque en deux mois le calendrier des réservations pour l’année scolaire 2010 -11 a été rempli, avec une liste d’attente couvrant l’essentiel de 2011-2012. Et en moins de trois mois de fonctionnement, il a accueilli 2 753 jeunes.

9.9

21.9

XperiLAB.be, le camion

La Société royale de Zoologie de la science, est inauguré.

d’Anvers offre à l’Institut Il propose aux jeunes

plus de mille animaux naturalisés. des expériences en chimie, biologie et physique.

Institut royal des Sciences naturelles de Belgique

Rapport annuel 2010

18

Un quasi doublement du nombre d’événements accueillis

Chris Watson, l’ingénieur du son de David Attenborough, a créé l’événement dans nos galeries en présentant des chants de baleines à des étudiants en cinéma médusés. Le person

nel du SPF Sécurité sociale et leur famille s’y sont retrouvés

dansle cadre d’une opération de«team building». Le Club de Rome a choisi notre Muséum pour tenir sa prestigieuse séance académique. Les 27 ministres de l’Énergie ont dîné au milieudesdinosaures…Les événements quenousaccueillons au Muséum se suivent mais ne se ressemblent pas. Car nos salles et notre auditorium, entièrement rééquipé, sont fort

prisés. Ce fut encore le cas en 2010 en raison de la Présidence

belge du Conseil de l’Union européenne. 74 événements s’y sont tenus, soit 76 % de plus que l’an passé. Source de revenus propres non négligeables, avec un revenu net de 92 000€, ils sont aussi l’occasion d’augmenter la notoriété de notre Muséum et de le faire connaître à un public qui s’y rend parfois pour la première fois. L’effort sera poursuivi en 2011 avec une politique de promotion de la location de nos salles et le développement d’un tarif adapté.

Notre Muséum fait rêver

Dimitrios est atteint d’une maladie grave. Fan de dinosaures, ce jeune Grec rêvait de faire le voyage jusqu’à

Bruxelles pour visiter notre Muséum. Grâce à l’association

« Make a wish », le mercredi 8 septembre, ce rêve est devenu réalité. Le personnel du Service Accueil – organisateur de cette visite exceptionnelle – s’est dépensé sans compter pour que Dimitrios n’oublie jamais sa visite. Car au Muséum, la qualité de l’accueil est une valeur fondamentale qui né

23.9

Un exercice d’évacuation générale du Muséum est organisé.

cessite de la part du personnel une grande flexibilité mais

également un processus permanent de formation. Ainsi, des membres de notre personnel d’accueil ont suivi des formations en langues, en accueil des touristes, en accueil des personnes handicapées, en sécurité. La garantie d’un accueil personnalisé pour notre public.

Une entreprise écodynamique

Parler de sauvegarde de la biodiversité et donc d’environnement, c’est bien. Mais il importe aussi de mettre nos actions en accord avec nos messages. À l’initiative d’un petit groupe interne totalement bénévole, nous nous sommes engagés dans un processus de certification environnementale développé par la Région de Bruxelles-Capitale. Consommation énergétique, déchets, biodiversité, eau, mobilité…, toute notre activité a été analysée et un plan

d’action a été lancé afin d’améliorer la gestion des sites de

la rue Vautier et de la rue Jenner. Un effort payant puisque le 30 mars 2010, nous avons reçu la première étoile du label «Entreprise écodynamique». L’effort doit se maintenir dans les prochaines années avec notamment la professionnalisation du processus.

5.10

Trois scientifiques de l’Institut, membres d’une équipe internationale, découvrent une nouvelle espèce d’antilope africaine.

Le constat est désormais établi : les espèces et les éco systèmes disparaissent à un rythme jamais observé dans l histoire de la vie et les activités humaines en sont la cause principale. En 2002, dix ans après la signature de la Convention sur la diversité biologique (CBD) à Rio, les gouvernements du monde entier s étaient engagés à as surer une réduction du rythme de perte de biodiversité. Objectif : 2010, proclamée « Année internationale de la biodiversité ». En octobre 2010, les signataires de la CBD se sont réunis à Nagoya pour faire le point sur l objectif 2010 et décider des actions futures. En tant que Président en exercice, la Belgique y a représenté l Union européenne. « Point focal national pour la CBD », nous avons joué un rôle central dans ces négociations tant au niveau natio nal qu au niveau international. Avec notre double statut

d institution scientifique et de musée populaire, nous

avons saisi cette conjonction unique de rendez vous pour

porter la biodiversité en haut de l’agenda scientifique,

social et politique. Nous avons mis sur pied un programme d activité ambitieux, mobilisant 189 collaborateurs, soit environ deux sur cinq ! Cette année encore plus que les autres, la biodiversité fut au cœur de nos préoccupations.

