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La passion des escargots et limaces

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Thierry Backeljau

Thierry Backeljau, chef du département des invertébrés et spécialiste des limaces et escargots, n’en doute pas. « La biodiversité est une passion, à tous les niveaux. La nature éveille des émotions chez ses spectateurs, les scientifiques sont passionnés par la recherche dans ce domaine et la passion ne manque pas dans la nature non plus ! »

Le projet d’étude de Thierry le montre bien : le comportement reproducteur des gastéropodes marins et terrestres. Il s’avère que ces animaux, réputés un peu lents et visqueux, ont une vie amoureuse pimentée, agrémentée de coups de foudre, de pénis géants et d’échangisme.

Avec ses collaborateurs, Thierry décrit le comportement reproducteur des gastéropodes à l’aide d’observations, d’expériences d’accouplement et de recherches génétiques. « Notre recherche vise surtout à étendre notre connaissance biologique et taxonomique générale des limaces et escargots, précise Thierry. Cette recherche plutôt « fondamentale » est nécessaire pour comprendre le monde qui nous entoure. »

Sur base d’informations relatives aux caractéristiques d’une espèce, les scientifiques peuvent examiner la relation de l’animal avec son environnement et vérifier l’impact des influences humaines, telles que la pollution et la destruction de l’habitat, sur cette relation. Les limaces et escargots jouent en effet un rôle non négligeable dans le ménage naturel : leur importance est primordiale pour la constitution de l’humus dans les bois et dans certaines prairies, ils donnent plus de chances à certaines plantes rares en rasant les espèces qui prolifèrent et ils sont une source de nourriture importante pour divers animaux.

Les limaces et escargots ne sont cependant pas appréciés partout : les agriculteurs et jardiniers n’aiment pas les voir arriver... Ces animaux sont en effet capables d’endommager considérablement les cultures. « Là encore, la recherche est très importante. Pour pouvoir s’attaquer correctement à un problème, il faut d’abord bien le connaître. On peut comparer un programme de gestion ciblé à un traitement médical : avant de donner des médicaments, le docteur doit d’abord poser le diagnostic ! »

Par exemple, dans une région agricole donnée, on rencontre deux espèces de limaces, chacune se reproduisant pendant une période différente de l’année. « Par erreur, on a d’abord considéré les deux espèces comme une seule nuisance. Il fallait donc sans cesse investir en pesticides. Après identification, il s’est avéré qu’il s’agissait de deux espèces, dont une seule était réellement nuisible. On a donc pu limiter la lutte à une période beaucoup plus courte, ce qui est à la fois plus économique et plus écologique. »

« L’étude et la protection de l’ensemble de notre biodiversité est sans aucun doute cruciale, dit Thierry pour conclure. Les plus petits animaux dominent en termes de nombre d’espèces et de biomasse et sont à la base de tous les écosystèmes. Ce n’est qu’en les étudiant de manière détaillée que nous pouvons les protéger ! »

 
Dernière modification : 23 novembre 2009