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Médaille de bronze belge aux J.O. de la bio !

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C’est le Prince et la Princesse Akishino qui ont ouvert avec une aimable solennité la 20e Olympiade internationale de Biologie, à Tsukuba, près de Tokyo. Toutes les qualités d’organisation japonaises étaient évidemment de mise. La cité scientifique de Tsukuba, créée à partir de rien en 1978 , a donc eu l’honneur d’accueillir, du 12 au 19 juillet, cette compétition de haut niveau. Ces « jeux olympiques de la biologie » – destinés aux élèves de fin d’enseignement secondaire – se déroulent chaque année dans un pays différent.

L’Olympiade internationale de Biologie, rencontre de jeunes talents

221 jeunes de 17-18 ans, représentant cinquante-six pays issus des cinq continents, s’y sont affrontés dans la plus parfaite des amitiés, donnant ainsi un bel exemple d’ouverture et de fair-play. Il s’agit là de la crème de la jeune science biologique mondiale. La Belgique avait envoyé 4 représentants, deux francophones sélectionnés lors de l'Olympiade de biologie, deux flamands issus de la Vlaamse Biologie Olympiade. Après une semaine d'épreuves tant théoriques que pratiques, le palmarès a livré son verdict : 60 % des participants sont médaillés, ce qui donne 23 médailles d’or, 46 médailles d’argent, 68 médailles de bronze.

Samuel Vandewaeter s’attribue un médaille de bronze

La Belgique fait une performance modeste mais appréciée : un des quatre représentants, Samuel Vandewaeter (formé au Klein Seminarie, Roulers) se voit attribuer une médaille de bronze. Les autres Belges, Nicolas Lepers (Institut St Aubain – Ste Elisabeth, Namur), Jeanne Fourmentin (Collège St Julien, Ath) et Charlotte Callewaert (Barnum, Roulers) se classent honorablement au vu de la concurrence.

Car concurrence il y a ! Les nations européennes sont largement minoritaires dans cette compétition où l’Asie se taille la part du lion. À la fois par ses poids lourds comme la Chine ou l’Inde que par ses jeunes tigres : Singapour, Taiwan, la Corée, etc.

Fonctionnement

L'Olympiade de Biologie vise officiellement les étudiants de fin de secondaire. Tous les domaines de la biologie – et spécialement les plus pointus – font l'objet d'une batterie d'épreuves, théoriquement au niveau de l'enseignement secondaire, mais en fait souvent digne d'une deuxième année d'université !

Cette année, les quatre épreuves de laboratoire – chacune d’une heure trente – portaient sur l’anatomie des plantes et des animaux (par exemple disséquer une chenille et identifier ses organes et leur fonction, analyser et identifier les matières de réserve alimentaire contenues dans une graine), sur la biochimie (mesure de l’activité d’une enzyme, caractérisation d’une protéine) mais aussi sur la génétique (observation de mouches mutantes, analyse par chromatographie des pigments de leur oeil) et enfin la physiologie cellulaire (étude de la multiplication de cellules de levures, étude du mécanisme de motilité d’une algue unicellulaire).

Environ quatre-vingt questions de théorie, administrées en deux sessions, couvraient tous les domaines : la biologie cellulaire, la physiologie et l'anatomie végétales, la physiologie et l'anatomie animales, la génétique, l'écologie, la systématique, le comportement animal...

L’ensemble de ces épreuves étaient bien conçues, mais exigeaient beaucoup de connaissances pointues. L’expérience des années précédentes montre justement que nos jeunes Belges brillent plutôt lorsque le raisonnement est privilégié. Et c’est logique : nos étudiants – qui comptent en moyenne 2 heures hebdomadaires de bio – sont désavantagés par rapport à nombre de nations aux formations intenses et spécialisées. Nos jeunes se retrouvent dans la position d’amateurs par rapport à de vrais professionnels comptant parfois jusqu’à 9 h de bio par semaine. Même un pays voisin comme la France envoie des étudiants qui ont terminé leur secondaire depuis un an et suivent 6 heures de bio dans les classes préparatoires aux Grandes Écoles.

Expériences amicales

Un des points cruciaux de l’Olympiade internationale de Biologie, c’est de permettre la rencontre d’autres cultures. Nos étudiants en sont encore tout émerveillés : rencontrer d’autres jeunes de leur âge, c’est un merveilleux moyen de tordre le cou à des préjugés. Certes, certains pays viennent ici avec des ambitions claires : gagner le plus de médailles possible ! Les Belges se présentent dans un esprit plus olympique : participer et s’ouvrir aux autres. Et cela, ils le réussissent parfaitement

Quelles leçons pour notre enseignement ?

Y a-t-il des leçons à tirer des résultats de nos étudiants, spécialement des francophones ? En première analyse, soyons positifs : les connaissance limitées de nos étudiants sont compensées par une bonne capacité à analyser et à résoudre des problèmes. Notre enseignement secondaire se veut « général », non spécialisé, et il réussit certainement à donner ces compétences-là.
D’autre part, il est clair que l’absence quasi totale de travaux pratiques dans le secondaire supérieur belge francophone est une lourde tare – et pas seulement pour cette compétition internationale. La Biologie, à l’instar des autres sciences naturelles, se comprend bien quand on manipule, observe, analyse. Toutes activités qui se font idéalement lors d’activités de labo et pas devant le tableau noir. Enfin, constatons que les nations « qui en veulent » misent à fond sur l'éducation des générations montantes ; qui leur donnerait tort ? Notre pays microscopique sans ressources naturelles ne peut, lui aussi, finalement compter que sur sa matière grise pour asseoir son avenir. L’Olympiade internationale de Biologie confirme donc que la Belgique n’est pas nulle, mais devrait sans tarder remodeler massivement son système éducatif. Pas tellement en y mettant de l’argent, mais plutôt en favorisant des attitudes innovatrices dans les classes. Tout un défi, que le nouveau gouvernement francophone aura à relever. Les organisateurs de l’Olympiade en Belgique francophone comptent bien en entretenir leur nouvelle Ministre, Marie-Dominique Simonet.

 
Dernière modification : 17 août 2009