Sensibiliser le grand public

Protéger la biodiversité parce que c est la vie, parce que c est notre vie. Tel était le mot d ordre de cette année in ternationale. Mais comment en persuader le grand public quand une grande majorité ignore ce qu est la biodiver sité ? Faire connaître et sensibiliser constitue donc encore et toujours une de nos missions fondamentales. Plusieurs actions ont été développées en ce sens.

Notre nouvelle salle d exposition permanente

BiodiverCITY consacrée à la biodiversité urbaine (voir page 16) a fait découvrir ce qu est la biodiversité et comment la protéger. L opération PlanetObserver, un jeu multimédia complété par un jeu questionnaire, a offert

l occasion de redécouvrir l ensemble de nos salles sous

l angle de la biodiversité. Pour élargir notre champ d ac

tion et rejoindre un autre public, hors musée, nous avons

produit l exposition Des hommes et des animaux, par delà

Nature et Culture qui a accueilli 147 653 visiteurs au Palais

royal. Fruit de la collaboration entre les quatre grands

musées fédéraux (Art et Histoire, Sciences naturelles, Beaux Arts et Afrique centrale), cette installation origi

nale proposait une réflexion sur les modes de rapport à

la nature dans les différentes sociétés du monde, passées ou présentes. Un autre regard sur la biodiversité, passant par l art et l ethnographie. Par ailleurs, d avril à mai, un poste d observation des Faucons pèlerins nichés sur la tour de la cathédrale de Bruxelles a accueilli près de 22 000 personnes tandis qu un grand jeu de piste, le Biogeosafari, a entraîné près de 2 000 participants à travers Bruxelles à

la recherche de la biodiversité urbaine. Enfin, nous avons

organisé une Fête des abeilles pour sensibiliser le grand public à l importance des pollinisateurs tant au Nord qu au Sud et lutter contre leur diminution. Elle a attiré plus de 4 000 personnes.

Mais pour freiner la perte de biodiversité, connaître et comprendre ne suffisent pas, il faut aussi agir et s engager à poser des actes concrets. C est le but de la campagne d engagement Je donne vie à ma planète

initiée en 2007 et relan cée en 2010. Un nouveau stand, un nouveau site et une campagne de pro motion lui ont donné un véritable élan : en 2010, 15 800 personnes, 32

écoles et 81 partenaires associatifs se sont engagés à poser 56 800 gestes en faveur de la biodiversité. Pour renforcer la campagne, il fallait un outil grand public. Un livre a été réalisé, rassemblant 366 gestes concrets en

3.10

Le Service géologique fait reconnaître le Plateau Dong Van Karst (Vietnam) par le réseau global des géoparcs de l’UNESCO.

18>29.10

Huit collaborateurs participent aux négociations à la Conférence des Parties pour la Convention sur la diversité biologique à Nagoya.

faveur de la biodiversité. Imprimé en 63 975 exem plaires, il a été distribué gratuitement. Son succès fut tel qu une version « 52 gestes » a été développée

dans les six langues offi

cielles de l ONU et qu une version en ligne a été produite

dans les 23 langues officielles de l Union européenne.

Soutenir l’action des écoles

Le thème de la biodiversité figure aujourd hui dans les pro

grammes d études de la maternelle au secondaire. Nous avons produit deux outils qui devraient leur venir en aide dans leur cours. L atelier itinérant BiodiverCity fait décou vrir la biodiversité aux petits Bruxellois (voir page 16) tandis qu un kit éducatif gratuit en ligne http://jedonnevieama planete.enclasse.be offre aux enseignants et élèves de tout le pays une médiathèque avec des outils interactifs, des vidéos et des articles sur la biodiversité, son importance, les menaces qui pèsent sur elles et les moyens de la préserver.

Approfondir notre connaissance de la biodiversité

Connaître chaque composante de la biodiversité, com prendre ce qui les relie et quels sont les mécanismes à l œuvre dans les écosystèmes, telle est la tâche qui mo bilise sans cesse nos chercheurs par du travail de terrain, des études de laboratoire mais également l analyse de

nos collections. 2010 fut une occasion d intensifier cet

effort mais aussi de nouer de nombreux contacts avec des collègues étrangers.

