Dans le désert de Gobi - Carnet d'expédition page 3
Le tamisage : la plus grande partie de notre travail ! Pour ça, il nous faut de l'eau…et dans le désert l'eau n'est pas facile à trouver. Heureusement, une famille mongole habitant à quelques kilomètres de Subeng nous permet d'utiliser l'eau de leur puits servant à abreuver les animaux. Chaque matin, le fils cadet de la famille nous apporte une citerne d'eau avec son petit tracteur.
Annelise est responsable de la logistique et elle veille donc à ce que chacun ait le matériel dont il a besoin, après quoi elle remplit les baignoires.
Pendant ce temps, Guo Dian Jong fait fondre dans l'eau les sédiments argileux récoltés. La boue obtenue est ensuite tamisée par Pieter et Thierry sur des mailles de 5 mm, 2 mm et 0,5 mm afin de concentrer les fossiles qu'elle contient. Il est clair que la paléontologie n'est pas toujours un travail intellectuel !
Après une demi-heure de tamisage les premières trouvailles apparaissent dans le tamis de 5mm. Ce sont des dents d'environ 1 cm de long munies de nombreuses petites pointes et qui appartiennent à un mammifère multituberculé du nom de Lambdopsalis bulla. Les multituberculés constituent un groupe très primitif (à mi-chemin entre les monotrèmes et les marsupiaux) qui s'éteignit il y a 35 millions d'années alors qu'ils étaient les mammifères les plus abondants durant toute la période des dinosaures.
Le résidu du tamisage de 2mm et 0,5 mm est mis à sécher sur des bâches. Pendant ce temps, Mister Wou fait son Tai-Chi. Il paraît que cela accélère le séchage !