Gorilles - La conservation des gorilles
Les grands primates, le Gorille plus encore que les autres, sont, depuis longtemps, une source d’inspiration et de fascination pour les hommes de tous les continents.
Si certaines populations de Gorilles font heureusement l’objet d’efforts de conservation et de restauration bien ciblée, les Gorilles sont, dans leur ensemble, en danger d’extinction, et doivent faire face actuellement à de très sérieuses menaces. Ces menaces sont principalement la destruction ou la modification de leur habitat, par la déforestation, l’exploitation forestière, le besoin croissant en terres agricoles et en énergie (charbon de bois), et le développement des infrastructures. Actuellement la chasse et le commerce de viande de brousse représentent un problème extrêmement grave surtout pour le Gorille de plaines de l’ouest (Gorilla g. gorilla). Les épidémies virales, et les climats politiques instables comptent également parmi les dangers auxquelles toutes les populations de Gorille sont actuellement exposées.
Pour tenter de remédier à cette situation critique, de nombreuses organisations gouvernementales et non gouvernementales, nationales et internationales, s’emploient à multiplier les actions et les efforts de conservation. Ces initiatives comprennent notamment des campagnes anti-braconnage, des actions de reboisement, de développement d'écotourisme de qualité, la mise en œuvre de projets de développement dans les régions qui jouxtent les zones protégées pour la conservation des gorilles, et des programmes de réhabilitation. Beaucoup de ces organisations et les gouvernements impliqués font partie maintenant de GRASP (Great Apes Survival Partnership), dont l’objectif est la conservation des grands singes.
L’une de ces initiatives est l’Accord de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS, dite aussi convention de Bonn), pour la conservation des gorilles et de leurs habitats, mieux connu sous le nom «Accord Gorilla» et pour l’établissement duquel l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique a joué un rôle important. « Ce projet s’intègre dans le cadre des obligations de la Convention sur les espèces migratrices», nous raconte Roseline C. Beudels-Jamar, une des scientifiques de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique et conseillère scientifique de la Convention pour les mammifères terrestres. « Cet Accord international devrait aider à la conservation de l’ensemble des quatre sous-espèces de Gorilles, en particulier en ce qui concerne la coopération multinationale transfrontalière.»
En consultation avec les dix Etats de l’aire de répartition du Gorille et les autres partenaires de GRASP, l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique s’investit dans le développement de cet Accord, et initie la mise en œuvre de cet Accord et de sa traduction en Plans d’Action régionaux transfrontaliers.
En ce qui concerne les Gorilles, la CMS, son Secrétariat et son Conseil Scientifique ont pour mission d'établir la structure légale nécessaire pour fédérer et pérenniser l’ensemble des initiatives de conservation, en collaboration avec les Etats de l’aire de répartition du gorille. « Le gorille est une espèce forestière.», nous raconte Roseline. « On trouve des gorilles dans deux régions très distantes d'Afrique. Les populations occidentales et orientales ont probablement été séparées par l'immense lac qui s’étendait dans le bassin intérieur du Congo au Miocène. Puis il y a 5 millions d'années, suite à l'assèchement graduel de la région et la régression de la forêt, elles se sont réfugiées vers des régions plus élevées. Plus tard, les gorilles n’ont plus réoccupé le bassin central du Congo. »
Roseline C. Beudels-Jamar a piloté, en étroite collaboration avec le CMS, l’élaboration et le développement de cet Accord. En collaboration avec ses collègues de l’Institut, elle a identifié les principales menaces et identifié les mesures de gestion nécessaires. Ces informations ont permis de préparer des fiches sur le statut des différentes sous-espèces de gorilles. Elle a également organisé plusieurs réunions internationales avec les pays concernés par cet Accord.
« A ce jour, six des dix pays concernés ont déjà signé cet Accord, un septième pays est sur le point de le faire. Ce qui fait que cet Accord devient un instrument international contraignant pour la conservation des gorilles et leurs habitats. »
La CMS et l’Institut Royal des Sciences naturelles de Belgique se sont engagés, avec leurs partenaires, à mettre en œuvre cet Accord et à fournir aux Etats de l’aire de répartition, aux autres gouvernements et organisations impliquées, un cadre légal qui permettra de renforcer et fédérer les efforts de conservation.