Un colloque SciColl a réuni à l Institut 85 respon sables de collections scientifiques provenant de 35 pays afin de développer une utilisation interdisciplinaire de ces col lections au niveau international. Il a été complété par unsite (www.scicoll.org). Un autre colloque intitulé Restaurer les espaces sauvages européens a mobilisé 110 personnes, re

15.11

Le livre « Coques, coquilles, coquillages » révèle au public la beauté de la collection Dautzenberg grâce au regard du photographe Emmanuel Berry.

présentants d agences na tionalesetinternationales,

scientifiques, ONG, acteurs de terrain afin de jeter les

basesd unestratégieeuro péenne de restauration à grandeéchelledeshabitats

sauvages. Un site www.especes.be a été développé pour donner accès aux connaissances les plus actuelles sur les espèces belges (voir page 12).

Nos chercheurs participèrent également à une grande expédition internationale, Boyekoli Ebale Congo 2010, organisée en partenariat avec le Musée royal de l Afrique centrale, le Jardin botanique national de Belgique et l Uni versité de Kisangani. Du 26 avril au 12 juin 2010, ils ont parcouru plus de 1 000 km sur le Fleuve Congo. Zoologistes, botanistes, géologues, cartographes, hydrologues, écolo gues, archéologues et linguistes se sont attelés à l étude de ce milieu exceptionnel. Ils ont analysé la qualité de l eau du fleuve et de ses affluents, et ont étudié leurs popula tions de poissons et d invertébrés. Ils se sont également penchés sur la faune et la flore des forêts, visitant les villages et y interrogeant leurs habitants. Leur objectif : améliorer la connaissance de ce gigantesque bassin flu vial, le deuxième plus grand territoire de forêt tropicale au monde, qui joue un rôle crucial dans le développement économique de l État congolais et de sa population.

Année internationale de la biodiversité

© Kris Pannecoucke

21

L’année s est clôturée sur une initiative totalement originale intitulée Positive Visions for Biodiversity. 230 personnes, scientifiques mais également journalistes, représentants d ONG, artistes, industriels…, provenant de 43 pays, se sont réunis à Bruxelles pour un immense brainstorming selon le format participatif « 21st Century Town Meeting® ». Deux questions générales étaient po sées:«Quelfuturvoulons nouspournotreplanèteetceux qui y vivent? Comment faire pour y construire une relation durable à la biodiversité?» Ensemble, elles ont élaboré une vision pour 2050, celle d un monde où une gestion durable de la biodiversité serait au cœur d une gouvernance poli tique et économique plus transparente et efficace, où 90 % des humains pourraient vivre dans une « ville » verte, où les habitats et les ressources seraient gérés de manière durable et participative. Elles ont ensuite jeté les bases d un plan d action pour y parvenir. Toute cette matière a nourri les recommandations de l European Platform for Biodiversity Research and Strategy.

Institut royal des Sciences naturelles

Soutenir l’action des décideurs

Point focal national pour la CBD, c est donc tout naturellement que huit membres de l IRSNB ont intégré la dé légation belge représentant l Union euro péenne lors de la conférence sur la biodiversité à Nagoya (Japon). Sur les 47 dossiers traités lors de cette conférence, 17 étaient pilotés par nos experts. À l issue d un travail acharné de deux semaines, guidée par une volonté de compromis et une préoccupation pour le futur de notre planète, la Conférence des signataires de la CBD (COP) a adopté 47 décisions qui permettront aux Nations Unies de

faire face au défi sans précédent de la perte continue de la

biodiversité, aggravée par les changements climatiques.

Le blog «COP10 Biodiversité» http://cop10.biodiv.be/ a permis au grand public de comprendre et de suivre jour après jour le déroule ment de cette conférence au travers, notamment, du travail de la délégation belge. En un mois : plus de 5 000 visiteurs et 28 000 pages ont été consultées !

de Belgique Ce programme a pu être mis en œuvre grâce à la collaboration de la Politique scientifique fédérale, Beliris, le Service Public Fédéral Santé publique, Sécurité Rapport de la Chaîne alimentaire et Environnement, la Coopération belge au développement, la Région de Bruxelles Capitale, Bruxelles Environnement (IBGE BIM), annuel la Cocof, le Plan d action «Wetenschapscommunicatie» de la Région flamande, le département Économie, Science et Innovation de la Région flamande,

2010

le BITC, l OPT, Toerisme Vlaanderen, la Ville de Bruxelles, la Police de Bruxelles Capitale Ixelles, la DG Environnement de la Commission européenne, le Programme Man and Biosphere de l UNESCO, la Banque Nationale, bpost, De Rouck Geomatics, le Groupe GDF Suez, Electrabel, Thalys, Countdown 2010, l European Science Foundation, l US National Foundation, la Fondation Française pour la Recherche en Biodiversité, Greenfacts, et de nombreuses asso

22 ciations de protection de la Nature.

