Découverte d'un nouveau genre de lézard - Page 2
On continue encore à découvrir de nouvelles espèces, c’est donc que la biodiversité se porte bien ?
Paradoxalement non... On peut même affirmer que l’état de la biodiversité est au plus mal et que jamais elle n’a été aussi menacée. Le taux d’extinction des espèces augmente à un rythme effréné : des milliers d’espèces sont actuellement menacées de disparition. La dégradation et la destruction des biotopes en sont les causes principales, mais le changement climatique global est mis en cause également (les grenouilles, par exemple, y sont particulièrement sensibles).
Des espèces disparaissent probablement avant même que nous les ayons découvertes. Pendant que les scientifiques inventorient la diversité des espèces et en découvrent de nouvelles, une série d’autres disparaissent. Pour utiliser une métaphore, c’est un peu comme si nous remplissions un récipient percé, dont le trou s’élargit de plus en plus…
Pourquoi de telles découvertes sont-elles importantes ?
Tout d’abord parce qu’elles permettent d’accroître notre connaissance de la diversité biologique, des interactions entre les êtres vivants et donc du milieu dans lequel nous vivons. Pendant que nous envoyons des sondes explorer de lointaines planètes, des milliers d’espèces restent encore inconnues sur la nôtre. Le bon état de la biodiversité est aussi un gage de prospérité pour nous tous qui vivons des ressources naturelles et nous nous devons de la protéger.
Étant donné que l’on ne peut protéger que ce que l’on connaît, il est important de s’atteler à décrire les êtres vivants et de comprendre la complexité des interactions qui les unissent. Une espèce non décrite n’existe tout simplement pas… En outre, le fait de découvrir de nouvelles espèces endémiques au Parc National de Kaieteur est un argument solide en faveur d’un maintien de sa protection et même d’un renforcement de celle-ci.
Qui finance ces recherches ?
Ces recherches sont financées par la Direction Générale de la Coopération au Développement via le Point focal belge pour l’Initiative taxonomique mondiale (ce site web s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre; seulement en anglais).
Pourquoi ces recherches sont-elles financées par la Coopération au Développement?
Les activités humaines restreignent les habitats à l'échelle mondiale. Il est important de protéger la biodiversité qui nous reste, ce qui nécessite une connaissance scientifique suffisante. Malheureusement le savoir et la connaissance taxonomiques sont très limités dans les pays en voie de développement, alors même qu'une part importante de notre biodiversité se trouve dans ces pays. C'est pourquoi la Direction Générale de la Coopération au Développement (ce site web s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre) a décidé d'investir dans des projets qui permettent aussi bien la formation de chercheurs locaux que l'éducation publique.
Le but de la recherche dans le parc national du Kaieteur n'est pas uniquement l'inventarisation de la biodiversité locale mais aussi la formation des chercheurs Guyanais. De plus, de jeune collaborateurs issus de villages situés à la frontière du parc sont aussi formés lors des expéditions et les écoles locales sont impliquées dans les activités: ainsi on sensibilise la population à l'importance de la protection de la biodiversité de la région.
D’autres nouvelles espèces ont-elles été découvertes dans le Parc National de Kaieteur ?
Oui, plusieurs nouvelles espèces sont en cours de description, principalement des grenouilles mais également une autre nouvelle espèce de lézard qui, dans le parc, coexiste avec Kaieteurosaurus hindsi