Des animaux pour les dieux
La ville du faucon … et d’autres animaux
Depuis 2001, Wim et Veerle participent à des fouilles en Égypte, pays connu pour la richesse de son patrimoine archéologique. Ces fouilles concernent essentiellement les civilisations prédynastiques qui peuplaient l’Égypte avant la période des « grands pharaons », entre 4.000 et 3.000 avant Jésus-Christ.
« C’est à Hierakonpolis, une ville au sud de Louxor, que nous avons fait l’une des découvertes les plus remarquables », nous explique Wim. Hierakonpolis (ce qui signifie en grec « La ville du faucon ») était une ville importante de Haute-Égypte. Ce site recèle un ensemble étonnant d’habitats, de cimetières et d’édifices rituels, notamment le plus ancien temple connu d'Égypte. Les fouilles s’y déroulent actuellement sous la direction de Renée Friedman du British Museum.
« Dans l’un des cimetières de Hierakonpolis, la nécropole des notables, nous avons retrouvé les squelettes de plus de 70 animaux, dont certains avaient été inhumés avec des hommes. Nous sommes clairement en présence d’un rituel particulier. »
« Cette hypothèse est encore corroborée par la proportion d’animaux sauvages que nous avons mis au jour, ajoute Veerle. On retrouve assez souvent des squelettes animaux dans les sépultures humaines, mais il s’agit la plupart du temps d’animaux domestiqués, comme des chèvres, des chiens, des bœufs… Sur ce site par contre, nous avons également découvert des animaux sauvages comme des hippopotames, des babouins et même des éléphants. Et souvent dans des tombes où il n’y avait pas de restes humains. »
« L’objectif n’était donc pas d’étaler la richesse du défunt dans l’au-delà, poursuit Wim. Il s’agit ici davantage d’un rituel proprement dit : en capturant et en dressant des animaux sauvages, les habitants de Hierakonpolis montraient tout leur courage et leur capacité à maîtriser le "chaos de la nature". Ce qui les a même amenés à chasser loin d'Égypte, des animaux comme des éléphants ou des babouins. »
Photos © Hierakonpolis Expedition