3.12

L’Institut co-organise le congrès «Entomologie en Belgique».

9.12

La biodiversité urbaine s’installe au Muséum. BiodiverCITY, notre nouvelle salle permanente, ouvre ses portes.

Finances

Les dépenses et les recettes présentées ici intègrent pour la première fois dans une approche pluriannuelle le personnel à charge

de la Politique scientifique fédérale. Cette « enveloppe » mise à disposition de l’Institut reprend le personnel statutaire et certains agents contractuels. Elle représente plus d’un tiers des ressources de l’Institut.

Recettes et dépenses (en K€)

Après deux exercices en boni, l’année 2010 s’est terminée par un déficit sur base annuelle de 1 160 K€. Ce déficit s’explique par la baisse de fréquentation du Muséum, l’augmentation de la charge salariale à charge de l’Institut mais aussi les moyens importants consacrés à l’Année internationale de la biodiversité, dont l’ouverture d’une nouvelle salle permanente pour laquelle les montants nécessaires avaient été provisionnés les années précédentes. 15 000 20 000 25 000 30 000
Recettes 29 983 29 645 29 143 10 000
Dépenses Solde 28 660 1 323 28 651 994 30 303 -1 160 0 5 000
Sources des recettes (en K€)

Les recettes propres sont en diminution de 4 %. Cette baisse glo-12 000 bale est le résultat d’une situation contrastée : hors subsides pour la rénovation des salles, les recettes liées à l’activité du Muséum

10 000

sont en baisse de 15 %, tandis que les recettes liées à l’activité des départements scientifiques sont en hausse de 10,5 %.

8 000

L’enveloppe du personnel est en diminution (- 2,2 % entre 2009 et 2010). Cette diminution est due à la complexité des procédures

6 000

de recrutement, ce qui empêche une exécution optimale du plan

de personnel. La dotation augmente de 2,4% par rapport à 2009. 4 000

2 000

0

Répartition des recettes du Muséum par source (en K€)

Institut royal des Sciences Le Muséum a subi une diminution de 15% de sa fréquentation entre 1 400 naturelles

2009 et 2010. À l’exception des recettes liées à l’organisation d’évé

de Belgique

nements et à celles du sponsoring, toutes les recettes dépendant 1 200

Rapport

de l’activité muséale s’inscrivent à la baisse.

annuel 2010

1 000

a. Subventions pour rénovation 687 881 336

800

b.
Billetteries 1 407 1 408 1 137
c.
Locations et ventes expos 355 409 221 600
d.
Boutique 465 426 390

400

e.
Dons - sponsoring - subventions 443 394 452
f.
Service éducatif 279 346 224

200

g.
Événements 245 118 217
h.
Concession cafétéria 40 39 29
i.
Observatoire des publics* 110 112 110

0

Total 4 031 4 133 3 116 * Tous les musées fédéraux

Répartition des recettes de la recherche par source (en K€)

Les recettes liées aux projets de recherche sont en augmentation de plus de 10 % par rapport à 2009. Cette hausse est particulièrement importante pour les moyens en provenance du secteur

privé (+ 114 %), lesquels sont poussés par les études d’incidence réalisées dans le cadre du développement du parc éolien offshore.

Recettes diverses par source (en K€)

2 500

2 000

1 500

1 000

500

0

Facts

& figures

2008 2009 2010

Parallèlement aux grands projets de recherche subventionnés, les 700

Évolution des dépenses par source (en K€)

Lesdépenses globales de l’Institut ont augmenté de près de 6% entre 2009 et 2010. L’évolution la plus marquante concerne le personnel à chargedesressourcespropres(+12%) dueprincipalementàl’applicationdelaréformedesbarèmesdupersonnelscientifique,l’augmentationdu volume d’activités de recherche et le recrutement temporaire

de personnel pour l’Année internationale de la biodiversité.

10 000

8 000

6 000

4 000

2 000

0

2008 2009 2010

Total 28 660 28 651 30 303

Personnel

Répartition du personnel

Institut royal des Sciences naturelles de Belgique

Rapport

La diminution du nombre de collaborateurs statutaires se pour-

suit, en lien avec la mise en suspens de postes en 2009. Ceci devrait 160 se résoudre en 2011 ou 2012.

Le nombre de collaborateurs contractuels a augmenté quant à lui 140

de manière significative, en liaison surtout avec l’augmentation du nombre de projets scientifiques et les activités liées à l’Année

120

internationale de la biodiversité.

100

80

40

Total 427 430 441

20

0

Sources de financement du personnel contractuel

L’analyse des sources de financement du personnel contractuel confirme cette baisse globale de l’utilisation de l’enveloppe de 100

personnel et montre une augmentation proportionnelle des dé

penses financées sur ressources propres et sur projets extérieurs.

