Des animaux pour les dieux - page 3
Un zoo prédynastique ?
Sur les ossements, Wim et Veerle ont trouvé d'autres éléments corroborant leur hypothèse. « Les os de certains animaux présentaient des fractures consolidées, entre autres un bébé hippopotame, un chat des marais et un bubale (une espèce d'antilope). Les babouins avaient plusieurs doigts et orteils cassés, fractures qui ont pu survenir pendant la capture ou pendant leur captivité. Ces fractures ayant eu le temps de se consolider, tout indique que ces animaux ont été maintenus en captivité pendant plusieurs semaines avant d’être sacrifiés pour un rituel funéraire. »
« Sur les dents du bubale, nous avons même constaté le même type d’usure que celui que nous observons aujourd'hui chez les animaux vivant dans des zoos. L’alimentation, différente de celle trouvée par les animaux en liberté, en est la cause. Nous avons même retrouvé des restes de poissons dans l’estomac d'un des éléphants ! Autant de signes qui indiquent que les animaux ont été nourris par l'homme pendant un certain temps. »
Cette conclusion et d’autres ont permis à Wim et à Veerle de d’esquisser une représentation de la vie dans l'ancienne cité de Hierakonpolis, il y a 5.000 ans de cela. Ce site archéologique n'est pas seulement le rêve de tout archéozoologue ; il est suffisamment riche pour susciter l’intérêt d’autres scientifiques.
« Nous travaillons en permanence dans un contexte très multidisciplinaire, explique Wim. Nos analyses sont réalisées en étroite concertation avec des archéologues et des spécialistes en géologie, en anthropologie et en paléobotanique (l’étude des plantes fossiles, Note de la rédaction), etc. Cette collaboration rend cette étude tout à fait passionnante, reconnaît Veerle. C’est un énorme puzzle, et avec l’aide de nos collègues nous parvenons à reconstituer une vue d’ensemble! »
Photos © Hierakonpolis Expedition