Les traverses du temps
En 1995, à l’occasion des travaux de la ligne de TGV, le ministère de la Région wallonne a démarré un grand projet archéologique, nécessitant le savoir-faire de nombreux spécialistes. Dominique Bosquet, archéologue dans notre service Préhistoire, a été contacté pour la coordination. Avec l’aide de sa collaboratrice Aude Van Driessche, la recherche a commencé sur les chapeaux de roue...
Sur les traces de l’archéologue
Pendant près de dix ans, l’équipe archéologique s’est efforcée d’examiner le plus minutieusement possible les 80 km de la ligne de chemin de fer. « Nous avons commencé par une prospection du terrain, raconte Dominique. Il s’agit surtout de surfaces agricoles, où les charrues déterrent régulièrement des objets archéologiques. Il suffit alors souvent de se promener dans les champs labourés pour y détecter la présence de matériel intéressant. »
La plupart des vestiges se trouvent en effet juste en dessous de la couche de labour. L’équipe a donc effectué des sondages traversant cette couche : des tranchées de 2 mètres sur 10 ont été ouvertes à l’aide d’une excavatrice selon un schéma rigoureux. « Cette méthode a permis d’explorer 10% de la superficie totale à raison d’1,5 hectare par jour. Nous recherchons des traces de couleur plus foncée. Ces ‘taches’ peuvent avoir une cause naturelle (les racines d’un arbre mort, le terrier d’un animal...), mais dans certains cas, elles sont d’origine humaine. Sur base du nombre et de l’importance de ces taches, on choisit les principaux sites qui sont alors entièrement dégagés.»
Avant d’acheminer les objets trouvés au laboratoire pour analyse, on effectue le relevé de toutes les découvertes de manière très précise. C’est ici qu’Aude entre en action : graphiste, elle veille surtout à dessiner les plans et à réaliser des esquisses des vestiges trouvés. Mais elle a aussi collaboré aux fouilles sur le terrain. « Il est très agréable d’être impliqué dans l’ensemble du projet. Je me souviens de ma première découverte : un morceau de céramique affichant très clairement une empreinte digitale datant d’il y a plusieurs milliers d’années. C’était très impressionnant. »
Les fouilles ont engendré plusieurs découvertes remarquables, et nous vous en présentons deux ici : un site néolithique comprenant plusieurs maisons (vieux de 5000 ans) et un campement néanderthalien du paléolithique moyen (80.000 ans).