80

Total

60

83 83 77 92 97 98

40

90 91 108

265 271 283

20

0

2008 2009 2010

Pourcentage de femmes dans le personnel

26 annuel 2010 Un signal positif vient de l’augmentation relative de la part des femmes parmi le personnel statutaire scientifique. Parmi le personnel contractuel, la proportion de personnel féminin reste majoritaire, même si l’on note une diminution de cette tendance au sein des contractuels scientifiques. 40 50 60
Statutaires scientifiques Statutaires non scientifiques Contractuels scientifiques Contractuels non scientifiques 12,7 28 58,7 57,1 15,8 40,3 55,1 56,1 20,4 36,7 53,5 56,8 10 20 30
0

Pyramide des âges (2010)

La comparaison par rapport à la pyramide des âges 2009 (moyenne

d’âge 2009: 48,43 ans) montre un rajeunissement du personnel de l’Institut.

Le personnel féminin prédomine dans les classes d’âge inférieures

à 40 ans.

60-+ 55-59

Facts

& figures

50-54 45-49 40-44 35-39 30-34 25-29 20-24

403020 10 0 10 2030 40

moyenne d'âge : 42,02 ans

Personnel par rôle linguistique

Pour l’ensemble du personnel, l’équilibre linguistique est respecté à 99 %. Deux catégories spécifiques à l’Institut ont été considérées séparément : la partie du personnel du département Gestion de l’écosystème marin affectée à Ostende et les étrangers (Étr).

Recherche

Répartition des publications (2010)

La place importante de l’IRSNB en matière de recherche scientifique se reflète dans le nombre élevé de publications scientifiques, dont une partie significative avec facteur d’impact et/ou comité de lecture international. L’Institut demeure également très actif en matière de

vulgarisation (principalement les départements Éducation & Nature et Paléontologie), mais surtout en matière d’expertise (principalement

les départements Paléontologie et Gestion de l’écosystème marin).

Évolution des publications

Contrairement aux années précédentes, les manuscrits déposés et 800 acceptés pour publication n’ont pas été repris en 2010. Compte-tenu

700

decettemodification,lenombredepublicationsscientifiquesausens large continue à augmenter (+ 12% par rapport à 2009). Il en est de

600

même destravaux devulgarisation (+14%).Lesrapports ettravaux

500

d’expertiserestentimportantsennombre (+41%).

400

300

100

0

Total 860 978 992

Institut royal des Sciences Encadrements d’étudiants (2010) naturelles de Belgique

Le rôle joué par l’IRSNB en matière de formation en sciences

Rapport

naturelles est très important, surtout pour ce qui concerne les

annuel 2010

Masters. Les départements Invertébrés, Paléontologie et Géologie ont été particulièrement actifs (62 % de l’ensemble des étudiants encadrés).

15

a.
Vertébrés 4 1 5
b.
Invertébrés 13 14 27

10

c.
Entomologie 7 7 14
d.
Éducation & Nature 10 6 16
e.
Paléontologie 12 17 29

5

f. Écosystème marin 7 4 11 g. Géologie 6 13 19 Total 59 62 121

0

abcdef g

Évolution de l’encadrement d’étudiants

Si le nombre de doctorants reste stable, le chiffre total des étu-70

Facts

& figures

Projets scientifiques

L’Institut a géré ou participé à 155 contrats déjà en cours au 1er janvier 2010 ou ayant démarré pendant l’année 2010. Les départements les plus actifs en la matière sont les départements Invertébrés, Éducation & Nature, Gestion de l’écosystème marin et Paléontologie, mais l’ensemble desdépartementsparticipeàdesprojetsàfinancementexterne,témoignantdel’importancedel’Instituttantauplannationalqu’international.

abcdef gh

Projets en cours suivant source de financement

Le nombre de contrats en cours fin 2010 est en augmentation significative par rapport à 2009 (+ 13 %). La Politique scientifique fédérale demeure la source la plus importante, mais le secteur privé prend une place croissante, particulièrement en montants (il s’agit ici des montants facturés au cours de l’exercice 2010 : pour la Loterie Nationale par exemple, les facturations afférentes aux contrats

n’interviendront qu’en 2011). 54 nouveaux contrats sont entrés en vigueur au cours de l’exercice 2010 (+ 23 % par rapport à 2009).

Bibliothèque

Acquisitions

En terme d’enrichissement, la bibliothèque a continué à se déve

lopper de manière significative.

Le nombre d’abonnements à des revues électroniques (A to Z) est

en augmentation constante.

