Le monde perdu - page 4
Le parc menacé
Si le Parc National de Kaieteur est une région intégralement protégée depuis 1927, il reste toutefois menacé par la pression anthropogénique, surtout par les activités minières illégales. La région est riche en diamants et en or et attire la convoitise ! Le problème principal est certainement la pollution et le déboisement qui découlent de ces activités. La présence d’un grand nombre d’espèces endémiques est une des raisons pour agir en faveur d’une protection plus stricte du parc. Si les biotopes sont trop endommagés, des espèces risquent de disparaître à tout jamais…
Espérons donc que les résultats du projet de Philippe pourront être utilisés pour dresser des plans de conservation et de gestion efficaces. Le Gouvernement Guyanais est fortement encouragé à faire respecter la législation plus sévèrement à l’encontre des activités perturbant ces fragiles biotopes. Philippe et ses co-équipiers espèrent que les résultats de leurs recherches vont contribuer à trouver des arguments en faveur du classement du site en tant que Patrimoine de l’Humanité auprès de l’UNESCO. Les espèces endémiques ne pourront survivre qu’avec l’aide d’une politique de soutien scientifique réfléchie.
La formation
Une part importante du projet consiste en la formation de la population locale. Selon Philippe, “une sauvegarde de la nature efficace et réussie commence par l’éducation.“ “Deux assistants de recherche, un gardien du parc, un professeur et neuf élèves du village voisin Chenapau ont été sensibilisés et formés à l’herpétologie de terrain et aux notions élémentaires de taxonomie. Ces formations sont indispensables au bon déroulement de notre projet."
Des ateliers ont également été organisés au milieu de la jungle pour les enseignantes de l’école du village de Chenapau. Ainsi la population locale perçoit mieux l’importance capitale des zones protégées et les avantages qu’elle peut en tirer. Grâce à plusieurs posters sur l’herpétofaune du parc ainsi qu’à divers jeux ayant pour thème les amphibiens et les reptiles, les enseignantes pourront partager leurs nouvelles connaissances avec leurs élèves.
Des expéditions telles que celle-ci sont très importantes car elles contribuent à différents niveaux à la protection de la nature : elles ont un impact aussi bien au niveau politique qu’au niveau local et social. Ce projet est financé par la DGDC (Directorate-General for Development Cooperation) via le Belgian Focal Point to the Global Taxonomy Initiative et a bénéficié d’un soutien financier additionnel de la part de la National Science Foundation (U.S.A.) ainsi que du Smithsonian Institution’s Biodiversity of Guianas Program (U.S.A.) et du CEIBA Biological Centre (Guyana).