Vous êtes ici : Accueil » ... » ... » 250 ans de Sciences naturelles » Antarctique - Les régions polaires : baromètre des changements climatiques

Antarctique - Les régions polaires : baromètre des changements climatiques

Envoyer cette page à quelqu'un Imprimer cette page
Titre: 250 ans de Sciences naturelles

Les régions polaires sont depuis longtemps des destinations privilégiées pour les aventuriers en mal d’expédition. Mais alors que les voyageurs polaires d’autrefois exploraient des territoires étrangers et inconnus, le pôle Nord et le pôle Sud sont aujourd’hui le lieu le plus en vue de la recherche climatologique, glaciologique et biologique concernant les effets du « changement global ». Depuis quelques décennies, le terme « global change» regroupe des phénomènes comme les changements climatiques, les rayonnements UV, les espèces envahissantes, la pollution et d’autres conséquences de la société industrielle.

Plus spécifiquement, les régions polaires réagissent d’ores et déjà aux changements climatiques. Les effets de des changements sont bien plus visibles dans les régions polaires qu’ailleurs sur le globe.

La végétation en est un bon exemple. Il y a vingt ans, il n’y avait sur King George Island (dans la Péninsule Antarctique) que peu de végétation: quelques rochers, un peu de lichen et deux espèces de plantes à fleurs, l’une étant une herbe et l’autre une plante grasse, toutes deux très rares. Aujourd’hui, de nombreux autres lichens et plantes sont apparues sur l’île. Elles forment maintenant des tapis de verdure.

A côté du réchauffement de la planète, le problème du trou dans la couche d’ozone, avec pour conséquence l’augmentation des rayons UV-B, est lui aussi important. Les UV-B sont des rayons lumineux ultraviolets à courte fréquence et sont les plus dangereux pour la vie. Les UV-B ont une influence sur la diversité et la composition du phytoplancton jusqu’à une profondeur de 30 mètres, en particulier les algues et autres plantes microscopiques qui constituent l’alimentation de base de toutes les formes de vie aquatique. Toutes les espèces qui composent le phytoplancton n’ont pas la même sensibilité aux UV-B. Les cellules de certaines espèces contiennent des substances qui les protègent. D’autres espèces sont quant à elles très sensibles et ne survivent pas à cette augmentation du rayonnement UV-B. De ce fait, la composition du phytoplancton se modifie. Dans la mesure où il se situe à la base de la pyramide alimentaire de tous les organismes aquatiques, la diminution du phytoplancton peut influencer l’ensemble de la chaîne alimentaire.



Les biologistes qui effectuent des travaux de recherche dans l’Antarctique ont remarqué quela composition du phytoplancton se modifie, mais aussi que la quantité de phytoplancton poduite diminue fortement d’année en année. Le long des côtes de l’Antarctique se trouvent des kilomètres de surfaces glacées qui glissent vers la mer. Elles forment des plaques de glace qui se brisent ensuite pour donner des icebergs. Ce phénomène existe depuis toujours, mais ces 10 à 20 dernières années, les chercheurs remarquent que les plaques de glace rompent beaucoup plus vite. De nombreux kilomètres carrés ont même totalement disparu. Des environnements qui, avant, vivaient sous une couche épaisse de glace, sont maintenant directement exposés aux influences de l’extérieur. Ceci est une des conséquences très visibles du réchauffement climatique: la température moyenne annuelle autour de la Péninsule Antarctique a augmenté de 2,4°C en 50 ans. Aux alentours de 0°C, c’est évidemment énorme.

L’étude de ces effets nécessite de comparer les données historiques à la situation actuelle. Le réseau d’information sur la biodiversité marine (SCAR-MaRBIN) met à la disposition de tous toutes les informations disponibles. Implémenté au sein de la Plateforme Biodiversité, et financé par la Politique Scientifique Fédérale, SCAR-MarBIN est devenu un réseau important de bases de données, offrant un accès à plus de 90 sets de données répartis sur toute la planète, via un seul site web. SCAR-MarBIN offre un accès gratuit et instantané à l’ensemble de ces informations, devenues fondamentales dans le cadre de la recherche, la conservation et la gestion des écosystèmes marins Antarctiques. Ce type de produit prend une signification particulière dans la perspective des changements rapides qui se produisent actuellement dans l’Antarctique.

Outre les effets du “global change”, l’équipe du Muséum étudie également la biodiversité de la faune antarctique dans les profondeurs des océans. La vie y est extrêmement riche et diversifiée. Les chercheurs se concentrent surtout sur le rôle des nombreux crustacés dans l’écosystème; il permettra de mieux prédire les résultats du changements climatique sur la structure de la chaîne alimentaire. Et donc sur toute la vie dans les océans…


 



 

 
Dernière modification : 01 octobre 2008