Livres et journaux +5 922 +7 823 +8 291

Journaux électroniques +175 +251 +42

Total e-journals (A to Z) 437 688 730

Prêts et revues électroniques

800

700 600 500 400

300

200

100

0

2008 2009 2010

Par rapport à l’exercice précédent, les mêmes tendances sont observées en 2010: les prêts en interne plafonnent, le solde positif dans le rapport annuel d’Impala (système électronique de gestion des

bibliothèques en Belgique) est confirmé.

Les échanges internationaux demeurent quant à eux à un niveau

élevé.

6 000

La tendance à l’augmentation de l’utilisation des revues électro

niques se poursuit en 2010.

La croissance se situe à tous les niveaux, avec des chiffres oscillant 5 000

entre 2 et 4%.

De manière plus globale, les prêts ou consultation de documents

4 000

papier plafonnent, à l’exception des échanges internationaux. À l’inverse, l’utilisation de revues électroniques poursuit sa croissance.

3 000

Prêts

1 000

0

Institut royal des Sciences naturelles de Belgique

Rapport Revues électroniques annuel

Périodiques 3 114 3 263 3 351 3 500

2010

Abstracts 911 967 1 014

Texte intégral 2 413 2 504 2 589

2 800

Total sessions de consultation 6 981 7 112 7 207

2 100

1 400

700

0

Collections

Visiteurs scientifiques (2010)

Le nombre de visiteurs scientifiques est en diminution (-12 %) par rapport à 2009, mais demeure important. Les départements les

plus demandés sont l’Entomologie et la Paléontologie, mais les inégalités entre départements diminuent en regard de l’exercice

précédent.

Gestion des collections (2010)

300

250

200

150

Facts

& figures

100

50

0 abcde fg

En 2010, les collections ont continué à s’enrichir de manière signi

ficative. La valorisation des collections s’est intensifiée en regard de l’exercice précédent (+ 54%), la part du département Invertébrés demeurant prépondérante. Le nombre de prêts demeure lui aussi très significatif, bien qu’en diminution par rapport à 2009 (- 15 %).

Encodage dans la base de données DaRWIN (2010)

Dans des conditions parfois difficiles, l’Institut a maintenu et Enregistrement des types même intensifié en 2010 son effort de digitalisation des collec

25 000

tions: plus de 53 000 items supplémentaires (matériel-type et non-type) ont été enregistrés en 2010 dans DaRWIN, soit environ 5 000 de plus qu’en 2009. 24 000

jan. fév. mar. avr. mai juin jui. aoû. sep. oct. nov. déc.

Enregistrement des non-types

345 000 325 000 305 000 285 000

jan. fév. mar. avr. mai juin jui. aoû. sep. oct. nov. déc.

Muséum

Évolution de la fréquentation du Muséum

La fréquentation du Muséum a baissé de manière significative (15 % par rapport à 2009). L’effet des ouvertures de nouvelles salles 250 000 permanentes (2007 à 2009) s’atténue. L’impact de l’ouverture d’une

nouvelle salle en décembre 2010 a été contré par les conditions

climatiques, qui n’ont pas favorisé la fréquentation. 200 000

La part relative des visiteurs en groupe augmente : en 2008, année

record de fréquentation, ils représentaient 27,30 % du total des visiteurs, en 2010 le chiffre dépasse les 30 %. 150 000 60 % de nos visiteurs sont âgés de moins de 18 ans, ce qui confirme les tendances relevées antérieurement.

100 000

Visiteurs en groupes Individuels et familles 96 472 257 371 93 490 225 956 82 393 189 541 50 000
Total 353 843 319 446 271 934
0

Répartition salles permanentes/expos temporaires

Le Muséum a présenté une exposition temporaire à tarification

séparée pendant huit mois en 2010 contre dix mois en 2009, ce qui

explique la diminution de fréquentation de ce type d’exposition.

Dans le même temps, les expositions temporaires (co)produites par le Muséum et qui circulent dans les pays étrangers ont attiré un nombre croissant de visiteurs : en 2010, le nombre de visiteurs ‘outdoor’ de ces expositions a même dépassé le nombre total de

visiteurs ‘indoor’.
2008 2009 2010
Salles permanentes 324 613 208 900 191 926
Expos temporaires (indoor) 29 230 110 546 80 008
Total Muséum 353 843 319 446 271 934
Expos temporaires (outdoor) 102 000 313 000 353 000

Tarifs adaptés et gratuités (2010)

350 000 300 000 250 000 200 000 150 000 100 000 50 000 0

Institut royal des Sciences naturelles de Belgique

Rapport annuel 2010

32

Un quart de nos visiteurs a bénéficié, tout comme les années précédentes, de la gratuité d’accès, dont une partie non-négligeable

(6 %) lors d’une visite un premier mercredi après-midi du mois.

