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Sur la piste de la grippe aviaire !

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L’influenza aviaire, appelée également peste ou grippe aviaire, est une maladie virale que l’on rencontre à l’origine essentiellement chez les canards sauvages et la volaille domestique. Plusieurs types de ces virus existent. Certains sont très virulents, tuant les oiseaux en quelques jours, d’autres posent nettement moins de problèmes et peuvent être supportés durant des années par leur hôte.

Depuis 2003, une épidémie de grippe aviaire très virulente (le virus « H5N1 ») sévit en Asie du Sud-Est, décimant grands élevages et poulaillers. En août passé, une série de cas ont été détectés dans le sud de la Russie, non loin du Kazakhstan. En octobre, le virus a fait son apparition en Turquie, ensuite en Roumanie et enfin en Croatie. Cette subite extension des zones contaminées, en direction de l’Europe, a inquiété les virologues et les ornithologues. En Belgique, le dossier est traité par l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA) (*).

La premier objectif de l’AFSCA a été d’évaluer les facteurs de risque de voir se propager la maladie jusqu’en Belgique. Pour ce faire, les ornithologues de l’Institut ont été appelés à la rescousse. En effet, depuis 1927 nous organisons en Belgique le baguage des oiseaux sauvages : un outil unique en matière de suivi des migrations. Grâce au dévouement de centaines de collaborateurs-bagueurs, près de 700.000 oiseaux sont bagués chaque année ! Il en résulte un fichier de plus de 200.000 reprises, chacune illustrant le déplacement d’un individu.

 

Carte des reprises des fuligules morillons bagués en Belgique
 

Carte des reprises des fuligules morillons bagués en Belgique. A chaque carré correspond une localité où a été observé un morillon bagué en Belgique.

 

A la demande de l’AFSCA, les données concernant les espèces les plus à risque (point de vue de leur sensibilité au virus et de leurs voies de migration) ont été analysées et cartographiées. Il a été constaté que des oiseaux hivernant ou traversant la Belgique au cours de leur migration provenaient des zones où l’épidémie sévit. Cela signifie-t-il que les oiseaux migrateurs peuvent transporter la maladie sur des milliers de kilomètres ? A vrai dire, on ne le sait pas ; les virologues du Centre d’Étude et de Recherche Vétérinaires et Agrochimiques (*) (CERVA) ont expliqué que la maladie était tellement foudroyante pour les oiseaux infectés qu’il paraissait improbable qu’ils puissent encore traverser un continent. Mais vu qu’on ne peut le dire avec aucune certitude, cela ne signifie pas que cela ne soit pas possible ! C’est pourquoi, les autorités sanitaires ont choisi la voie de la prudence.

L’AFSCA a installé, entre autres, un système de surveillance de l’occurrence des virus de la grippe aviaire en Belgique. Ici aussi, l’expertise du Muséum a été mise à contribution. Le baguage des oiseaux d’eau (cygnes, oies, canards, limicoles, mouettes et goélands) a été intensifié. A côté de cela, si c’est possible, un prélèvement de liquide fécal est réalisé pour être très rapidement analysé par nos collègues virologues. L’oiseau est ensuite relâché ; l’opération n’aura duré que quelques minutes. En Belgique, contrairement à d’autres pays, il n’a donc pas été décidé de tuer des oiseaux pour effectuer des prélèvements mais de faire appel à notre expertise en matière d’étude des oiseaux sauvages. Ce programme se poursuit jusqu’en mars prochain ; un objectif de 1500 prélèvements a été fixé.

Les différentes espèces de canards sont capturées au moyen de nasses.

Les différentes espèces de canards sont capturées au moyen de nasses. Ici, il s’agit d’un fuligule morillon (Aythya fuligula).

 

Un morillon (Aythya fuligula) est bagué

Tout d’abord, l’oiseau est bagué. On détermine ensuite son âge et son sexe à partir de caractéristiques du plumage. Les informations seront ensuite encodées dans une banque de données (qui compte aujourd’hui plus de 4.000.000 de lignes). Différentes mesures sont également enregistrées comme la longueur de l’aile et le poids.

 

Photo d'un échantillonage

Un échantillon de matière fécale est prélevé dans le cloaque avec un coton-tige stérile.

 

Photo du transport des échantillons

Le coton-tige est immergé dans un tube rempli d’une solution antibiotique et conservé à 4°C. Il est alors envoyé endéans les 48 heures au CERVA pour analyse.

 

Ce programme de surveillance est mené en collaboration avec le CERVA et grâce au concours des autorités de la Région bruxelloise, flamande et wallonne. Ce sont en effet les Régions qui délivrent les dérogations permettant de baguer des oiseaux sauvages mais qui également dans plusieurs cas ont autorisé la mise en place dans leurs réserves naturelles de dispositifs de capture-baguage des oiseaux.

Si vous voulez en savoir plus sur la grippe aviaire et sur les mesures de précaution prises contre cette maladie, vous pouvez consulter les sites suivants : www.health.gov.be (*), www.afsca.be (*) et www.influenza.be (*).

(*): Ce site web s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.
 
Dernière modification : 07 mai 2007