Catégorie gratuit 51 756 19
Payant 204 395 75
Gratuité du 1er mercredi du mois 15 783 6
Total 271 934 100

Fréquentation du site web

Les chiffres témoignent d’une évolution contrastée. En effet, si le nombre de visiteurs du site continue à augmenter légèrement (+ 1%), le nombre de pages consultées est en diminution (-28,5 %) par rapportà l’exercice précédent. Ceci pourrait signifierun changement de

comportement de nos visiteurs du web, qui demeurent par ailleurs

fort nombreux et traduisent l’importance de ce moyen de contact. À noter le rajout en 2010 d’un url : www.naturwissenschaften.be.

Facts

Évolution de la clientèle de la boutique

& figures

Comme en 2009, la courbe d’évolution de la clientèle de la boutique

suit celle des visiteurs du Muséum, la diminution étant toutefois

moins accentuée (Muséum : -15 %, boutique : -10 %). Les ouvrages de vulgarisation scientifique représentent une part importante

des ventes, ce qui souligne la part active de la boutique dans la

diffusion des connaissances scientifiques. À noter encore que la

dépense moyenne par visiteur est en hausse constante depuis

plusieurs années.

Le Muséum dans les médias

Le retentissement des activités de l’IRSNB dans les médias – tant presse écrite que radio-TV – a été plus important que jamais en 2010, grâce notamment aux nombreux événements relatifs à

l’Année internationale de la biodiversité. De la même manière,

les collaborateurs de l’Institut ont participé très activement à

enrichir le contenu des informations.

Activités organisées par le Service éducatif

Malgré la diminution conséquente du nombre de visiteurs du

Muséum entre 2009 et 2010 (-15 %), le nombre de participants aux activités éducatives se maintient (-2 %). Le nombre de participants en groupe a même légèrement progressé par rapport à 2009 (+ 1 %),

ce qui est particulièrement remarquable et témoigne du succès

croissant des activités générées par les services éducatifs NL et FR.

Le nombre d’activités organisées annuellement, quant à lui, se stabilise autour de 2 800 ! La moyenne de fréquentation par activité est de plus de 18 participants, chiffre très encourageant et

qui confirme le constat évoqué ci-avant.

Proportion visiteurs encadrés (pourcentage indoor)

La proportion de visiteurs encadrés, tant en regard du nombre total de visiteurs du Muséum que par rapport aux visiteurs en

groupe, ne cesse de croître et dépasse même les 50 % pour cette dernière catégorie.

Répartition visiteurs en groupe

La part relative prise par les participants aux activités éducatives

hors les murs est en forte augmentation en 2010. Ceci est dû aux activités organisées au sein du camion de la science, XperiLAB.be,

qui a démarré ses activités en octobre 2010 et connaît, depuis,

un très grand succès. Cette part relative devrait dès lors encore augmenter sensiblement en 2011.

Répartition visiteurs par activité (indoor)

Total visiteurs en groupe 96 472 93 490 82 393
Total visiteurs en groupe
encadrés (indoor) 43 464 43 539 41 261
Total visiteurs encadrés
(outdoor) 3 532 3 333 5 894

Les tendances observées dans le passé se confirment : les participants aux visites guidées représentent plus de la moitié de l’ensemble des visiteurs encadrés, mais les ateliers génèrent également beaucoup de demandes.

Visites guidées 24 102
Ateliers 14 640
Autres 6 329
Total 45 071

Profil du public des visites guidées (pourcentage)

Ce sont les groupes scolaires qui fournissent la majorité du public des visites guidées (77 % côté NL et même 82 % côté FR). Les autres catégories représentent néanmoins un poids plus conséquent que pour les ateliers. Les comportements diffèrent entre NL et FR, les

demandes en maternelles et primaires étant surtout le fait des FR, alors que les élèves du secondaire sont (légèrement) majoritaires

au sein des groupes NL. La proportion d’adultes est également sensiblement plus grande côté NL.

NL FR Institut Total 100 100 royal des Sciences naturelles de Belgique

Rapport

Profil des participants aux ateliers (pourcentage)

annuel 2010

Les participants aux ateliers sont en écrasante majorité des groupes scolaires, principalement du primaire. À noter que les chiffres sont très proches entre NL et FR, sauf pour l’enseignement supérieur et les groupes de jeunesse.

NL FR

Individuels et familles -1

Total 100 100

Organigramme

Systématique et taxonomie biochimique Malacologie Invertébrés récents

Point focal national CBD

Collections

Insectes Insectes et arachnomorphes

Géologie générale et minéralogie Géologie appliquée et géo-information

Micro-paléontologie et paléo-botanique Invertébrés fossiles Vertébrés fossiles Anthropologie et Préhistoire

Modélisation du milieu marin

Gestion de l’écosystème marin

Biologie des eaux douces Évaluation biologique

Centre belge de baguage

L’iRsnB en bref

Institut royal des Sciences naturelles de Belgique

Rapport annuel 2010

36

MissiOns

L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique est l’un des dix

établissements scientifiques fédéraux qui dépendent de la Politique scientifique fédérale (Belspo).

Il est chargé de quatre grandes missions:

Par ailleurs, le directeur de l’Institut est membre de plein droit du Comité de Direction du Service Public de Programmation de la Politique scientifique fédérale.

RECHERCHE & EXPERTisE

À l’IRSNB, une personne sur trois est un scientifique. Ce sont principalement des biologistes étudiant la faune, c’est-à

dire des zoologistes, taxonomistes, systématiciens, phylogénistes, écologistes. Le personnel scientifique comprend aussi des océanographes, des géologues, des paléontologues, des anthropologues, des préhistoriens, des archéologues ainsi que des géographes, des physiciens,des bio-ingénieursou desmathématiciens, cequipermet

de mener des recherches pluridisciplinaires.

Les axes de recherche

Les services rendus

L’IRSNB fournit une expertise scientifique pour les engagements

internationaux de la Belgique relatifs à la protection de l’environ

nement.

Il développe des outils et des méthodes pour le suivi des milieux

naturels, terrestres ou marins.

Il délivre des avis utiles pour l’élaboration des politiques nationales et européennes de protection et de conservation des milieux et de

la biodiversité.

COLLECTiOns

Avec environ 37 millions de spécimens conservés comme patrimoine belge de portée universelle, les collections biologiques, paléontologiques, préhistoriques et géologiques de l’IRSNB sont avant tout

une référence et un outil pour la recherche.

Se plaçant au niveau européen juste derrière Londres et Paris, les

collections réunies à Bruxelles ont reçu le label européen de «grande infrastructure de recherche» et, à cetitre, sont visitées et étudiéesen permanence par des chercheurs du monde entier.

Les collections sont dynamiques, elles s’enrichissent sans cesse et sont l’indispensable base de nombreuses publications, de révisions

taxonomiques et de monographies.

Depuis plusieurs années, l’IRSNB s’est engagé dans un ambitieux programme de numérisation de ses collections et a développé pour

cefaireunlogicielopen-source,DaRWIN,quipermetd’encodertoutes

lesdonnéesrelativesàn’importequellecollectiondespécimens,quel

que soit leur groupe taxonomique.

MUséUM

Pour le grand public, le Muséum des Sciences naturelles est la partie visible de l’IRSNB. Il offre 16 000 m2 de galeries permanentes, de salles d’expositions temporaires, d’ateliers éducatifs, et accueille

chaqueannée prèsde300000 visiteurs,dont environ30 % de groupes scolaires. Il est mondialement connu pour sa Galerie des dinosaures, la plus grande d’Europe. En 2009, il a ouvert sa Galerie de l’évolution, complétant ainsi l’Aile de l’histoire de la vie. En 2010, il a posé le premier jalon de son Aile de la Biodiversité en inaugurant une Galerie sur la biodiversité urbaine.

Il joue un rôle de leader en matière de promotion et de diffusion de la

culturescientifique,dans ses murs mais aussi en dehors,notamment par le biais d’expositions et d’animations itinérantes. Il poursuit ses

efforts dans le sens d’une rénovation ambitieuse, progressive, pour un muséeplus convivial, correspondanttoujours mieux aux attentes de la société, et résolument tourné versla promotion d’une approche

respectueuse de la nature.

La totalité des activités de l’IRSNB est décrite dans le rapport 2010 détaillé

(environ 550 pages FR/NL). Ce rapport est disponible sous forme de CD ROM et peut être fourni sur demande à adresser à direction@sciencesnaturelles.be

Crédits photographiques (sauf mention contraire):

© Institut royal des Sciences naturelles de Belgique

Textes:

Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, Michèle Antoine et Eric De Weer

Coordination:

Sophie Boitsios

Graphisme:

Tertio

Imprimé sur papier recyclé et avec encres végétales.

E .R .: Camille Pisani – Rue Vautier 29 – B .1000 Bruxelles

Photo de couverture © Mikhail Rogov, Wikipedia